Obovarie olivâtre

Obovaria olivaria

Statut LEP
Aucun statut
AS
Préoccupante
P
Menacée
M
En voie de disparition
EVD
Disparue du pays
DP

Statut LEP

  • Aucun statut AS
  • Préoccupante P
  • Menacée M
  • En voie de disparition EVD
  • Disparue du pays DP
Statut COSEPAC
Non en péril
NP
Préoccupante
P
Menacée
M
En voie de disparition
EVD
Disparue du pays
DP

Statut COSEPAC

  • Non en péril NP
  • Préoccupante P
  • Menacée M
  • En voie de disparition EVD
  • Disparue du pays DP

Description

L'obovarie olivâtre est l'une des 54 moules d'eau douce au Canada et l'une des deux seules moules du genre Obovaria au pays. Il s'agit d'une moule de petite à moyenne taille facilement reconnaissable par les caractéristiques suivantes :

  • coquille pratiquement ovale d'une longueur maximale de 7,5 cm;
  • coquille verte tirant sur le brun jaunâtre et virant au brun foncé au fil du temps;
  • minces rayons verdâtres souvent remarqués sur les coquilles des moules juvéniles;
  • intérieur de la coquille (nacre) habituellement blanc brillant et souvent irisé à l'arrière;
  • coquille plus épaisse à l'extrémité antérieure qu'à l'extrémité postérieure;
  • extrémité postérieure de la coquille en pointe chez les mâles et arrondie chez les femelles;
  • crochet s'élevant souvent au-dessus de la ligne cardinale vers l'extrémité antérieure de la coquille;
  • dents de la charnière complètes, épaisses et bien définies.

Habitat

Par le passé, l'obovarie olivâtre était largement répartie sur les fonds des grandes rivières du réseau hydrographique du fleuve Mississippi et du bassin des Grands Lacs et du Saint-Laurent. Même si son aire de répartition est encore assez vaste dans le réseau hydrographique du fleuve Mississippi aux États-Unis, l'obovarie olivâtre est en péril, voire disparue, dans la plupart des États américains bordant les Grands Lacs.

Au Canada, les populations sont maintenant présentes uniquement dans certaines rivières (et leurs affluents) du réseau hydrographique des Grands Lacs et du Saint-Laurent, du lac Huron au sud de l'Ontario jusqu'à Québec à l'est. Parmi ces rivières, on retrouve la rivière Mississagi, la rivière des Outaouais, le fleuve Saint-Laurent et la rivière Saint-François.

L'obovarie vit surtout dans les fonds sablonneux (substrats) de grandes rivières profondes (au moins 2 à 3 mètres) dont le courant est de modéré à rapide. Cette moule a une espérance de vie plutôt longue, soit de 7 à 14 ans.

Comme toutes les espèces de moules d'eau douce, l'obovarie olivâtre filtre la nourriture présente dans l'eau. Les bactéries et les algues sont ses principales sources d'alimentation.

L'obovarie olivâtre a une longue période de reproduction; le frai se produit à l'automne et la larve (glochidie) est libérée l'été suivant. Comme c'est le cas pour la plupart des autres moules d'eau douce, la glochidie mène une vie parasitaire sur les poissons, elle s'accroche aux branchies de l'hôte et y demeure pour se nourrir jusqu'à ce qu'elle devienne une moule juvénile autonome, après quoi elle se détache pour s'enfouir dans le substrat. L'obovarie olivâtre adulte est essentiellement sessile et peut se déplacer de quelques mètres seulement dans le substrat tout au long de sa vie.

Menaces

L'introduction des moules zébrées et quaggas dans les années 1980 et 1990 a exterminé l'obovarie olivâtre dans la rivière Detroit et le haut Saint-Laurent. Les moules envahissantes s'attachent aux coquilles des obovaries olivâtres par centaines, les empêchant ainsi de se nourrir, de respirer, de se déplacer et de se reproduire. Elles menacent encore à ce jour les populations restantes d'obovaries olivâtres. Les barrages le long des rivières où se trouvent les habitats de l'obovarie olivâtre constituent une autre menace importante, puisque le poisson hôte présumé de cette espèce, l'esturgeon jaune, est incapable de les franchir. Étant donné le déclin du nombre d'hôtes, les chances qu'un nombre suffisant de larves atteignent le stade autonome pour assurer le maintien de la population sont considérablement réduites. La pollution causée par l'industrie et l'agriculture menace aussi l'obovarie olivâtre et son hôte en compromettant la qualité de l'eau de l'habitat.

Renseignements supplémentaires

L'obovarie olivâtre a été désignée comme étant en voie de disparition par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Des consultations sur l'ajout de cette population à la Liste des espèces en péril ont eu lieu du 9 avril au 9 juin 2014. La recommandation d'inscription du gouverneur en conseil sera publiée dans la Gazette du Canada, Partie 1 (journal du gouvernement du Canada où sont publiés les lois et règlements) et sur le Registre public des espèces en péril.

Si l'espèce est inscrite en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), un programme de rétablissement ainsi que des plans d'action seront élaborés pour prévenir la disparition de l'obovarie olivâtre au Canada, au moyen notamment de la recherche, de l'intendance des ressources terrestres et hydriques, du suivi et des activités de sensibilisation. L'habitat essentiel de l'obovarie olivâtre sera également désigné en vertu de la LEP, permettant ainsi une meilleure protection et un meilleur rétablissement de l'habitat de cette espèce.

À l'échelle provinciale, l'obovarie olivâtre est classée comme une espèce en voie de disparition en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l'Ontario. On s'attend à ce qu'elle soit également reconnue d'après la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables du Québec.

Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter le Profil du Registre public des espèces en péril (LEP).

Obovarie olivâtre

Obovarie olivâtre

Obovarie olivâtre

Nom scientifique : Obovaria olivaria
Statut selon la LEP : Aucun statut
Statut selon le COSEPAC : En voie de disparition
Région : Ontario et Québec

Carte montrant la répartition de l’obovarie olivâtre au Canada

Carte montrant la répartition de l’obovarie olivâtre au Canada.

Image of inside and outside of the Hickorynut mussel shell.

Image de l’intérieur et l’extérieur de la coquille de l’obovarie olivâtre.
Crédit photo : Environnement Canada

Le saviez-vous?

Au début du XXe siècle aux États-Unis, on récoltait l'obovarie olivâtre en raison de sa coquille d'une grande valeur au sein de l'industrie de bouton en nacre

Les moules d'eau douce sont des mollusques au corps mou sans squelette, donc des invertébrés, qui vivent au fond des ruisseaux, des rivières, des lacs et des étangs. Elles utilisent leur pied musculeux pour creuser et nager et elles sont dotées d'une paire de coquilles articulées.

Le poisson qui joue le rôle d'hôte pour cette moule au Canada est l'esturgeon jaune (Acipenser fulvescens). En 2006, le COSEPAC a désigné l'esturgeon jaune de la région des Grands Lacs et du Saint-Laurent  « espèce menacée ».

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