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Réponse des Sciences 2011/007

Ajout d’un brise-lame au quai des pilotes de Les Escoumins, Québec - Effets potentiels sur les mammifères marins

Contexte

L’Administration de pilotage des Laurentides (APL) projette de faire construire un brise-lames en palplanches à l’automne 2011 dans l’anse aux Basques à Les Escoumins. L’APL est une société d’État fédérale dont le mandat consiste à procurer des services de pilotage aux navires qui font route sur le Saint-Laurent et le fjord du Saguenay dans le but d’assurer la sécurité de la navigation. Elle dispose d’une station de transbordement aux Escoumins, dans l’anse aux Basques, où sont amarrés ses deux bateaux-pilotes. Suite au remplacement de l’un de ses bateaux-pilotes, il s’avère nécessaire de construire un ouvrage de protection contre les vagues pour permettre un amarrage sécuritaire. En effet, les vagues sont importantes dans l’anse aux Basques et l’ajout d’un brise-lames au quai existant permettra de réduire les risques de bris des bateaux et de faciliter les opérations.

Le projet de construction d’un brise-lames dans l’anse aux Basques est assujetti à un examen préalable en vertu de la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale (LCÉE), puisque l’APL est le promoteur et que Pêches et Océans Canada doit émettre une autorisation en vertu du paragraphe 35(2) de la Loi sur les pêches (LP). La Division de la gestion de l’habitat du poisson (DGHP) a entrepris l’analyse du projet en vertu de la LP et de la Loi sur les espèces en péril (LEP) et a sollicité le 2 août 2011 la collaboration des scientifiques de la Direction régionale des sciences qui détiennent une expertise sur les mammifères marins de l'estuaire du Saint-Laurent afin d'obtenir leur avis sur les impacts potentiels du projet sur les cétacés, et en particulier les espèces en péril, notamment le rorqual bleu de l'Atlantique Nord et le béluga du Saint-Laurent. Considérant le cours délai (avis requis le 16 août 2011 afin de ne pas entraver le début des travaux), un Processus Spécial de Réponse de la Direction des Sciences (PSRS) a été entamé afin de fournir un avis scientifique sur trois questions spécifiques liées à la réalisation de ce projet et à ses effets potentiels sur les cétacés :

  1. Étant donné qu’aucun forage ou enfoncement de pieux ou de palplanches n’aura lieu entre les mois de juin et août et qu’un programme de surveillance des cétacés sera mis en oeuvre, est-ce que les activités de construction du brise-lames à Les Escoumins risquent de causer un dérangement important ou des impacts significatifs aux cétacés?
  2. Le cas échéant, quelles mesures d’atténuation additionnelles devrait-on exiger du promoteur afin de réduire ce dérangement ou ces impacts?
  3.  Si aucune mesure ne permet de réduire les impacts, peut-on conclure que les activités de construction ne toucheraient les populations de béluga du Saint-Laurent et de rorqual bleu de l'Atlantique que de façon incidente, et que les conditions suivantes seraient toutes respectées?
    • Toutes les solutions de rechange raisonnables ont été examinées et la meilleure solution a été adoptée.
    • Toutes les mesures afin de minimiser les conséquences négatives de l’activité ont été prises.
    • L’activité ne mettra pas en péril la survie ou le rétablissement de l’espèce.

Ce rapport de réponse des Sciences découle de la réunion tenue le 2 août 2011 dans le cadre du PSRS sur l’examen des effets potentiels sur les mammifères marins du projet d'ajout d'un brise-lames au quai des pilotes aux Escoumins. Trois experts de l'acoustique "sous-marine" et du comportement des mammifères marins y ont assisté. Une description des principaux aspects du projet, des échéanciers et de mesures d'atténuation proposés leur ont été soumis pour examen afin de formuler le présent avis.

Le projet proposé de construction d’un brise-lame côtier dans une région reconnue comme habitat exceptionnel pour les mammifères marins (ZPM de l’Estuaire et Parc Marin) présente des risques non-négligeables d’impacts négatifs sur les animaux fréquentant la région, dont les espèces soumises à la LEP que sont les bélugas et les rorquals bleus. Cet impact est transmis par la propagation des bruits associés à la construction, particulièrement les bruits pulsés de battage de palplanches et de pieux. Ces forts bruits pulsés peuvent causer des dommages physiques permanents aux animaux à courtes distances de la source. Ils modifient le bruit ambiant sur des distances de plusieurs dizaines de km et engendrent des effets sur le comportement des animaux qui ont été démontrés jusqu’à au moins 20 km.

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