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Document de recherche 2003/023

Évaluation de l'état du stock de morue des divisions 2J+3KL de l'OPANO en février 2003

Par Par Lilly, G.R., Shelton, P.A., Brattey, J., Cadigan, N.G., Healey, B.P., Murphy, E.F., Stansbury, D.E., Chen, N.

Résumé

La pêche commerciale dirigée de la morue du Nord (2J+3KL) a été fermée en 1992 puis rouverte aux petits bateaux dans les eaux côtières seulement en 1998. Le total autorisé des captures (TAC) en 2002 pour les pêches commerciales et récréatives et les relevés par pêche sentinelle s'élevait à 5 600 t, alors que les prises déclarées ont atteint 4 200 t, dont 3 500 t ont été réalisées dans le cadre de la pêche indicatrice (commerciale). Étant donné que la dynamique de la composante côtière de ce stock est différente de la composante hauturière depuis environ le milieu des années 1990 et que la pêche n'est plus pratiquée que dans les eaux côtières, l'état des deux composantes est rapporté séparément. Les bancs hauturiers, très peu denses, demeurent répartis sur une grande superficie. Les indices de biomasse issus des relevés de recherche au chalut de fond effectués en automne (2J+3KL) et au printemps (3L seulement) se chiffrent à moins de 2 % des niveaux observés dans les années 1980. Le taux de mortalité de la morue des eaux hauturières est extrêmement élevé depuis le début du moratoire et peu vivent plus de 5 ans. Les tendances de la composante des eaux côtières sont suivies par le biais de relevés par pêche sentinelle aux engins fixes depuis 1995. À partir de 1995, les indices pour cette composante ont augmenté, pour atteindre un pic en 1997-1998, puis ont diminué, se situant aujourd'hui à des niveaux inférieurs à ceux de 1995. Les taux de capture réalisés dans le cadre de la pêche indicatrice ont diminué régulièrement de 1998 à 2002, tandis que ceux réalisés dans le cadre des relevés par pêche sentinelle et des pêches commerciales pratiqués dans 2J et le secteur nord de 3K ont toujours été faibles. Depuis la réouverture de la pêche en 1998, les taux de capture dans les secteurs sud de 3K et 3L ont diminué, ne demeurant élevés que dans le secteur nord de 3L, plus particulièrement dans la partie sud de baie de Bonavista et la partie nord de la baie de la Trinité. Des relevés hydroacoustiques effectués en janvier dans le bras Smith (baie de la Trinité) ont donné des indices moyens de la biomasse; celle-ci a augmenté à partir de 1999 jusqu'à atteindre un pic de 26 000 t en 2001, pour ensuite diminuer, n'atteignant plus que 20 000 t en 2003. Les résultats d'études d'étiquetage indiquent un taux d'exploitation s'approchant de 20 % dans les eaux côtières en 2002, ce qui correspond à une biomasse exploitable (morue d'environ 4 ans et plus) de 22 000 t dans les secteurs côtiers de 3KL. Ces études ont fourni la preuve d'un taux de mortalité naturelle de 55 % dans 3K et 33 % dans 3L. On a effectué une analyse séquentielle de population (ASP) reposant sur la morue retrouvée dans les eaux côtières depuis le milieu des années 1990. Selon les estimations issues de cette analyse, la biomasse de géniteurs y a augmenté à partir de 1995, pour se chiffrer à 41 000 t en 1998, mais qu'elle a ensuite chuté, ne se chiffrant plus qu'à 14 000 t au début de 2003. L'estimation de la biomasse de morue de 4 ans et plus au début de 2003 la chiffre à quelque 30 000 t. Le taux de mortalité par pêche exercé sur les classes plus âgées, à hausse, se situe actuellement à environ 35 %. Les résultats de l'ASP et du passage d'un modèle du recrutement indiquent que les classes d'âge 1999 et 2000 sont plus abondantes que les autres depuis le milieu des années 1990, mais qu'elles demeurent très faibles par rapport aux niveaux historiques. Des projections déterministes révèlent que les effectifs du stock augmenteront légèrement à court terme à la suite de l'arrivée de recrues, mais qu'ils diminueront par la suite si les taux d'exploitation demeurent aux niveaux actuels. Les projections révèlent aussi que, même en l'absence de pêche, la biomasse de géniteurs ne reviendra pas pendant la prochaine décennie au niveau atteint en 1998. Le stock dans son ensemble se situe clairement au-dessous de la limite de référence propre à assurer sa conservation qui, bien qu'elle ne soit pas clairement établie, peut être supérieure à une biomasse de géniteurs de 300 000 t. Les données sur les quantités de morue consommées par les phoques et les tendances démographiques du phoque du Groenland indiquent que cette prédation contribue au taux élevé de mortalité totale de la morue dans les eaux hauturières et le taux élevé de mortalité naturelle des adultes dans les eaux côtières.

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