Foire aux questions

Sur cette page :

L’état de l’océan pacifique

Découvertes récentes sur ce qui se passe dans les eaux côtières canadiennes du Pacifique

Réponse :

Pêches et Océans Canada est responsable de la gestion et de la protection des ressources marines de la côte Ouest canadienne. Depuis 1999, les scientifiques de la Région du Pacifique du MPO tiennent des réunions annuelles sur l’état de l’océan Pacifique afin de présenter les résultats du suivi au cours de la dernière année, dans le contexte des observations antérieures et des conditions futures prévues. Ces constatations sont compilées dans un rapport technique annuel. Les questions et réponses suivantes donnent un aperçu des principales constatations se dégageant de la réunion de 2016 sur l’état de l’océan Pacifique. Ces constatations sont accompagnées d’une mise en contexte et regroupées sous les cinq thèmes suivants :

Le rapport technique scientifique peut également être consulté en ligne en cliquant sur le lien suivant : État des ressources physiques et biologiques et de certaines ressources halieutiques des écosystèmes des eaux canadiennes du Pacifique en 2016, Peter C. Chandler, Stephanie A. King et Jennifer Boldt (réviseurs scientifiques)..

Que se passe-t-il dans le détroit de Georgie?

Qu’est-ce que la prolifération printanière dans le détroit de Georgie et pourquoi est-elle importante?

Réponse :

Chaque printemps, le phytoplancton des eaux superficielles du détroit de Georgie connaît une croissance rapide appelée prolifération, soutenue par l’accumulation des nutriments pendant l’hiver et les heures d’ensoleillement supplémentaires à mesure que les journées s’allongent. Ces plantes microscopiques forment la base du réseau trophique marin, servant de nourriture au zooplancton, à son tour la proie d’autres animaux marins, notamment les saumoneaux et d’autres alevins ou petits poissons, les oiseaux de mer, ainsi que certains mammifères marins tels que la baleine à bosse. L’ensemble du réseau trophique de la région subit l’influence du moment auquel survient la prolifération de plancton, comme de son intensité, et celle-ci peut servir d’indicateur de la survie du saumon lors de la migration des juvéniles dans le détroit vers l’océan. Les scientifiques surveillent les changements dans les types de phytoplancton et assurent le suivi du volume de la biomasse (masse d’un organisme dans un habitat donné) de phytoplancton afin d’évaluer la santé des écosystèmes.

Comment les scientifiques déterminent-ils le moment auquel survient la prolifération printanière de phytoplancton et son intensité?

Réponse :

En mesurant l’augmentation rapide de la quantité de phytoplancton dans les eaux lors de la prolifération printanière, les scientifiques peuvent déterminer l’arrivée du « printemps biologique », qui marque le début du cycle d’alimentation des organismes peuplant les eaux du détroit. L’une des méthodes utilisées pour évaluer les périodes de prolifération et leur intensité consiste à mesurer directement les niveaux de chlorophylle, un pigment vert présent dans la plupart des plantes, y compris le phytoplancton. La chlorophylle absorbe la lumière solaire de grande énergie et émet une lumière visible de plus faible énergie appelée fluorescence. Il est donc possible de surveiller la prolifération printanière d’une autre manière, au moyen de fluorimètres, des instruments mesurant la fluorescence, et de la faire correspondre aux concentrations de chlorophylle dans l’eau.

La prolifération printanière est un indicateur important de la capacité des eaux du détroit de Georgie à permettre la survie, le développement et l’augmentation des stocks de poissons et d’autres espèces. En d’autres mots, cette prolifération influe sur la « productivité » des espèces, c’est-à-dire le taux de production de nouvelle biomasse dans la population d’une espèce donnée. Compte tenu du rôle de la prolifération printanière du phytoplancton dans la productivité, Pêches et Océans Canada en fait le suivi de plusieurs manières. Des traversiers parcourant le détroit huit fois par jour emportent à leur bord des instruments mesurant la fluorescence de l’eau de surface le long de leur route. Lorsque le ciel est dégagé, les images satellites révèlent des régions vertes représentant les zones de fluorescence de la chlorophylle. Au centre du détroit, une bouée d’amarrage équipée d’un fluorimètre enregistre la fluorescence toutes les 30 minutes. Les scientifiques extraient et analysent la chlorophylle présente dans des échantillons d’eau prélevés au mois d’avril lors de l’analyse annuelle des propriétés de l’eau du détroit de Georgie effectuée par le Ministère. Des modèles numériques (informatiques) ont également été élaborés pour simuler les dynamiques océaniques qui déclenchent la prolifération printanière. L’exécution du modèle en mode prédictif permet aux scientifiques de prévoir le moment où la prolifération printanière devrait avoir lieu.

À quel moment se produit généralement la prolifération printanière dans le détroit de Georgie?

Réponse :

La prolifération printanière dans le détroit de Georgie a généralement lieu entre le milieu et la fin du mois de mars. Toutefois, le moment peut légèrement varier selon le secteur du détroit. En effet, la prolifération se produit généralement d’abord dans le sud du détroit, puis dans le nord. Le rapport de 2016 sur l’état de l’océan Pacifique de Pêches et Océans Canada fait état de ces différences chronologiques et géographiques.

En 2016, les fluorimètres à bord des traversiers ont permis d’établir que la prolifération printanière du phytoplancton a commencé le 17 ou le 18 mars. La biomasse maximale a été atteinte le 21 mars, quoique l’ampleur de la prolifération ait été faible comparativement aux 13 années précédentes de mesures à bord des traversiers. En comparaison, la prolifération printanière a été relativement tardive en 2014 (2 avril), tandis que des eaux chaudes et calmes ont mené en 2015 à une prolifération exceptionnellement précoce (11 mars). Si l’on se base sur la moyenne à long terme des 49 années de modélisation, la prolifération printanière dans le détroit a lieu le 21 mars.

Comment l’acidification de l’eau dans le détroit de Georgie varie-t-elle au cours de l’année?

Réponse :

Chaque année, environ le tiers du dioxyde de carbone (CO2) libéré dans l’atmosphère en raison des activités humaines se dissout dans les eaux superficielles des océans, modifiant ainsi leurs propriétés chimiques. Ces modifications comprennent la réduction du pHNote de bas de page 1, communément appelée « acidification des océans », bien que le terme ne soit pas tout à fait exact puisque les océans deviennent en fait moins alcalins.

Cette acidification affecte la capacité de certains organismes marins à former leur coquille ou leur squelette, faits de carbonate de calcium (CaCO3). Depuis 2014, l’Institut Hakai utilise des instruments afin de faire le suivi de ces conditions dans le nord du détroit de Georgie. Il a ainsi observé une variabilité saisonnière, l’acidité augmentant lors des périodes de tempêtes hivernales (pH autour de 7,8). L’été, la combinaison de conditions plus calmes et d’une croissance plus élevée du phytoplancton permet d’obtenir des niveaux d’acidification plus faibles (pH autour de 8,2). Des pointes isolées d’acidité ont également été observées en été, le pH pouvant descendre à moins de 7,7 pendant plusieurs jours d’affilée. Ces événements sont associés à de forts vents du nord-ouest et révèlent une nouvelle variabilité de l’acidification de l’océan dans cette région.

Pourquoi le fleuve Fraser est-il si important pour l’écologie de la mer des Salish?

Réponse :

Le détroit de Georgie est très profond, atteignant plus de 400 mètres de profondeur par endroits. L’eau douce rejetée par le fleuve Fraser forme un panache à la surface, au-dessus de l’eau salée, plus lourde. Le débit fluvial atteint son maximum à la mi-juillet, lorsque l’eau de la fonte des neiges des montagnes se jette dans l’océan. Toutefois, la fonte précoce et rapide de 2016 a exposé la vie marine des eaux superficielles à des conditions plus fraîches que la normale au printemps, et plus salées que la normale pendant l’été. Heureusement, il a suffisamment plu jusqu’à l’automne pour ramener les conditions à la quasi normale au moment de la migration de frai du saumon dans le fleuve Fraser. Le fleuve Fraser exerce également une influence sur la chimie de la mer des SalishNote de bas de page 2 en y introduisant des sédiments qui contribuent à une productivité élevée lors de la prolifération printanière du phytoplancton.

Débit fluvial du fleuve Fraser à Hope, C.-B. en 2016 (en bleu), et moyenne sur 104 ans (en vert). Source des données : Division des relevés hydrologiques du Canada. Un graphique linéaire illustre les fluctuations du débit du fleuve Fraser en 2016 comparativement à une moyenne sur 104 ans. L’axe vertical de gauche montre les nombres de 0 à 8 000 avec un texte qui se lit comme suit : « Débit du fleuve Fraser à Hope (m3s-1) ». L’axe horizontal indique les 12 mois de l’année avec le texte « 2016 ». Une ligne noire remplie de couleur verte en forme de cloche représente le débit moyen sur 104 ans. La ligne augmente jusqu’à plus de 7 000 m3s-1 en juin et juillet, avec des niveaux beaucoup plus bas en hiver, au printemps et à l’automne. Une ligne bleue remplie de la même couleur représente le débit moyen en 2016. La ligne augmente jusqu’à 6 000 m3s-1 au printemps et au début de l’été, en juin et en juillet, avec des niveaux beaucoup plus bas en hiver, au printemps et à l’automne, à l’exception d’une légère augmentation en novembre.

Débit fluvial du fleuve Fraser à Hope, C.-B. en 2016 (en bleu), et moyenne sur 104 ans (en vert). Source des données : Division des relevés hydrologiques du Canada. Un graphique linéaire illustre les fluctuations du débit du fleuve Fraser en 2016 comparativement à une moyenne sur 104 ans. L’axe vertical de gauche montre les nombres de 0 à 8 000 avec un texte qui se lit comme suit : « Débit du fleuve Fraser à Hope (m3s-1) ». L’axe horizontal indique les 12 mois de l’année avec le texte « 2016 ». Une ligne noire remplie de couleur verte en forme de cloche représente le débit moyen sur 104 ans. La ligne augmente jusqu’à plus de 7 000 m3s-1 en juin et juillet, avec des niveaux beaucoup plus bas en hiver, au printemps et à l’automne. Une ligne bleue remplie de la même couleur représente le débit moyen en 2016. La ligne augmente jusqu’à 6 000 m3s-1 au printemps et au début de l’été, en juin et en juillet, avec des niveaux beaucoup plus bas en hiver, au printemps et à l’automne, à l’exception d’une légère augmentation en novembre.

Pour quelles raisons l’eau de surface du détroit de Georgie est-elle devenue turquoise à l’été 2016?

Réponse :

Pendant une semaine en août 2016, les eaux superficielles de la moitié sud du détroit de Georgie ont pris une couleur turquoise clair en raison d’une prolifération importante de coccolithophores, un type de phytoplancton inoffensif. Ce sont les coquilles de ces plantes flottantes, faites de carbonate de calcium et à la teinte laiteuse, qui ont donné à l’eau cette couleur claire. Les proliférations de coccolithophores sont relativement courantes au large de la côte Ouest de l’Île de Vancouver, mais surviennent rarement dans le détroit de Georgie. La prolifération de 2016 pourrait avoir été déclenchée par des organismes transportés dans la région par les courants océaniques. L’événement est d’autant plus inhabituel que le pH des eaux du détroit de Georgie est relativement faible, donc peu favorable à ce type de phytoplancton.

Une photo satellite de la pointe sud de l’île de Vancouver et de Vancouver en Colombie Britannique montrant le détroit de Georgie. L’eau de l’océan est d’un bleu foncé, mais une efflorescence de coccolithophores apparaît sous forme de tourbillons de couleur sarcelle vive au large de la côte de Vancouver et dans la baie Howe. Photographie de la prolifération de coccolithophores dans le détroit de Georgie, prise le 19 août 2016 par l’Operational Land Imager, installé sur le satellite Landsat 8.

Une photo satellite de la pointe sud de l’île de Vancouver et de Vancouver en Colombie Britannique montrant le détroit de Georgie. L’eau de l’océan est d’un bleu foncé, mais une efflorescence de coccolithophores apparaît sous forme de tourbillons de couleur sarcelle vive au large de la côte de Vancouver et dans la baie Howe. Photographie de la prolifération de coccolithophores dans le détroit de Georgie, prise le 19 août 2016 par l’Operational Land Imager, installé sur le satellite Landsat 8.

L’année la plus chaude, la « masse » (The Blob), La Niña, et une série d’événements inhabituels

Qu’est-ce que la « masse » qui a eu lieu dans le nord-est de l’océan Pacifique?

Réponse :

Entre 2013 et 2015, une grande étendue d’eau plus chaude que d’habitude dans le nord-est du Pacifique est devenue l’un des phénomènes océanographiques les plus brûlants de l’histoire récente et a défrayé les chroniques sur toute la planète. À la fin 2013, les données satellites sur la température de la surface de la mer ont révélé le développement d’une masse d’eau exceptionnellement chaude, surnommée « The Blob » (la « masse »), qui a graduellement pris de l’expansion et persisté pendant près de deux ans. Les températures de surface et de subsurface dans la « masse » étaient bien « au-dessus de la normale » (de 3 à 4 ℃ par endroits), la normale étant définie comme la température moyenne sur 30 ans, entre 1981 et 2010.

Cette « vague de chaleur marine », comme on l’appelle parfois, a commencé à refroidir à la suite d’une série de froides tempêtes hivernales ayant sévi dans le golfe de l’Alaska à partir de novembre 2015. À la fin 2015, les températures à la surface avaient baissé pour atteindre 1 ℃ au-dessus de la normale, quoique des températures relativement chaudes persistaient toujours à des profondeurs de 100 à 200 mètres.

D’après les scientifiques, l’apparition de cette masse d’eau inhabituellement chaude est attribuable à des changements dans les vents et les conditions météorologiques dans le nord-est du Pacifique ayant commencé à la fin 2013. Une pression au niveau de la mer exceptionnellement élevée dans la région a calmé les vents, faisant diminuer le nombre et l’intensité des tempêtes, la hauteur des vagues et la force des courants éoliens. Combinés, ces différents facteurs ont réduit le brassage des eaux océaniques et leur refroidissement dans la région, permettant ainsi le développement de cette masse d’eau chaude.

Deux cartes illustrées de la terre sont présentées côte à côte. Le globe à gauche est surmonté d’un texte qui se lit comme suit : a) Percentiles de la température de la terre et de l’océan de janvier à décembre 2016. National Centers for Environmental Information de la NOAA. Source des données CHON-M. Une légende se trouve sous le globe terrestre avec 7 boîtes allant de bleu à blanc à rouge indiquant les températures froides à chaudes. Le globe a) montre des boîtes pixélisées rouges, rouge clair, roses, blanches et bleues à travers différents continents. Les pixels rouges se trouvent au dessus de l’Alaska, des Caraïbes, de l’océan Pacifique Sud, de la majeure partie de l’Afrique, du Moyen Orient et de certaines parties de l’Asie et de l’Australasie. L’Arctique et l’Antarctique sont grisés. Le globe de droite est surmonté d’un texte qui indique l’écart de la température de la terre et de l’océan par rapport à la moyenne de janvier à décembre 2016 (par rapport à une période de base de 1981 à 2010). Source des données CHON-M. Une légende se trouve sous le globe terrestre, montrant une ligne verticale avec des cases ombragées allant du bleu au rouge indiquant les températures froides à chaudes de -5 à 5. Le texte sous la ligne colorée verticale indique « Degrés Celsius ». Le globe a) montre des zones ombragées de couleur rouge, rouge clair, rose, blanche et bleue à travers différents continents. Une petite quantité de zones rouges sont représentées près de l’Alaska et de la Russie, avec des couleurs rouge clair et rose qui ombragent la majeure partie du globe. Des zones bleues sont dispersées partout sur le globe. L’Arctique et l’Antarctique sont grisés. Diagramme a : Les couleurs indiquent les centiles, « much cooler than average » et « much warmer than average » indiquant les 10 % inférieur et supérieur. Source : National Climatic Data Centre/National Oceanographic and Atmospheric Administration, É.-U. Diagramme b : La barre de couleur représente la magnitude de l’échelle d’anomalies de température, les couleurs chaudes pour les régions relativement chaudes et les couleurs froides pour les régions relativement froides. Source : National Climatic Data Center, National Oceanographic and Atmospheric Administration, É.-U.. Pour les deux diagrammes : Lorsque les données sont manquantes, les zones sont représentées en gris.

Deux cartes illustrées de la terre sont présentées côte à côte. Le globe à gauche est surmonté d’un texte qui se lit comme suit : a) Percentiles de la température de la terre et de l’océan de janvier à décembre 2016. National Centers for Environmental Information de la NOAA. Source des données CHON-M. Une légende se trouve sous le globe terrestre avec 7 boîtes allant de bleu à blanc à rouge indiquant les températures froides à chaudes. Le globe a) montre des boîtes pixélisées rouges, rouge clair, roses, blanches et bleues à travers différents continents. Les pixels rouges se trouvent au dessus de l’Alaska, des Caraïbes, de l’océan Pacifique Sud, de la majeure partie de l’Afrique, du Moyen Orient et de certaines parties de l’Asie et de l’Australasie. L’Arctique et l’Antarctique sont grisés.

Le globe de droite est surmonté d’un texte qui indique l’écart de la température de la terre et de l’océan par rapport à la moyenne de janvier à décembre 2016 (par rapport à une période de base de 1981 à 2010). Source des données CHON-M. Une légende se trouve sous le globe terrestre, montrant une ligne verticale avec des cases ombragées allant du bleu au rouge indiquant les températures froides à chaudes de -5 à 5. Le texte sous la ligne colorée verticale indique « Degrés Celsius ». Le globe a) montre des zones ombragées de couleur rouge, rouge clair, rose, blanche et bleue à travers différents continents. Une petite quantité de zones rouges sont représentées près de l’Alaska et de la Russie, avec des couleurs rouge clair et rose qui ombragent la majeure partie du globe. Des zones bleues sont dispersées partout sur le globe. L’Arctique et l’Antarctique sont grisés.

Diagramme a : Les couleurs indiquent les centiles, « much cooler than average » et « much warmer than average » indiquant les 10 % inférieur et supérieur. Source : National Climatic Data Centre/National Oceanographic and Atmospheric Administration, É.-U. Diagramme b : La barre de couleur représente la magnitude de l’échelle d’anomalies de température, les couleurs chaudes pour les régions relativement chaudes et les couleurs froides pour les régions relativement froides. Source : National Climatic Data Center, National Oceanographic and Atmospheric Administration, É.-U.. Pour les deux diagrammes : Lorsque les données sont manquantes, les zones sont représentées en gris.

Comment la « masse » a-t-elle affecté les écosystèmes, et était-elle responsable des proliférations d’algues observées?

Réponse :

Les conditions exceptionnellement chaudes dans le nord-est du Pacifique ont coïncidé avec des tendances météorologiques inhabituelles au Canada et ailleurs, et ont influé sur les écosystèmes régionaux et locaux de diverses manières. Le moment auquel la « masse » est survenue a également coïncidé avec l’observation d’événements inhabituels dans les eaux côtières de la Colombie-Britannique, notamment :

  • Plancton gélatineux et changements à la base du réseau trophique : De grandes quantités de plancton gélatineux échouées sur les plages de la côte Ouest de l’île de Vancouver ont été signalées. En outre, des différences dans la taille et la composition des communautés de phytoplancton ont été observées le long de la Ligne P (site en anglais) pendant les années où la « masse » était présente, probablement en réaction à la hausse des températures et aux changements dans la disponibilité des nutriments. La composition de la communauté de phytoplancton au large des côtes est revenue à une répartition plus normale en 2016.
  • Eaux turquoise et proliférations de coccolithophores : Une prolifération importante de coccolithophores (phytoplancton ou algues monocellulaires) est survenue en juin le long du rebord du plateau continental de l’île de Vancouver, donnant à l’eau des teintes turquoise clair. Une autre prolifération a eu lieu en août dans le sud du détroit de Georgie et les bras de mer avoisinants. Les proliférations de coccolithophores ne sont pas néfastes, mais pourraient indiquer que les propriétés de l’eau sont en train de changer. Les raisons de ces événements inattendus font toujours l’objet d’études.
  • Baisse des nutriments en raison de modifications dans la composition de la communauté de zooplancton : La communauté de zooplancton la plus élevée dans le réseau trophique comprenait moins de copépodes subarctiques et boréaux, plus riches en matières grasses et en énergie, et davantage de copépodes du sud, moins nutritifs. Ce changement dans la composition de l’espèce, qui a persisté en 2016, correspond à des températures plus chaudes de l’océan. Tandis que la température de l’océan continue de baisser, on s’attend à une plus grande abondance des espèces nordiques, plus riches en matières grasses, donc plus favorables à la croissance du poisson.
  • Changements dans la répartition des espèces : En plus des changements dans les espèces de phytoplancton et de zooplancton, l’aire de répartition de certaines espèces de poissons et d’autres organismes marins plus couramment observés plus au sud s’étend maintenant vers le nord. Par exemple :
    • Le nombre de baleines à bosse observées dans les eaux de la Colombie-Britannique continue d’augmenter.
    • De grandes quantités de sébastes juvéniles ont été observées le long de la côte Ouest de l’île de Vancouver.
    • De grandes quantités d’anchois du Pacifique ont été signalées dans le détroit de Georgie tout au long de 2016, et une mortalité massive a eu lieu dans le centre du détroit en janvier 2017.
    • Des espèces inhabituelles de requins ont été observées, la présence d’un ange de mer du Pacifique a notamment été signalée pour la première fois dans les eaux de la Colombie-Britannique. Un requin-pèlerin a également été observé en mai 2016 lors d’un relevé scientifique de Pêches et Océans Canada. La population de requins-pèlerins du Pacifique est inscrite en tant qu’espèce en voie de disparition.
    • Mortalités massives isolées de concombres de mer et d’oursins.
D’autres « masses » surviendront-elles dans l’avenir?

Réponse :

Une anomalie est une occurrence inhabituelle divergeant d’une manière ou d’une autre par rapport à un état normal ou prévisible. Les scientifiques continuent d’étudier les facteurs ayant contribué à cet événement rare, mais il est certain que la « masse » a été l’une des plus importantes anomalies de température de la surface de la mer jamais enregistrée. On ne peut affirmer avec certitude que d’autres événements comme la « masse » se reproduiront, mais certains scientifiques le croient probable.

Ces conditions très inhabituelles mettent en branle une série d’événements écosystémiques qui auront des répercussions permanentes sur le réseau trophique marin et sur les espèces prises individuellement. Certaines de ces répercussions sont encore inconnues. Il reste beaucoup à comprendre sur le mécanisme ayant contribué à cette anomalie, et si – ou quand – elle se reproduira.

Le hareng : Un petit poisson d’une grande importance pour le réseau trophique

Pourquoi le hareng du Pacifique est-il si important?

Réponse :

Illustration scientifique d’un petit poisson gris avec des écailles peintes en blanc, bleu et noir ainsi qu’un œil vert clair. Le hareng du Pacifique peut atteindre de 15 à 25 cm de longueur environ.

Illustration scientifique d’un petit poisson gris avec des écailles peintes en blanc, bleu et noir ainsi qu’un œil vert clair. Le hareng du Pacifique peut atteindre de 15 à 25 cm de longueur environ.

Le hareng du Pacifique, petit poisson argenté à la nageoire caudale très fourchue, occupe depuis longtemps une place importante dans l’écologie, la culture et l’économie de la côte Pacifique canadienne. Ce poisson au corps élancé est une pierre angulaire du réseau trophique marin, constituant un maillon important entre le zooplancton dont il se nourrit et le nombre important de prédateurs dont il est la proie, notamment certains saumons du Pacifique et d’autres gros poissons, les oiseaux de mer, les phoques, les lions de mer, les baleines à bosse, ainsi que certains mammifères, comme les ours.

La proportion de hareng dans le régime alimentaire de ses prédateurs varie, allant jusqu’à 88 % pour la morue-lingue, 40 % pour la morue du Pacifique et le flétan de l’Atlantique, et de 35 à 45 % pour les pinnipèdes tels que les phoques, les lions de mer et d’autres animaux à pattes palmées. Selon le degré de spécialisation du régime alimentaire d’un prédateur et sa capacité à passer à d’autres proies, l’abondance et l’état du hareng peuvent avoir des répercussions sur la croissance et l’abondance de ses prédateurs.

Le hareng est pêché commercialement dans certaines régions de la Colombie-Britannique et nourrit les communautés des Premières Nations de la côte depuis des milliers d’années. Les changements dans l’abondance du hareng peuvent influer sur sa disponibilité pour les pêches commerciales, ainsi que sur la survie du saumon coho et du saumon quinnat, d’autres espèces de poissons, des mammifères marins et des oiseaux de mer. La biomasse est la quantité d’organismes vivants (ou d’un organisme en particulier) dans un habitat donné. La biomasse du stock reproducteur est le poids total de tous les poissons parvenus à la maturité sexuelle dans un stock. Le personnel de la gestion des pêches du Ministère utilise les prévisions sur la biomasse du hareng, conjointement à des tableaux de décision, des mesures du rendement, les taux de récolte et d’autres avis scientifiques pour établir le total autorisé des captures.

Quel est l’état du hareng du Pacifique dans les eaux de la Colombie-Britannique?

Réponse :

Le nombre de harengs du Pacifique juvéniles s’ajoutant à la population chaque année est appelé par les scientifiques « l’abondance du recrutement annuel ». Un grand nombre de facteurs dans les eaux de la Colombie-Britannique font varier considérablement cette abondance de nouveaux harengs d’une année à l’autre. Cette variabilité est principalement attribuable à la mortalité au cours des premiers mois de vie, celle-ci variant selon l’emplacement. En Colombie-Britannique, la gestion des stocks de hareng est organisée en cinq stocks principaux et deux stocks secondaires. Les cinq stocks principaux sont ceux du détroit de Georgie, de la côte Ouest de l’île de Vancouver, du district de Prince Rupert, de Haida Gwaii et de la côte centrale. Les deux stocks secondaires sont ceux de la zone 2W et de la zone 27 de Haida Gwaii.

Les indicateurs importants de l’état des stocks de hareng comprennent la biomasse, l’abondance du recrutement et le poids moyen des spécimens dans chaque classe d’âge d’un stock donné (appelé « poids selon l’âge »). Les lieux de frai du hareng dans les eaux de la Colombie-Britannique constituent également un facteur de réussite. En 2016, on a eu recours à la modélisation informatique pour estimer, en partie, la biomasse reproductrice du hareng et l’abondance de harengs de moins de deux ans. Les harengs juvéniles ont également fait l’objet de relevés dans le cadre des relevés de l’écosystème côtier du détroit, un programme de suivi à long terme financé en partie par la Fondation du saumon du Pacifique.

Voici quelques constatations de cette recherche :

  • En 2016, la biomasse reproductrice du hareng avoisinait le niveau record dans le détroit de Georgie, ouvert à la pêche au hareng. Malgré la faible abondance de harengs juvéniles en 2016, les observations indiquent que leur état était bon.
  • Les niveaux de la biomasse du hareng ont varié dans les autres régions côtières de la Colombie-Britannique, trois des principaux stocks (ceux de Haida Gwai, de la côte centrale et de la côte Ouest de l’île de Vancouver) ayant connu de longues périodes de faible biomasse, malgré l’absence de pêche.
  • Les estimations de la biomasse moyenne de hareng pour le district de Prince Rupert, où la pêche du hareng est également ouverte, sont demeurées stables de 2014 à 2016.
  • Tous les stocks ont récemment connu une stabilisation ou une augmentation des poids selon l’âge, mettant fin à une tendance à la baisse pour les cinq stocks principaux de hareng observée de 1980 à 2010 environ.
  • L’indice de la biomasse relative de harengs nés dans la dernière année (ces jeunes poissons sont appelés « recrues d’âge 0 ») dans le détroit de Georgie pourrait être un indicateur principal du nombre prévu de recrues qui se joindront à la population 2,5 années plus tard, et donc de la quantité de proies disponibles pour les saumons quinnat et coho et les autres prédateurs présents dans le détroit. L’indice était plus faible et stable entre 2013 et 2016, comparativement aux sommets dans la série chronologique.
  • L’état des harengs nouveau-nés s’est amélioré après 1997. Leur poids était supérieur pour une longueur donnée en 2016 à celui des harengs de même longueur avant 2007.
Quels facteurs influent sur l’abondance et la santé des stocks de hareng du Pacifique?

Réponse :

Voici certains des facteurs pouvant potentiellement influer sur l’abondance ou l’état du hareng :

  • Qualité et disponibilité de la nourriture : des changements dans la disponibilité et la qualité du zooplancton dont se nourrit le hareng, principalement du krill et de minuscules crustacées appelés copépodes. Par exemple, le moment auquel survient la prolifération printanière du phytoplancton et la production subséquente de zooplancton dans le détroit de Georgie sont liés à la survie des larves de hareng et à la composition de la communauté de zooplancton dans le bras de mer Rivers, un fjord voisin. Plus précisément, des preuves tangibles indiquent que la correspondance ou la non-correspondance de la présence du hareng et de ses proies jouent un rôle important pour déterminer l’abondance de harengs nouveau-nés à l’automne. En 2016, la prolifération printanière a eu lieu au moment habituel, vers la fin du mois de mars.
  • Conditions océaniques : des changements dans les conditions océaniques, notamment de la température et des courants, pourraient avoir une incidence sur la quantité et le type, donc sur la qualité, des proies disponibles. Le recrutement et la survie du hareng sont liés à la température de l’eau et au contrôle ascendant de la production marine.
  • Présence de prédateurs : l’abondance de prédateurs tels que les saumons coho et quinnat juvéniles, ainsi que les baleines à bosse. Par exemple, on s’attend à ce que le nombre croissant de baleines à bosse et leur présence toute l’année aient des répercussions sur leurs espèces proies, notamment le hareng du Pacifique.
  • Concurrence : l’abondance d’autres organismes marins se faisant concurrence pour la nourriture, notamment les saumons sockeye, rose et kéta juvéniles.

Rendez-vous en ligne pour rester au fait de la situation du hareng du Pacifique.

L’emblématique saumon du Pacifique

Pourquoi le saumon du Pacifique est-il si important sur la côte Ouest canadienne?

Réponse :

En Colombie-Britannique et au Yukon, l’emblématique saumon du Pacifique fait l’objet de pêches commerciales, récréatives et autochtones, crée des emplois, génère des revenus et constitue une importante source de protéines. Le saumon fait aussi partie intégrante de l’identité culturelle, du mode de vie et de la spiritualité des Premières Nations de la côte. Les communautés autochtones de la côte Ouest ont évolué conjointement avec le saumon et pêchent depuis des milliers d’années aux mêmes emplacements de montaison, aux mêmes moments de l’année. D’après un rapport de Pêches et Océans Canada datant de 2016 (document en anglais), la valeur au débarquement du saumon sauvage en Colombie-Britannique pour la décennie précédente variait entre un sommet de 75,1 millions de dollars en 2010 à un creux de près de 23,3 millions de dollars en 2008.

Sur le plan de l’écosystème, le saumon du Pacifique joue un rôle important à titre de prédateur, mais aussi de proie pour un nombre important d’espèces, telles que les phoques, les requins, des poissons d’eau douce et des oiseaux, ainsi que pour des animaux terrestres, tels que les ours et les loups. Le saumon constitue également un lien précieux entre l’océan et les rivières, les cours d’eau et les lacs intérieurs en transférant des nutriments en eau douce lorsqu’il retourne dans sa rivière natale pour frayer et mourir. Ce processus procure des nutriments à la prochaine génération de saumons et à d’autres organismes d’eau douce, ainsi qu’aux écosystèmes terrestres environnants et à la faune qui y vit.

Existe-t-il différents types de saumons du Pacifique, et quelles sont les différences?

Réponse :

En Colombie-Britannique et au Yukon, cinq espèces de saumon migrant dans la mer sont communément appelées « saumon du Pacifique » : il s’agit des saumons sockeye, rose, kéta, quinnat et coho. On dit des espèces qui passent une partie de leur vie en eau douce et l’autre en eau salée qu’elles sont « anadromes ». Les jeunes saumons, nés en eau douce, dans une rivière, migrent dans l’océan pour y grandir et reviennent dans leur rivière natale pour y frayer une fois et mourir. Une sixième espèce, le saumon arc-en-ciel, ressemble aux autres saumons du Pacifique, mais peut frayer à plusieurs reprises.

Les différentes espèces de saumon du Pacifique et les stocks d’une même espèce possèdent des caractéristiques biologiques et des cycles vitaux uniques. Ils empruntent par exemple différentes routes migratoires à différents moments. Chaque stock et chaque espèce est génétiquement adapté à son environnement propre, dont dépend la survie de la population. En Colombie-Britannique, les saumons anadromes retournent dans la rivière ou le cours d’eau où ils sont nés pour frayer entre l’âge de deux et six ans. Il est essentiel de comprendre ces différentes caractéristiques pour maintenir l’équilibre entre la pêche du saumon et la protection de la santé des stocks.

Saumon du Pacifique : Affiche téléchargeable. Peinture de plusieurs espèces et stades de vie du saumon en cercle sur fond bleu et havane. En bas à gauche : les œufs circulaires de saumon rouge reposent parmi des cailloux gris, de minuscules alevins avec des sacs d’œufs rouges nagent au-dessus des œufs tandis que de petits poissons rayés – appelés alevins – nagent au-dessus d’eux. En haut à gauche : de petits poissons gris – appelés smolts – nagent dans un banc tandis que plusieurs espèces de saumons adultes argentés et bleus nagent au-dessus d’eux vers la droite du tableau. En bas à droite : des saumons adultes bruns sautent dans un cours d’eau et des saumons rouges adultes nagent en dessous. On voit un saumon adulte qui déplace sa queue parmi des cailloux gris.

Saumon du Pacifique : Affiche téléchargeable. Peinture de plusieurs espèces et stades de vie du saumon en cercle sur fond bleu et havane. En bas à gauche : les œufs circulaires de saumon rouge reposent parmi des cailloux gris, de minuscules alevins avec des sacs d’œufs rouges nagent au-dessus des œufs tandis que de petits poissons rayés – appelés alevins – nagent au-dessus d’eux. En haut à gauche : de petits poissons gris – appelés smolts – nagent dans un banc tandis que plusieurs espèces de saumons adultes argentés et bleus nagent au-dessus d’eux vers la droite du tableau. En bas à droite : des saumons adultes bruns sautent dans un cours d’eau et des saumons rouges adultes nagent en dessous. On voit un saumon adulte qui déplace sa queue parmi des cailloux gris.

Quels sont les facteurs influant sur le nombre de saumons retournant frayer dans leur cours d’eau natal?

Réponse :

Le saumon connaît un taux élevé de mortalité tant en eau douce que dans l’océan, l’importance de la montaison et la productivité étant variables entre les espèces et entre les différentes populations d’une même espèce. Divers facteurs biologiques influencent les montaisons annuelles du saumon du Pacifique. Notamment, l’abondance du frai lors de l’année d’éclosion (c’est-à-dire l’année de frai des parents des saumons en montaison), l’âge auquel les poissons en montaison atteignent la maturité, ainsi que le nombre d’œufs parvenant à l’éclosion et le nombre de juvéniles survivant jusqu’à la maturité aux stades biologiques en eau douce et en milieu marin.

Comme une femelle reproductrice produit plusieurs milliers d’œufs, que l’espèce ne vit relativement pas longtemps et que les poissons meurent après le frai, les variations des conditions environnementales survenant tout au long du cycle biologique peuvent causer des différences importantes dans l’abondance d’une année à l’autre. Par exemple, la température peut influer directement sur la survie du saumon, ou encore indirectement par ses effets sur les prédateurs et les proies du saumon. D’autres facteurs, tels que les fluctuations des quantités de nutriments atteignant la surface de l’océan, peuvent avoir une incidence sur la productivité de l’ensemble du réseau trophique. Tous ces facteurs peuvent également modifier la répartition du saumon ainsi que l’abondance, la composition et la répartition de leurs prédateurs comme de leurs proies.

L’effet La Niña

Les phénomènes climatiques La Niña et El Niño font régulièrement la manchette, mais qu’ont-ils à voir avec les montaisons du saumon? La Niña constitue la « phase froide » du cycle El Niño-oscillation australe (ENSO), qui décrit les fluctuations récurrentes dans les interactions climatiques à grande échelle entre l’océan et l’atmosphère dans le centre-est du Pacifique équatorial. Le cycle est ponctué de périodes auxquelles la température de la surface de la mer dans la région est inférieure à la moyenne (La Niña) et supérieure à la moyenne (El Niño). Ces deux phases alternent de manière irrégulière tous les deux à sept ans, avec des répercussions à grande échelle sur les processus océaniques, les conditions météorologiques de la planète et le climat. Sans surprise, ces changements de cycles climatiques à grande échelle sont également associés à des variations dans la montaison du saumon.

Les recherches de Pêches et Océans Canada indiquent que les montaisons importantes des stocks indicateurs de saumon sockeye (stocks provenant de cours d’eau « indicateurs » faisant l’objet d’un suivi annuel) en Colombie-Britannique peuvent être associées à de forts épisodes La Niña. Par exemple, au début des années 1990, les montaisons maximales pour tous les stocks indicateurs de la côte Nord du fleuve Fraser étaient associées à un puissant épisode La Niña ayant eu lieu à la fin des années 1980. Plus récemment, des montaisons de saumon sockeye record ou proches des records dans l’île de Vancouver (Barkley), le fleuve Fraser (Chilko) et le fleuve Columbia (Okanagan) en 2010-2011 ont eu lieu après un épisode majeur La Niña en 2008, inversant une tendance pluriannuelle de montaisons inférieures à la moyenne.

En revanche, une température océanique plus élevée que la moyenne en 2015, puis un événement El Niño au printemps 2016 sont des indicateurs de conditions défavorables à la survie des saumons juvéniles. C’est la raison pour laquelle des réductions importantes des montaisons sont à prévoir pour plusieurs populations de saumon en 2017-2018.

Comment les montaisons du saumon sockeye en 2016 se comparent-elles à celles des années précédentes?

Réponse :

Les tendances relatives à la production pour les principales populations de saumon sockeye en Colombie-Britannique fournissent une indication de l’importante variation de ces stocks de poissons sur toute la côte de cette province. On a observé de grandes variations dans la productivité des stocks entre 1970 et 2016, les populations pour certaines années étant de 10 à 90 fois plus importantes que lors d’autres années. La mesure dans laquelle un stock produit de nouveaux individus, qu’il prospère, qu’il survive ou qu’il décline – c’est-à-dire sa productivité – est estimée en surveillant de nombreux indicateurs permettant d’évaluer le volume de nouvelle biomasse qui sera produit annuellement dans une population donnée. Pendant bon nombre d’années, les scientifiques ont estimé le nombre de saumons adultes qui retourneront frayer dans les cours d’eau produisant le plus de saumons en Colombie-Britannique en analysant le nombre de spécimens produits dans un cours d’eau et atteignant l’océan les années précédentes. Ces données sur les « échappées de géniteurs » leur permettent d’estimer le nombre de « retours » pour le frai. Comprendre la productivité est toutefois complexe, une foule d’agents de stress pouvant avoir un impact sur les stocks de saumon entre leur échappée et leur retour.

Stocks indicateurs du saumon sockeye

En 2016, certains stocks de saumon du Pacifique ont mieux résisté que d’autres. Par exemple :

  • En 2016, le nombre total de montaisons du saumon sockeye du fleuve Fraser a été le plus faible jamais enregistré, quoique certaines populations aient obtenu un meilleur taux de survie que d’autres, au taux de survie faible. Des facteurs intervenant en eau douce comme en milieu marin ont contribué aux faibles montaisons observées chez certaines populations.
  • Les montaisons des stocks de saumon sockeye sur la côte Ouest de l’île de Vancouver, la côte centrale et dans le système du fleuve Columbia et de la rivière Okanagan ont dépassé les prévisions d’avant-saison du Ministère et se trouvaient au-dessus des niveaux moyens de montaisons établis à partir des données de toutes les années. Des relevés des saumons juvéniles sont effectués dans cette zone depuis 1998, généralement en octobre et en novembre. Lire les prévisions d’avant-saison des montaisons de saumon en Colombie-Britannique.
  • Les montaisons allaient de près de la moyenne à au-dessus de la moyenne dans les régions côtières du Centre (sockeye du bras de mer Smith), du Nord (sockeye de la rivière Nass) et transfrontalière (saumon sockeye du lac Tatsamenie). Celles de la côte centrale vers les bras de mer Rivers et Smith se sont hissées au-delà de la moyenne de toutes les années (bras de mer Smith) pour la première fois en plus de 20 ans.
  • Comme prévu, la combinaison d’une production réduite en eau douce et d’une survie réduite en mer a fait diminuer les stocks de saumon sockeye du sud (rivière Okanagan et baie Barkley) comparativement aux montaisons record de 2014 pour la rivière Okanagan et de 2015 pour la baie Barkley.
  • Pour l’année 2016, les montaisons des populations de saumon sockeye dans l’ensemble de leur aire de répartition, soit du fleuve Columbia, au sud, à Bristol Bay, en Alaska, au nord, étaient généralement cohérentes avec « l’hypothèse du régime de production inversé ». Selon cette théorie, des montaisons inférieures à la moyenne à l’extrémité sud de l’aire de répartition du saumon sockeye en Colombie-Britannique sont accompagnées par des montaisons supérieures à la moyenne à l’extrémité nord de l’aire de répartition, du nord-ouest de la Colombie-Britannique jusqu’en Alaska.
La mer des Salish et la survie du saumon sockeye du lac Chilko

Seul un faible pourcentage des saumons juvéniles qui quittent leur rivière natale pour migrer vers le large par la mer des Salish reviennent frayer dans les eaux qui les ont vu naître. Le long de la côte Pacifique, certains stocks de saumon sockeye sont en meilleure posture que d’autres. La situation a soulevé des préoccupations quant à la viabilité de nombreux stocks de saumon dans le sud de la Colombie-Britannique. La mer des Salish comprend les détroits de Georgie et de Juan de Fuca, ainsi que la baie Puget, au large de la côte sud de la Colombie-Britannique et du nord de l’État de Washington.

Pêches et Océans Canada effectue actuellement des recherches sur la survie du saumon dans les eaux canadiennes du Pacifique. En plus de mener d’autres recherches, les scientifiques de la Région du Pacifique du Ministère collaborent au projet de survie des saumons dans la mer des Salish (site en anglais), un effort de recherche multidisciplinaire international visant à déterminer les facteurs contribuant à la faible survie en mer du saumon du Pacifique et du saumon arc-en-ciel. Une multitude de projets de recherche coordonnés auxquels participent plus de 60 organisations et 150 scientifiques et techniciens au Canada et aux États-Unis visent à étudier trois hypothèses principales et un éventail  d’autres hypothèses afin de déterminer pourquoi tant de saumons juvéniles meurent dans la mer des Salish. Trouver les réponses à cette question aiderait à orienter l’élaboration de stratégies efficaces pour améliorer ou restaurer ces pêches.

Ressources pour les enseignants : Apprenez-en davantage sur le saumon du Pacifique.

État des mammifères marins du Pacifique

État des mammifères marins du Pacifique

Réponse :

Le Ministère effectue des relevés aériens des eaux au large de la côte Ouest de l’île de Vancouver depuis 2012. Depuis 2002, le Programme de recherche sur les cétacés de Pêches et Océans Canada a effectué un relevé sur plus de 55 000 kilomètres carrés à la recherche de baleines, de dauphins et de marsouins à partir de plateformes de grands navires dans les eaux du plateau et du large de la zone économique exclusive du Canada. La zone économique exclusive s’étend de 12 milles marins jusqu’à un maximum de 200 milles marins de la côte.

Autrefois décimées par la chasse à la baleine commerciale, les baleines à bosse, comme ce jeune spécimen photographié près de l’île Langara (Haida Gwaii), sont en train de se rétablir sur la côte Ouest canadienne et de réoccuper leurs habitats saisonniers historiques, notamment le détroit de Georgie. Photographie d’une baleine à bosse qui s’échappe des eaux grises de l’océan. Le corps de la baleine est complètement hors de l’eau à l’exception de la queue et elle saute latéralement avec une nageoire pectorale en l’air. Des jets d’eau blancs jaillissent autour de la baleine. Photo gracieuseté de Graeme Ellis.

Autrefois décimées par la chasse à la baleine commerciale, les baleines à bosse, comme ce jeune spécimen photographié près de l’île Langara (Haida Gwaii), sont en train de se rétablir sur la côte Ouest canadienne et de réoccuper leurs habitats saisonniers historiques, notamment le détroit de Georgie. Photographie d’une baleine à bosse qui s’échappe des eaux grises de l’océan. Le corps de la baleine est complètement hors de l’eau à l’exception de la queue et elle saute latéralement avec une nageoire pectorale en l’air. Des jets d’eau blancs jaillissent autour de la baleine. Photo gracieuseté de Graeme Ellis.

Quelles populations de mammifères marins montrent des signes de rétablissement, et quelles sont les conséquences pour les autres espèces et pour l’écosystème?

Réponse :

Les recherches indiquent que les populations de baleines à bosse, d’otaries de Steller et de phoques communs du Pacifique ont été fortement amoindries par la pêche commerciale et les programmes de lutte contre les prédateurs en Colombie-Britannique, de la fin du XIXe siècle au milieu du XXe siècle. Les trajectoires des populations de ces trois mammifères marins sont maintenant à la hausse, rétablies ou stables.

Baleine à bosse (en augmentation)

Depuis sa décimation par la chasse à la baleine commerciale, la population de baleines à bosse de la Colombie-Britannique a significativement augmenté et recommence à occuper ses habitats saisonniers historiques, notamment le détroit de Georgie, qu’elle utilise comme aire d’alimentation. Les taches sur le dessous de sa nageoire caudale sont uniques à chaque spécimen et peuvent être utilisées comme des empreintes digitales pour identifier et suivre les baleines. Ces taches aident aussi à établir des estimations de la population. La population de la Colombie-Britannique a été évaluée pour la dernière fois en 2006 à 2 145 spécimens. Les observations effectuées en 2016 révèlent que la population de ces baleines continue d’augmenter dans les eaux de la Colombie-Britannique, et que la plus grande abondance se produit du printemps jusque vers la fin de l’automne.

On s’attend à ce que la présence toute l’année des baleines à bosse et leur nombre croissant aient des répercussions sur leurs proies, notamment le hareng du Pacifique et les petits poissons-fourrage pélagiques, ainsi que sur les écosystèmes côtiers. Il est nécessaire de mettre à jour les estimations de la population afin d’évaluer l’impact potentiel de l’espèce sur les écosystèmes côtiers et d’atténuer les menaces pesant sur sa survie, notamment les collisions avec les navires, le bruit sous-marin, les déversements de pétrole, la disponibilité réduite des proies et les empêtrements. Ces menaces devraient augmenter en fréquence et en gravité en raison de l’expansion des activités industrielles et du rétablissement en cours des baleines à bosse dans les eaux côtières de la Colombie-Britannique.

Otarie de Steller (en augmentation)

La population d’otaries de Steller sur la côte Ouest canadienne a continué de croître, avec une population estimée à 39 200 individus au cours de la saison de reproduction de l’été 2013. Des recherches antérieures indiquent que l’otarie est la deuxième proie la plus courante (après le phoque commun) de l’épaulard migrateur de la côte Ouest, une espèce menacée, et qu’elle soutient son rétablissement. Comme les otaries se nourrissent de plusieurs espèces de poissons faisant l’objet de pêches commerciales, la croissance de leur population a également des répercussions à l’échelle de l’écosystème.

Phoque commun du Pacifique (rétabli/stable)

Le phoque commun du Pacifique dans le détroit de Georgie demeure à la capacité de charge.Note de bas de page 3 Des relevés aériens effectués en 2014 ont permis d’estimer la population à 40 000 individus. L’espèce représente 53 % des animaux harcelés ou tués par les épaulards migrateurs de la côte Ouest. Le caractère stable de la population de phoques communs du Pacifique a également des effets à l’échelle de l’écosystème, les phoques se nourrissant de nombreuses espèces de poissons pêchés commercialement.

Quel est l’état des autres mammifères marins sur la côte Pacifique?

Réponse :

Voici des mises à jour sur l’état d’autres mammifères marins, présentées dans divers rapports de Pêches et Océans Canada sur l’état de l’océan Pacifique :

Épaulard migrateur

La présence croissante de l’épaulard migrateur de la côte Ouest, une espèce menacée, dans le détroit de Georgie au cours des 40 dernières années serait attribuable au rétablissement de la population de phoques communs de la Colombie-Britannique. En savoir plus sur l’épaulard résident du sud, l’épaulard résident du nord et l’épaulard du large.

Baleine noire du Pacifique Nord

Des baleines noires, l’espèce de grande baleine la plus menacée en Colombie-Britannique, ont été observées au large de la côte de la Colombie-Britannique à deux reprises en 2013. Il s’agit des premières observations confirmées de cette espèce en eaux canadiennes depuis les années 1950. Ces observations ont été signalées dans le rapport sur l’état de l’océan Pacifique de 2013 de Pêches et Océans Canada.

La première observation a eu lieu le 9 juin 2013, à 8 milles marins au large de la côte nord-ouest de Haida Gwaii. Pendant 17 heures, la baleine a surtout été observée se nourrissant de zooplancton visiblement dense à la surface. La seconde baleine noire a été observée le 25 octobre parmi un groupe de baleines à bosse sur le banc Swiftsure, au large de la côte sud-ouest de l’île de Vancouver. Les observations ont permis de confirmer qu’il s’agissait d’un individu différent de celui observé en juin.

Ces observations pourraient être en partie attribuables aux variations des conditions à grande échelle, compte tenu des conditions océanographiques et climatiques atypiques dans le golfe de l’Alaska en 2013. De plus, les proies de la baleine noire étaient disponibles en abondance, à tout le moins lors de l’observation de juin 2013, des copépodes subarctiques en nombre supérieur à la moyenne se trouvant le long du rebord du plateau de la Colombie-Britannique.

La population de baleines noires dans le Nord-Est du Pacifique est la plus petite population de baleines au monde, parmi les espèces pour lesquelles des estimations de la population sont disponibles, et court un grave risque d’extinction locale. Cliquez ici pour de plus amples renseignements.

Rorqual commun

Figurant sur la liste des espèces menacées en vertu de la Loi sur les espèces en péril, le rorqual commun est, dans le monde, la deuxième baleine en taille, après le rorqual bleu. La population a été gravement décimée par la chasse commerciale à la baleine dans le Pacifique Nord, d’environ 1908 aux années 1970. Les observations effectuées à bord de navires et les enregistrements de l’activité vocale le long de la côte nord de la Colombie-Britannique révèlent que le rorqual commun recommence à occuper ses habitats historiques dans les détroits d’Hécate et de la Reine-Charlotte, ainsi que dans l’entrée Caamaño. Ces régions semblent importantes pour la quête de nourriture, et possiblement pour la reproduction et la mise bas. En effet, la plus grande activité vocale des baleines dans le détroit d’Hécate a eu lieu de novembre à janvier, ce qui coïncide avec la saison de reproduction dans le Pacifique Nord.

Lors des relevés aériens effectués au large de la côte sud-ouest de l’île de Vancouver entre septembre 2012 et mars 2015, les rorquals communs et les rorquals bleus ont principalement été observés sur le plateau continental et plus au large, dans des eaux plus profondes que lors des observations de baleines à bosse.

Comme d’autres grands cétacés à fanons, le rorqual commun est un animal filtreur qui consomme de grandes quantités d’organismes marins au bas de la chaîne alimentaire, comme le hareng, le capelan, le calmar, le krill (des crustacés semblables aux crevettes) et d’autres petits crustacés (les copépodes). Par conséquent, les populations en rétablissement contribueront probablement à des changements dans les écosystèmes océaniques qui deviendront de plus en plus évidents dans les eaux canadiennes du Pacifique, au fur et à mesure que se poursuit le rétablissement de ces populations. Rendez-vous en ligne pour en apprendre davantage sur l’état du rorqual commun et du rorqual bleu.

Combien d’espèces de cétacés ont été observées lors des relevés aériens?

Réponse :

Trente-quatre relevés aériens ont été effectués entre septembre 2012 et mars 2015, principalement en automne et en hiver (82 % des relevés). Treize espèces de cétacés ont été observées au cours de ces relevés. Le tableau ci-dessous fait la synthèse de ces observations.

Espèces de cétacés observées lors de relevés aériens de septembre 2012 à mars 2015
Nom de l’espèce Nombre d’individus observés
Rorqual bleu 5
Rorqual commun 190
Rorqual à bosse 551
Petit rorqual 1
Baleine grise 12
Cachalot macrocéphale 18
Épaulard - orque 50
Baleine à bec de Baird 12
Dauphin à flancs blancs du Pacifique 1 073
Dauphin à dos lisse 804
Dauphin de Risso 692
Marsouin commun 23
Marsouin de Dall 73
Baleine à bec de Cuviers 12

Apprenez-en davantage sur les écosystèmes de l’atlantique

On trouvera ci-après un résumé des points sous la forme de questions et de réponses, notamment sur des enjeux nouveaux et continus qui ne sont pas couverts par le rapport en langage clair intitulé « Les océans du Canada maintenant : Écosystèmes de l’Atlantique, 2018. »

Facteurs de stress environnementaux

Changement climatique

Que savons-nous au sujet du changement climatique?

Réponse :

Le Programme des services d’adaptation aux changements climatiques en milieu aquatique de Pêches et Océans Canada (PSACCMA) étudie les répercussions du changement climatique sur les pêches, les écosystèmes et l’infrastructure côtière. Visitez son site Web pour en savoir davantage sur les effets du changement climatique dans l’Atlantique (p. ex. hausse du niveau de la mer, acidification de l’océan, hypoxie) et sur les genres de recherches qui sont menées pour que l’on puisse mieux comprendre ces changements.

Le rapport sur le climat changeant du Canada inclus information sur les changements climatiques actuels et prévus au Canada : températures, précipitations, neige, glace et autres.

Proliférations d’algues nuisibles

Qu’est-ce qu’une prolifération d’algues nuisibles?

Réponse :

De minuscules organismes appelés phytoplancton ou microalgues fleurissent naturellement lorsque diverses conditions de l’eau de mer sont réunies, comme lorsqu’on enregistre des concentrations élevées de certains éléments nutritifs inorganiques, ou lorsque certaines conditions concernant la température, le vent ou les courants sont présentes après des événements naturels comme des tempêtes. Certaines espèces peuvent causer des proliférations d’algues nuisibles en croissant rapidement en nombre et en produisant des toxines qui peuvent blesser ou tuer des organismes marins et ceux qui s’en nourrissent, y compris les humains. Les grandes masses de phytoplanctons peuvent, en elles-mêmes, être nuisibles, car elles contribuent à diminuer les concentrations d’oxygène dans l’eau et font de l’ombre à d’autres organismes. Tandis que les organismes mobiles peuvent s’éloigner de ces proliférations, les installations aquacoles peuvent être plus vulnérables face à l’augmentation des proliférations d’algues nuisibles.

Au cours des dernières décennies, les proliférations d’algues nuisibles sont devenues plus fréquentes, plus répandues et plus intenses à travers le monde, bien que cela ne concerne pas toutes les régions. Les augmentations des proliférations d’algues nuisibles le long des côtes du Pacifique et de l’Atlantique en Amérique du Nord semblent indiquer que le réchauffement dû au  changement climatique est un important facteur menant à ces augmentations.

L’intoxication amnésique par les mollusques (IAM) et l’intoxication par phycotoxine paralysante (IPP) sont des exemples de maladies qui sont causées par les proliférations d’algues nuisibles, lesquelles ont été observées dans l’Atlantique canadien. Le premier exemple connu d’IAM a été constaté sur l’Île-du-Prince-Édouard en 1987, et des épidémies de IPP ont été observées dans la baie de Fundy et dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent depuis les années 1940.

L’augmentation apparente des proliférations d’algues nuisibles et leur effet sur la santé humaine et sur l’aquaculture rendent importantes leur étude et leur surveillance. Dans l’Atlantique, les proliférations d’algues nuisibles font l’objet d’une surveillance dans le cadre du Programme de monitorage de la zone Atlantique du MPO (PMZA).

Aquaculture

Quel est l’incidence de l’aquaculture sur les écosystèmes?

Réponse :

Les activités conchylicoles et piscicoles peuvent avoir une incidence sur les écosystèmes aquatiques naturels. Ces interactions sont décrites dans le rapport sur la séquence des effets de l’aquaculture, un cadre grâce auquel on a caractérisé les facteurs de stress liés à l’aquaculture qui touchent l’écosystème et regroupé en catégories leurs effets respectifs. La durabilité des activités aquacoles est étayée par des recherches scientifiques qui visent à protéger les écosystèmes aquatiques et à conserver les populations sauvages. Pêches et Océans Canada met en œuvre un certain nombre de programmes scientifiques qui contribuent à étayer notre compréhension et notre gestion des interactions entre l’aquaculture et les écosystèmes aquatiques.

Le Programme de recherche sur la réglementation de l’aquaculture (PRRA) finance des recherches scientifiques dont le but est d’étudier les interactions entre l’aquaculture et le milieu aquatique pour appuyer la prise de décisions réglementaires et l’élaboration de politiques. Parmi les effets de l’aquaculture étudiés figurent les maladies du poisson et les ennemis du poisson, les interactions entre les poissons sauvages et les poissons d’élevage, le rejet de matières organiques autour des fermes et les effets sur les habitats marins comme les zostères. Dans l’évaluation des effets de l’aquaculture, les résultats obtenus grâce au PRRA sont souvent utilisés durant des processus consultatifs revus par des pairs comme ceux du Secrétariat canadien de consultation scientifique.

Le Programme coopératif de recherche et de développement en aquaculture (PCRDA) fait la promotion d’activités de recherche menées en collaboration entre des représentants de l’industrie et des chercheurs du MPO, lesquelles portent sur des projets proposés par des producteurs aquacoles et sont financées conjointement par le PCRDA et par l’industrie. Les grands objectifs en matière de recherche du programme portent sur la santé optimale du poisson et sur le rendement environnemental de l’industrie aquacole canadienne. Les priorités en matière de recherche du programme s’appliquent à toutes les espèces d’élevage (poissons à nageoires, mollusques et crustacés ou algues) dans des écosystèmes marins ou d’eau douce, et visent à répondre aux questions qui sont liées à la gestion des ennemis du poisson et des agents pathogènes pour les stocks d’élevage, aux interactions avec l’écosystème et à la durabilité de la production et à la diversité des espèces.

Le programme de surveillance et de modélisation dans le domaine de l’aquaculture est un nouveau programme qui a été annoncé en 2016 et dont l’objectif consiste à surveiller à long terme et dans le lointain les intrants aquacoles (c.-à-d. les matières organiques, les métaux à l’état de traces, les médicaments, les pesticides et les antibiotiques). Pour que le Ministère puisse prendre des décisions en matière de gestion qui soient appropriées et fondées sur des travaux scientifiques, il est important que l’on comprenne le devenir et le comportement de ces intrants dans le milieu aquatique, ainsi que leur répartition spatiale et temporelle à distance des sites aquacoles. Les données de la surveillance seront mises à la disposition des chercheurs afin que l’on puisse mieux étayer les avis scientifiques aux fins de l’élaboration de politiques et de règlements et de la prise de décisions.

Le programme sur les interactions entre l’aquaculture et l’écosystème, qui a aussi été annoncé en 2016, est un nouveau programme de recherche qui vise à traiter les répercussions des activités aquacoles et leurs interactions avec l’écosystème qui les soutient, et à étudier l’effet cumulatif d’autres facteurs de stress présents dans l’environnement afin que l’on puisse distinguer les associations positives et négatives induites tout particulièrement par l’aquaculture. La recherche financée par l’entremise de ce programme aidera à éclairer les gestionnaires et les décideurs qui doivent prendre des décisions en matière de gestion complexes et axées sur l’écosystème.

Espèces aquatiques envahissantes

Qu’est-ce que les espèces aquatiques envahissantes?

Réponse :

Les espèces aquatiques envahissantes (EAE) sont des plantes et des animaux non indigènes qui ont envahi de nouveaux écosystèmes, à l’extérieur de leurs habitats indigènes. Elles occupent les habitats d’espèces indigènes et entrent en compétition avec celles-ci. Cela signifie qu’elles présentent des menaces à la fois pour l’environnement et pour l’économie. Les EAE se maintiennent en partie parce que leurs prédateurs naturels sont absents. Elles peuvent tracer leur chemin dans les eaux canadiennes de façon naturelle, en tant que larves ou fragments dérivant à la faveur des courants océaniques. On peut aussi les trouver attachées aux coques des navires ou dans les eaux de ballast. Parfois, des animaux d’aquarium indésirables sont relâchés dans l’océan.

Le réchauffement des températures océaniques qui résultent du changement climatique peut faciliter l’établissement des envahisseurs aquatiques. Les effets de ces organismes peuvent également être aggravés par le réchauffement des températures. Les EAE peuvent avoir une incidence sur l’abondance des communautés de poissons côtières, des zostères marines et des algues. Elles peuvent causer des changements dans les communautés d’invertébrés qui vivent sur le plancher océanique. Elles peuvent également avoir une incidence néfaste sur la pêche commerciale et sur l’aquaculture.

En 2017, onze EAE marines étaient reconnues comme présentant différents niveaux d’incidence négative sur les écosystèmes marins des eaux côtières de l’Atlantique canadien, y compris les suivantes.

Type d’organisme Nom commun
Algues vertes Codium fragile
Invertébrés Membranipore
Caprelle japonaise
Crabe européen
Ascidies Didemnum
Ascidie jaune
Ascidie plissée
Botrylle étoilé
Botrylloïde violet
Ascidie sale
Diplosoma

Apprenez-en davantage sur les types d’espèces aquatiques envahissantes que l’on trouve dans les eaux canadiennes et sur ce que l’on fait pour lutter contre elles sur le site Web sur les EAE du MPO.

Espèces de l’Atlantique

Baleine noire de l’Atlantique Nord

Que fait-on pour protéger la baleine noire de l’Atlantique Nord?

Réponse :

Les Canadiens sont très préoccupés par les périls d’origine anthropique auxquels sont confrontées les baleines noires de l’Atlantique Nord. Au cours de l’été 2017, 17 des baleines en voie de disparition ont été trouvées mortes au large de la côte est d’Amérique du Nord, dont douze dans les eaux canadiennes. À la fin de l’année 2017, la population de baleine noire de l’Atlantique Nord était estimée à 411 individus. Au Canada, on a pratiqué sept nécropsies qui ont montré que deux de ces baleines étaient mortes à la suite d’un empêtrement dans un engin de pêche, et quatre autres étaient mortes en raison de collisions avec des navires (la cause de mortalité de la septième baleine n’a pu être déterminée en raison de l’état de décomposition avancée de celle-ci). Ce problème est traité par les chercheurs de Pêches et Océans Canada, en collaboration avec d’autres chercheurs et des organismes gouvernementaux qui sont mobilisés dans la mise en œuvre de stratégies de prévention des dommages, y compris des fermetures temporaires des pêches et l’abaissement des limites de vitesse des grands navires qui font route dans des secteurs où des baleines noires ont été signalées ou le long du couloir de migration habituel de ces animaux. Un total de trois baleines ont été trouvées mortes en 2018, par contre, aucune de ces baleines étaient retrouvées dans les eaux canadiennes.

En 2018, le MPO a mené de nombreuses activités scientifiques en faveur de la protection de la baleine noire. Plus de 2000 heures de relevés aériens et près de 1000 heures de relevés par bateau ont été réalisées en 2018 afin de déterminer la répartition de la baleine noire, ainsi que d'autres cétacés. Les données sur les bruits d’appel de baleines acquises par le biais d'une surveillance acoustique passive afin de surveiller plusieurs espèces de mammifères marins et de baleines noires sont en cours d'analyse. Un programme de recherche sur l’impact du bruit a été lancé afin de mieux comprendre les effets du bruit du trafic maritime sur les baleines noires. Les technologies de détection des baleines ont fait l’objet de tests visant à mettre au point un système de détection des baleines en temps réel qui puisse alerter les marins de la présence de baleines noires et éviter les collisions avec des navires. Un projet de marquage par satellite a été lancé en collaboration avec la NOAA pour étudier les déplacement des baleines. Le marquage sera repris en 2019-2020. Deux réunions de consultation scientifique incluant des examens par les pairs ont eu lieu en 2017 et 2018 pour soutenir le développement et le perfectionnement des mesures de pêche et de transport maritime.

Pêches et Océans Canada a entrepris d’étudier et de protéger les espèces de baleines en voie de disparition.

Saumon de l’Atlantique

Quelle est la situation du saumon de l’Atlantique?

Réponse :

En 2010, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a regroupé les populations canadiennes de saumons de l’Atlantique en 16 unités désignables (UD) et a évalué leur situation par rapport à différents critères. Les évaluations des UD réalisées par le COSEPAC étaient variables, allant d’une désignation « non en péril » (populations du nord-est, du sud-ouest et du nord-ouest de Terre-Neuve-et-Labrador, « menacée » (population du sud de Terre-Neuve-et-Labrador), « préoccupante » (populations de la zone intérieure du Saint-Laurent, de la côte Nord du Québec et de Gaspé/sud du golfe du Saint-Laurent), « en voie de disparition » (populations de l’extérieur et de l’intérieur de la baie de Fundy, de l’est du Cap Breton, des hautes terres du sud de la Nouvelle-Écosse et de l’île d’Anticosti) à « disparue » (population du lac Ontario). La plupart des populations canadiennes de saumons de l’Atlantique ont vu leur abondance décliner durant les dernières années.

Bar rayé

Quelle est la situation du bar rayé?

Réponse :

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a relevé trois unités désignables (UD) de bars rayés au Canada, la dernière évaluation de leur situation remontant à 2012. La population de bars rayés « en voie de disparition » qui fréquente l’estuaire du Saint-Laurent, au Québec, montre des signes de rétablissement qui résultent de l’application d’un programme de réintroduction de bars provenant de la rivière Miramichi. En raison de l’augmentation significative du nombre de bars rayés adultes matures, le COSEPAC a réévalué la situation de la population du sud du golfe du Saint-Laurent, qui est passée de « menacée » à « préoccupante ». L’abondance des géniteurs pour le bar du sud du golfe a atteint un pic en 2017, avec une estimation de près d’un million de poissons. Après avoir été fermée depuis 2000, la récolte de bars rayés du sud du Golfe dans les pêches autochtones et récréatives a été de nouveau autorisée en 2012-2013, et l’accès à la ressource a augmenté de façon régulière depuis ces années. L’UD de bars rayés de la baie de Fundy a été évaluée comme étant « en voie de disparition », en grande partie en raison de la perte des populations de bars rayés d’Annapolis et de la rivière Saint-Jean. La population restante de bars rayés de Shubénacadie se reproduit chaque année, et le nombre d’adultes matures semble avoir augmenté depuis 2002.

Espèces en péril

Quelles espèces en péril sont-elles présentes dans les écosystèmes de l’Atlantique?

Réponse :

Pour être considérée comme une espèce en péril, une espèce doit être disparue du pays, menacée, en voie de disparition ou préoccupante, tel qu’il est défini ci-après. Parmi les espèces en péril dans les biorégions de l’Atlantique canadien figurent certaines populations de saumons de l’Atlantique, de tortues luth et de requins-taupes communs.

La Loi sur les espèces en péril (LEP) vise à protéger les espèces menacées et en voie de disparition ainsi que leurs habitats. Conformément à la LEP, Pêches et Océans Canada (MPO) doit élaborer des programmes de rétablissement et des plans d’action pour les espèces aquatiques qui sont désignées en péril ou menacées de l’être.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les espèces aquatiques en péril qui se trouvent dans le golfe, les Maritimes, à Terre-Neuve-et-Labrador et au Québec, veuillez visiter le site Web des espèces en péril.

Espèce disparue du pays
Espèce sauvage qu’on ne trouve plus à l’état sauvage au Canada, mais qu’on trouve ailleurs à l’état sauvage.
Espèce en voie de disparition
Espèce sauvage qui, de façon imminente, risque de disparaître du pays ou de la planète.
Espèce menacée
Espèce sauvage susceptible de devenir une espèce en voie de disparition si rien n’est fait pour contrer les facteurs menaçant de la faire disparaître.
Espèce préoccupante
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou une espèce en voie de disparition par l’effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces signalées à son égard.

Recherche écosystémique, avis scientifiques et surveillance avis scientifique

Programme de monitorage de la zone Atlantique (PMZA)

Comment surveille-t-on le milieu marin?

Réponse :

Le Programme de monitorage de la zone Atlantique (PMZA) a été établi en 1998 pour accroître la capacité de Pêches et Océans Canada de comprendre, décrire et prévoir l’état des écosystèmes marins. Une partie de ce travail consiste à mesurer les changements dans les propriétés physiques, chimiques et biologiques des océans.

Programme de monitorage de la zone Atlantique au large du plateau continental (PMZAO)

Comment surveille-t-on le milieu marin?

Réponse :

Le Programme de monitorage de la zone Atlantique au large du plateau continental (PMZAO), qui est semblable au PMZA, permet de recueillir et d’analyser des données sur les propriétés physiques, chimiques et biologiques des océans. Cependant, il met l’accent sur les zones d’eau profonde de la pente continentale et du nord-ouest de l’océan Atlantique.

Recherches et avis scientifiques, réponses des Sciences

Comment les chercheurs de Pêches et Océans Canada produisent-ils des avis scientifiques sur la santé des stocks de poissons et des écosystèmes marins?

Réponse :

Les chercheurs de Pêches et Océans Canada étudient les ressources aquatiques et les écosystèmes du Canada, ce qui est essentiel à la prise de décisions éclairées concernant la gestion des pêches et la gouvernance des océans. Des avis scientifiques et des documents de recherche revus par des pairs ainsi que des rapports de situation sur les stocks, les écosystèmes et l’habitat sont disponibles auprès du Secrétariat canadien de consultation scientifique (SCCS).

Zones d’importance écologique et biologique

Qu’est-ce qu’une zone d’importance écologique et biologique?

Réponse :

Les chercheurs ont relevé bon nombre de zones d’importance écologique et biologique (ZIEB) dans les océans du Canada. Ces zones présentent une importance spéciale du point de vue biologique ou écologique lorsqu’on les compare à l’écosystème marin environnant. On est particulièrement attentifs lorsqu’on gère des activités dans ces zones pour faire en sorte que les écosystèmes demeurent sains et productifs. Des renseignements sur les ZIEB sont utilisés lorsqu’on planifie des activités en milieu marin, comme des évaluations environnementales et le recensement de zones susceptibles d’être désignées comme des ZPM. Ces zones sont relevées au cours de processus d’examen scientifiques, et les rapports les concernant sont disponibles auprès du Secrétariat canadien de consultation scientifique (SCCS).

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