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Document de recherche 2011/036

Autres causes possibles du taux élevé de mortalité naturelle de la morue (Gadus morhua) dans le sud du Golfe du Saint-Laurent : le poids des données probantes

Par D. P. Swain, H. P. Benoît, M. O. Hammill, G. McClelland et É. Aubry

Résumé

La mortalité naturelle (M) des morues plus âgées (de 5 ans et plus) dans le sud du Golfe du Saint-Laurent était anormalement élevée durant les années 1990 et 2000. Nous avons comparé les données probantes afin de déterminer les hypothèses possibles aux causes de cette M élevée. Les pertes attribuées à la M à la fin des années 1980 et au début des années 1990 pourraient être dues dans une forte proportion  à des prises non déclarées, mais la contribution de telles prises à la M estimée entre le milieu des années 1990 et maintenant ne peut être que négligeable. L’hypothèse selon laquelle les pertes seraient dues à la migration plutôt qu’à la mortalité peut être rejetée. De plus, parmi le peu de données dont on dispose, aucun élément de preuve n’appuie l’hypothèse selon laquelle la maladie serait un important facteur du taux élevé de M. L’hypothèse selon laquelle la mortalité due à un agent de contamination soit un important facteur en cause, quant à elle, n’est pas appuyée par des données probantes. Les changements du cycle biologique (maturation précoce), de concert avec la mauvaise santé des poissons, ont pu contribuer à des augmentations modérées de la M (de 0,1-0,2) dans la première moitié des années 1980, mais la M liée à ces causes aurait décliné lorsque la condition des poissons se serait ensuite améliorée. Ni les changements du cycle biologique (maturation précoce, sénescence précoce), ni la mauvaise santé des poissons ne semblent être d’importants facteurs du taux actuellement élevé de M des années 2000. La mortalité d’origine parasitaire liée aux lésions directes aux organes et aux tissus ou à la déplétion des réserves d’énergie est faible chez cette population. Cependant, il se peut qu’une infection parasitaire contribue au taux élevé de M en rendant les poissons fortement infectés davantage vulnérables aux prédateurs. L’augmentation prononcée du taux de M chez les morues de 5 ans et plus, dont le nombre a chuté à la fin des années 1980 et au début des années 1990, peut confirmer l’hypothèse de la « fosse aux prédateurs » comme élément causal. Cette fosse serait principalement occupée par le phoque gris, si l’on se fie aux données sur les préférences alimentaires, la distribution et l’abondance des prédateurs potentiels de la grande morue. Les données disponibles sur le régime alimentaire du phoque gris indiquent que cette espèce consomme la grande morue (> 40 cm de longueur), que ce prédateur semble la préférer à la petite morue et que, lorsqu’il se trouve à proximité de grandes concentrations d’individus, la grande morue puisse occuper une place importante de son alimentation. En raison du manque de données, on ignore la quantité de grandes morues que consomment les phoques gris. Cependant, certaines hypothèses visant à combler cette lacune ont recours à des estimés de consommation représentant une partie importante de la M des morues de 5 ans et plus. Des données probantes indirectes (corrélatives) indiquent également que la prédation des phoques gris joue un rôle dans le taux élevé de M des morues adultes et des autres grands poissons de fond. Selon l’hypothèse la mieux soutenue par le poids des données probantes,  la prédation par les phoques gris serait un important facteur du taux actuellement élevé de M des morues de 5 ans et plus du sud du Golfe du Saint-Laurent.

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