Requin pèlerin (Population du Pacifique)

Cetorhinus maximus

Statut LEP
Aucun statut
AS
Préoccupante
P
Menacée
M
En voie de disparition
EVD
Disparue du pays
DP

Statut LEP

  • Aucun statut AS
  • Préoccupante P
  • Menacée M
  • En voie de disparition EVD
  • Disparue du pays DP
Statut COSEPAC
Non en péril
NP
Préoccupante
P
Menacée
M
En voie de disparition
EVD
Disparue du pays
DP

Statut COSEPAC

  • Non en péril NP
  • Préoccupante P
  • Menacée M
  • En voie de disparition EVD
  • Disparue du pays DP

Description

Le pèlerin peut atteindre 12, 2 mètre de long, ce qui en fait le deuxième plus gros poisson du monde. Cet animal filtreur est souvent observé à la surface de l’eau pour se nourrir et doit son nom anglais (« basking shark ») à ce comportement évident. Le nom français de requin « pèlerin » est dû aux longues migrations dont est capable cette espèce. Le requin pèlerin est généralement de noirâtre à gris-brun. Il possède une énorme bouche avec de minuscules dents, des fentes brachiales allongées, un museau pointu et une nageoire caudale en forme de croissant. Les lamelles branchiales portent des branchicténies proéminentes. Le requin pèlerin est le seul membre de la famille des Cétorhinidés. Le plus ancien fossile de requin pèlerin est vieux de 29 à 35 millions d’années.

Répartition et population

Partout dans le monde, les pèlerins fréquentent les eaux côtières tempérées et se retrouvent dans les eaux de l’Atlantique et de Pacifique au Canada. Les pèlerins ont été observés, par le passé, au large de la Californie, le long de la côte du Pacifique de l’Amérique du Nord, en hiver et au printemps, et dans des secteurs particuliers, au large de la Colombie-Britannique, en été et en automne, ce qui indique une migration saisonnière latitudinale. Au cours des 15 dernières années, les observations de pèlerins ont été rares dans les eaux du Pacifique de l’Amérique du Nord. Cependant, dans le passé, d’importants regroupements de pèlerins ont été observés dans les eaux littorales de la côte ouest de l’île de Vancouver et à un endroit le long de la côte centrale de la Colombie-Britannique.

La population de pèlerins de l’océan Pacifique au Canada a virtuellement disparu. Depuis 1996, seulement six (6) observations de pèlerins on été confirmées dans l’océan Pacifique du Canada, dont quatre (4) proviennent des données consignées par des observateurs de la pêche au chalut. Les données historiques indiquent une population à l’aire de répartition étendue. La population historique minimale reconstituée à partir de données sur les captures documentés comptait au moins 750 individus, et peut-être quelques milliers, alors que le niveau actuel de la population est extrêmement faible. Selon les estimations, le taux de leur déclin a dépassé 90 % en 60 ans environ, ou en deux ou trois générations.

Habitat

Le requin pèlerin est une espèce planctophage et semble préférer les secteurs de grande concentration de zooplancton (petits crustacés et larves de poissons à la dérive dans la colonne d’eau). Ces secteurs sont généralement des fronts où les masses d’eau se rencontrent ou des caps et des zones de forte marée autour des îles et dans les baies. Cette espèce passe une bonne partie de son temps près de la surface, bien que des données récentes semblent indiquer que le requin pèlerin utilise peut-être également des habitats de plus de 1 000 m de profondeur.

Biologie

Les pèlerins sont des animaux qui filtrent l’eau et qui se déplacent lentement. Leur durée de vie est probablement d’environ 50 ans, et la taille maximale rapportée est de 12, 2 m de longueur. Cette espèce est solitaire ou vit en groupes qui présentent une ségrégation des sexes.

À la naissance, les requins mesurent probablement de 1,5 à 2 m. On pense que les mâles parviennent à maturité à l’âge de 12 à 16 ans, et que les femelles l’atteignent à l’âge de 16 à 20 ans. La période de gestation serait de 2,6 à 3,5 années, soit la plus longue de tous les animaux, et la période entre les portées, de 2 à 4 années. La taille d’une portée est d’environ six petits. La productivité annuelle estimée est la plus faible productivité connue de tous les requins.

Les pèlerins perdent périodiquement leurs branchicténies (structures en forme brosses de poils à l’arrière de la cavité buccale servant à filtrer les aliments dans l’eau), et on pense qu’ils cesseraient de s’alimenter puisqu’ils en régénèrent de nouvelles (en 4 à 5 mois). Il est possible que pendant cette période, le foie massif de l’animal (qui peut peser jusqu’à une tonne) serve de réserve métabolique capable de satisfaire à ses besoins énergétiques. De récents marquages ont largement démenti la théorie de longue date selon laquelle les pèlerins hiberneraient en eau profonde pendant l’hiver.

Les pèlerins adultes n’ont pas de prédateurs connus, mais les jeunes sont sans doute vulnérables à d’autres grosses espèces de requins.

Fait insolite et intéressant à signaler, sur la côte du Pacifique, les pèlerins sont considérés par les scientifiques comme l’explication la plus plausible aux présumées observations répétées de serpents de mer, de monstres marins et du mythique Cadborosaurus (connu sous le nom de Caddy).

Menaces

Les prises ciblées historiques du pèlerin à des fins d’extraction d’huile de son foie (de 1941 à 1947), les prises accessoires et un programmes d’éradication ciblée, mené par le ministère des Pêches et des Océans du Canada entre 1955 et 1969, notamment au moyen d’un bateau équipé d’une lame acéré, seraient les principaux facteurs responsables de la disparition du pèlerin. Au moment de ce programme d’éradication, les pèlerins étaient considérés comme une nuisance pour les activités de la pêche commerciale au saumon, tant pour la pêche au filet maillant que pour la pêche à la traîne. Ce programme d’éradication visait à réduire ce facteur de nuisance.

À l’heure actuelle, la mortalité causée par les activités de pêche et les collisions avec les bateaux sont sans doute les facteurs qui menacent le plus les populations de pèlerins. Le pèlerin semble être le requin le plus vulnérable aux répercussions anthropiques. Parmi les caractéristiques qui rendent cette espèce vulnérable, mentionnons une arrivée tardive à maturité, un faible taux de fécondité, une longue période de gestation, de longues périodes entre les gestations, une faible productivité, une ségrégation des sexes, des habitats qui chevauchent des secteurs de pêche commerciale, des habitats situés à proximité du littoral, une présence à la surface de l’eau, l’absence de crainte par rapport aux bateaux et des populations naturellement petites.

La grande valeur des nageoires de requin pèlerin a encouragé un commerce lucratif vers les pays asiatiques.

Protection

Au Canada, l’espèce est protégée par des réglementations générales qui interdisent le commerce des nageoires de toute espèce de requin. La Loi sur les pêches confère aussi une protection à cette espèce. Les pèlerins font l’objet d’une surveillance au moyen de vols aériens réguliers dans les secteurs où ils abondaient dans le passé.

Il n’y a pas de marché pour les parties autres que les nageoires de requin au Canada, et par conséquent, l’espèce n’est pas directement exploitée. La capture ciblée des pèlerins est interdite dans les pays de l’Union européenne, aux États-Unis et en Nouvelle-Zélande. Le pèlerin est inscrit à la Liste rouge de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) à titre d’espèce vulnérable (Vulnerable), à l’échelle mondiale, d’espèce en péril (Endangered) dans l’Atlantique Nord-Est et dans le Pacifique Nord, et même d’espèce gravement en péril (Critically Endangered) dans la baie Barkley, en Colombie-Britannique.

Pour plus d'informations, visitez le Registre public des espèces en péril (LEP).

Requin pèlerin (Population du Pacifique)

Requin pèlerin

Crédit: National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA)

Nom scientifique : Cetorhinus maximus
Taxonomie: Poisson (marin)
Statut LEP : En voie disparition (2010)
Statut COSEPAC : En voie de disparition (2007)
Région : Océan Pacifique

Requin pèlerin - Crédit: Chris Gotschalk

Crédit : Chris Gotschalk

Le saviez-vous?

Les requins pèlerins perdent périodiquement leurs branchicténies (structures en forme brosses de poils à l’arrière de la cavité buccale servant à filtrer les aliments dans l’eau), et l’on pense qu’ils cesseraient de s’alimenter pendant qu’ils en régénèrent de nouvelles sur une période de 4 à 5 mois. Pendant cette période, leur foie massif, qui peut peser jusqu’à une tonne, leur sert de réserve métabolique capable de satisfaire leurs besoins énergétiques. De récents marquages ont largement démenti la théorie de longue date selon laquelle les pèlerins hiberneraient en eau profonde pendant l’hiver.

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