Sélection de la langue

Recherche

Document de recherche 2007/034

Évaluation du potentiel de rétablissement de la loutre de mer (Enhydra lutris) au Canada

Par Nichol, L.M.

Résumé

Les loutres de mer sont disparues de la Colombie-Britannique depuis 1929. Dans le cadre des efforts visant à rétablir l’espèce au Canada, 89 loutres de mer de l’Alaska ont été réintroduites dans la baie Checleset de l’île de Vancouver, entre 1969 et 1972. Le plus récent relevé de la population révèle, selon un dénombrement direct, que la population de loutres de mer de C. B. comprendrait au moins 3 180 individus (relevés de 2001 à 2004) (Nichol et coll., 2005). On trouve des loutres sur une petite section de la côte centrale de la province, même si la plus grande partie de la population (~ 85 %) vit le long de la côte ouest de l’île de Vancouver. La croissance de la population a été positive, s’établissant à 19,1 % par année dans l’île de Vancouver, entre 1977 et 1995, mais elle a ralenti à 8,0 % par année (1995 à 2004) par la suite, ce qui représente un taux annuel de 15,6 % par année entre 1977 et 2004. Le ralentissement le long le l’île de Vancouver serait attribuable à ce qu’un équilibre a été atteint dans certaines parties sur le plan de la densité. Sur la côte centrale de la C. B., la croissance se situe en moyenne à 12,4 % par année (1990 à 2004). Selon les données historiques du commerce maritime de la fourrure et les modèles de l’habitat disponible, la population de la C. B. occupe vraisemblablement tout au plus de 25 à 33 % de son aire historique. Les estimations de la capacité de charge de l’habitat de la loutre de mer à l’échelle de la côte, de 14 844 (9 798-20 769, IC 95 %) pour un habitat optimal et de 52 199 (48 672-59 018, IC 95 %) en fonction du nombre de loutres par kilomètre de côte, semblent indiquer qu’à sa taille actuelle, la population de loutres de mer canadiennes est bien inférieure à la capacité de charge.

La croissance de la population de cette espèce et l’expansion de son aire sont interreliées. Les loutres de mer ne sont pas migratrices et occupent de petits territoires qui chevauchent. Il y a expansion du territoire lorsque la capacité de charge est atteinte dans une zone d’occupation. Les loutres mâles se déplacent alors en périphérie de l’aire occupée vers l’habitat adjacent. Les femelles occupent par la suite un nouvel habitat quand les mâles se sont déplacés. Par conséquent, compte tenu de cette interrelation, il en découle que l’élargissement de l’aire de répartition géographique de l’espèce devrait donner lieu à la fois à un accroissement de la population et à une zone où les risques d’activités anthropiques sont moindres. La cible de rétablissement provisoire consiste donc à poursuivre l’expansion de l’aire de l’espèce en Colombie-Britannique.

L’estimation des dommages admissibles qui ne nuiraient pas au rétablissement est présentée en tenant compte de l’effet de la mortalité sur le temps requis pour arriver au rétablissement dans deux zones géographiques qui englobent l’aire actuelle sur la côte ouest de l’île de Vancouver et sur la partie centrale de la côte de la C. B. Les estimations qui en résultent, soit de 40 à 90 animaux par année dans l’île de Vancouver et de 20 à 25 loutres par année sur la côte centrale de la province, retarderaient le rétablissement de ≤ 10 % pour un niveau cible dans chaque zone de 80 à 95 % de la capacité de charge estimée de l’habitat. Des niveaux cibles de ≥ 80 % de la capacité de charge ont été choisis pour bien tenir compte de l’interrelation entre la croissance de la population et l’expansion de l’aire. Les hypothèses posées pour faire ces calculs et l’incertitude associée à certains des paramètres des modèles, en particulier l’estimation de la capacité de charge de l’habitat pour la côte centrale de la C. B., sont examinées. Si l’on envisageait des prélèvements dirigés au sein de la population de la C. B., ils devraient être retardés dans la partie de la côte centrale de la province à cause des incertitudes et des hypothèses et, également, parce que cette portion de la population est très restreinte. Pour la côte ouest de l’île de Vancouver, on devrait, par souci de prudence, tenir compte de l’estimation la plus basse si l’on envisage une chasse dirigée.

Avis d’accessibilité

Ce document est disponible en format PDF. Si le document suivant ne vous est pas accessible, veuillez communiquer avec le Secrétariat pour l’obtenir sous une autre forme (par exemple un imprimé ordinaire, en gros caractères, en braille ou un document audio).

Date de modification :