Sélection de la langue

Recherche

Document de recherche 2011/080

Situation de la raie à queue de velours (Malacoraja senta) et de la raie épineuse (Amblyraja radiata) dans la région des Maritimes

Par J.E. Simon, S. Rowe et A. Cook

Résumé

La situation des raies à queue de velours et des raies épineuses dans la région des Maritimes a été évaluée en examinant les données issues des relevés de recherche du ministère des Pêches et des Océans (MPO), des relevés de navires de recherche américains, des relevés scientifiques de l’industrie canadienne, ainsi que des renseignements fournis par des observateurs des pêches dirigées et des débarquements de poissons. Ces données permettent de croire que les raies à queue de velours étaient très répandues dans l’ensemble de la région des Maritimes dans les années 1970, avec des concentrations permanentes. Dans les années 1980 et 1990, l’abondance a diminué sur le plateau néo-écossais, et son déclin s’est poursuivi dans la division 4VW. Durant les années 2000, l’abondance a augmenté dans cette division, essentiellement en raison d’une augmentation du nombre de juvéniles. Le déclin de l’abondance sur l’ensemble du plateau néo-écossais était de 80 % pour les poissons adultes, alors qu’il était de 58 % pour toutes les longueurs. Les raies à queue de velours sont rares sur le banc Georges, n’ayant été observées qu’ici et là à l’extrémité de la pointe nord‑est de la zone canadienne. Les relevés saisonniers américains suggèrent que les individus observés ne correspondent qu’à la portion la plus au sud d’une population de raies à queue de velours répandue dans l’ensemble du golfe du Maine. Ces relevés fournissent des données contradictoires, certains indiquant une légère diminution de l’abondance, d’autres une augmentation, selon le cas. Ces données laissent également croire que les raies épineuses étaient très répandues sur le plateau néo-écossais et dans la baie de Fundy, la plus forte concentration se trouvant dans la division 4V et dans la baie de Fundy avant 1990. Depuis les années 1990, la répartition de raies épineuses au centre du plateau néo-écossais a connu une réduction spectaculaire, et les concentrations à l’est et à l’ouest ont fortement diminué. Selon les relevés scientifiques de l’industrie, il subsiste toujours une importante connexion entre ces zones. Un examen des fréquences de longueur recueillies dans le cadre du relevé estival révèle une disparition progressive des plus gros individus de la population. Ainsi, très peu de poissons de plus de 53 cm ont été recensés lors du relevé. Le déclin de l’abondance de poissons adultes sur l’ensemble du plateau est de 96 %, tandis qu’il est de 82 % pour toutes les longueurs. Durant la période au cours de laquelle ces déclins sont survenus, le recrutement de poissons de moins de 21 cm est demeuré stable depuis 1970. Les raies épineuses sont réparties sur le banc Georges, principalement à l’extrémité de la pointe nord‑est du banc, ainsi que dans les eaux plus profondes au nord du Grand chenal Sud-Ouest. Leur répartition est semblable à celle des raies à queue de velours, mais elles ont également été observées dans des eaux un peu moins profondes. Comme dans le cas des raies à queue de velours, le relevé du navire de recherche américain suggère que les raies épineuses sont présentes dans l’ensemble du golfe du Maine et que la répartition observée lors du relevé canadien ne correspond qu’à la portion la plus au sud de cette population. D’après ces deux relevés, il n’existe aucune séparation de la répartition entre le banc Brown et le banc Georges. Le déclin de l’abondance des poissons adultes constaté lors des trois relevés est comparable à celui observé sur le plateau néo-écossais, tandis que l’abondance générale a connu un déclin de 67 % à 92 %. Il n’existe pas de pêches dirigées des raies à queue de velours et des raies épineuses sur le plateau néo-écossais. Ces espèces sont toutefois capturées accidentellement dans le cadre d’autres pêches. Dans la division 4X, un examen de ces autres pêches révèle que le nombre annuel de captures accessoires de raies à queue de velours et de raies épineuses était relativement stable de 1970 à 1992, se situant à environ 450 et 1 750 t, respectivement. Le nombre estimé de captures accessoires des deux espèces dans les années 1990 a diminué en raison de la réduction du nombre de prises de morues, d’aiglefins, de goberges et de poissons plats des pêcheries traditionnelles. Au cours des dix dernières années, le nombre de prélèvements a diminué de plus de la moitié. Dans la division 4VsW, la capture accessoire de raies à queue de velours était d’environ 450 t avant 1992. Elle a par la suite diminué à 20 t par année en raison de la fermeture des pêches de morues et d’aiglefins, ainsi que des modifications apportées aux pêches de merlus argentés. Les captures accessoires de raies épineuses étaient évaluées à 4 500 t et ont diminué au cours de cette même période, atteignant environ 170 t. La réaction de chacune de ces espèces à ces niveaux de captures accessoires n’est pas bien comprise. Dans l’ensemble, ces données indiquent que, dans la division 4VW, l’abondance de raies à queue de velours est actuellement peu élevée, mais que les menaces ont presque complètement été éliminées, et que le recrutement est en pleine croissance. Dans la division 4X, l’abondance de raies à queue de velours a augmenté au cours des 15 dernières années, en même temps que les prélèvements ont diminué d’environ 50 %. Au cours de cette même période, dans les parties est et ouest du plateau néo-écossais, le recrutement de la population a augmenté. Bien que la réduction de l’abondance dans la division 4VW ait entraîné une certaine fragmentation de la population, rien n’indique que le plateau néo-écossais compte plus d’une unité désignable. En outre, ces données indiquent que l’abondance de raies épineuses, surtout celle des adultes, est actuellement très faible sur les zones du plateau néo-écossais et du banc Georges. Ces déclins se poursuivent dans la partie est du plateau, malgré de considérables réductions de l’effort de pêche et un recrutement stable. L’augmentation de la population locale de phoques gris et son incidence possible sur le rétablissement de la population de raies à queue de velours et de raies épineuses n’ont pas été étudiées dans le présent document. Dans la division 4X, l’abondance de raies épineuses a continué à diminuer malgré la réduction de plus de la moitié du nombre de prélèvements et un recrutement stable au cours des 15 dernières années. D’après les relevés de l’industrie, les raies épineuses sont toujours distribuées sur l’ensemble du plateau néo-écossais, ce qui signifie qu’il s’agit probablement d’une seule unité désignable.

Avis d’accessibilité

Ce document est disponible en format PDF. Si le document suivant ne vous est pas accessible, veuillez communiquer avec le Secrétariat pour l’obtenir sous une autre forme (par exemple un imprimé ordinaire, en gros caractères, en braille ou un document audio).

Date de modification :