Baleine boréale (population de l’est du Canada et de l’ouest du Groenland)

Balaena mysticetus

Statut LEP
Aucun statut
AS
Préoccupante
P
Menacée
M
En voie de disparition
EVD
Disparue du pays
DP

Statut LEP

  • Aucun statut AS
  • Préoccupante P
  • Menacée M
  • En voie de disparition EVD
  • Disparue du pays DP
Statut COSEPAC
Non en péril
NP
Préoccupante
P
Menacée
M
En voie de disparition
EVD
Disparue du pays
DP

Statut COSEPAC

  • Non en péril NP
  • Préoccupante P
  • Menacée M
  • En voie de disparition EVD
  • Disparue du pays DP

Description

La baleine boréale (Balaena mysticetus) est un mysticète (baleine à fanons) de grande taille appartenant à la famille des balénidés. L'espèce est aussi appelée baleine franche boréale, baleine franche du Groenland et baleine du Groenland. Dans les langues autochtones du nord, la baleine boréale est connue sous les noms suivants : arviq ou arvik (inuktitut et inuvialuktun), agkhovik (inupiat), akhgvopik (yupik) et ittiv (tchouktche). Les baleines boréales présentent les caractéristiques suivantes:

  • Corps en forme de tonneau et très grosse tête (environ 30% de la longueur totale du corps) ;
  • La mâchoire supérieure décrit un arc prononcé vers le haut et porte en moyenne de chaque côté 330 fanons, pouvant atteindre une longueur totale de 427 cm ;
  • La couche de lard est épaisse, variant de 5.5 cm au menton à environ 28 cm sur la majeure partie du tronc, et atteint un maximum de 50 cm ;
  • Les nageoires pectorales sont petites et en forme de pagaie. Pas de nageoire dorsale ni de bosse dorsale ;
  • Les extrémités de la nageoire caudale se terminent en pointe ;
  • Les baleineaux ont une longueur de 4.0 à 4.5 m à la naissance et sont d'une couleur noire brunâtre ;
  • Les adultes sont de couleur noire avec des régions blanches.

Habitat

Les baleines boréales ont une répartition quasi circumpolaire dans l'hémisphère Nord; leur territoire s'étend des latitudes 54°N à 85°N. Des obstacles physiques comme des terres ou de la glace de mer infranchissable semblent avoir divisé la population mondiale de baleines boréales en quatre populations, dont deux se trouvent au Canada : la population des mers de Béring, des Tchouktches et de Beaufort et la population de l'est de l'Arctique et de l'ouest du Groenland. Par le passé, cette dernière était considérée comme deux populations distinctes. La zone d'occurrence de la population de l'est de l'Arctique et de l'ouest du Groenland couvre environ un million de km² et est considérée comme stable. Cette population de baleines boréales passe l'été dans l'ouest de la baie de Baffin, dans l'Extrême-Arctique canadien, dans la partie nord du bassin de Foxe et dans le nord-ouest de la baie d'Hudson. La migration automnale débute à la fin-août et en septembre et dure de deux à trois mois. On croit que les baleines boréales hivernent dans des régions où se trouve une banquise non consolidée comme dans le nord de la Baie d'Hudson, le détroit d'Hudson, le centre du détroit de Davis, le sud de la baie de Baffin et au large de la côte ouest du Groenland. Ces régions leur fournissent abris et protection contre la prédation.

Les baleines boréales se trouvent dans des eaux marines dont les conditions varient de la mer libre à la banquise épaisse et non consolidée. Avec la couronne de la tête, elles sont capables de briser la glace d'une épaisseur de plus de 20 cm pour respirer et elles savent naviguer sous de grandes étendues de banquise grâce à leur ouïe très développée. Elles croissent et se développent lentement et atteignent la maturité sexuelle vers l'âge de 25 ans. Les femelles croissent plus rapidement que les mâles et mettent bas environ une fois tous les trois ans durant la migration printanière. La gestation dure entre 12 et 16 mois. L'espérance de vie se situe entre 50 et 75 ans, certains exemplaires atteignant possiblement plus de 100 ans.

Les baleines boréales se nourrissent de zooplancton composé de crustacés, tels que des euphausiacés et des copécodes. Elles consomment également des organismes épibenthiques (mysidacés et amphipodes gammaridés). On a laissé entendre que la variabilité annuelle des observations de baleines boréales est liée à l'abondance et à la distribution du zooplancton.

Menaces

La chasse commerciale à la baleine était jadis la plus grande menace pour la baleine boréale et la principale raison pour laquelle l'espèce est en péril dans des parties de son aire de répartition. À l'heure actuelle, c'est peut-être l'épaulard (Orcinus orca) qui constitue la plus grande menace. On sait que les baleines boréales sont déplacées pendant de brèves périodes par l'activité industrielle comme l'exploration et l'exploitation pétrolières et gazières. Les effets à long terme possibles sont inconnus. Enfin, les facteurs climatiques, qui ont une influence sur l'état des glaces et sur l'abondance des proies, peuvent aussi avoir une incidence sur la survie ou la répartition.

Renseignements supplémentaires

Pêches et Océans Canada mène actuellement une recherche faisant appel aux connaissances traditionnelles et à des relevés scientifiques, pour confirmer et cartographier la répartition de la baleine boréale dans l'arctique. Ces renseignements nous permettront de faire progresser les connaissances sur la biologie, le cycle biologique et les caractéristiques importantes de l'habitat des espèces au Canada.

Pour un complément d'information, consultez le Profil de Registre public des espèces en péril (LEP).

Baleine boréale (population de l’est du Canada et de l’ouest du Groenland)

La baleine boréale (Balaena mysticetus)

Illustration par G. Kuehl
© Pêches et océans Canada

Nom scientifique : Balaena mysticetus
Statut selon la LEP : Aucun statut
Statut selon COSEPAC : Préoccupante (avril 2009)
Région : Nunavut, Québec (Arctique de l'Est)

Répartition de la baleine boréale (Population de l’est du Canada et de l’ouest du Groenland) telle que décrite dans les paragraphes suivants

Répartition de la baleine boréale (Population de l’est du Canada et de l’ouest du Groenland)

Le saviez-vous?

La baleine boréale a déjà constitué une part importante de la nourriture traditionnelle – et une ressource essentielle – des Inuits. La capture d'une baleine voulait dire nourriture, outils, équipement, abri, chaleur et lumière pour toute une collectivité. L'épaisse couche de graisse de la baleine était non seulement une excellente nourriture mais elle représentait la meilleure source d'huile pour éclairer et chauffer. Les côtes et les os de la mâchoire étaient utilisés comme supports pour le toit et les vertèbres comme des blocs pour couper et hacher. D'autres os servaient d'instruments et de patins de traîneau. Les phanons de la baleine servaient à retenir ensemble les traîneaux et les armatures de kayak. Une chasse de subsistance limitée et bien gérée a été récemment réintroduite tant dans la partie est que la partie ouest de l'océan Arctique en vertu d'ententes territoriales avec les peuples du Nunavut et de l'Inuvialuit. Cette chasse de petite envergure est rigoureusement gérée.

Renseignements connexes