Épioblasme ventrue

Epioblasma torulosa rangiana

Statut LEP
Aucun statut
AS
Préoccupante
P
Menacée
M
En voie de disparition
EVD
Disparue du pays
DP

Statut LEP

  • Aucun statut AS
  • Préoccupante P
  • Menacée M
  • En voie de disparition EVD
  • Disparue du pays DP
Statut COSEPAC
Non en péril
NP
Préoccupante
P
Menacée
M
En voie de disparition
EVD
Disparue du pays
DP

Statut COSEPAC

  • Non en péril NP
  • Préoccupante P
  • Menacée M
  • En voie de disparition EVD
  • Disparue du pays DP

Description

L’épioblasme ventrue (Epioblasma torulosa rangiana), aussi connue sous le nom de dysnomie ventrue jaune, fait partie des 54 espèces de moules d'eau douce du Canada. C'est une moule rare, colorée, de taille petite à moyenne, qui présente les caractéristiques suivantes :

  • L’extérieur de la coquille est de couleur brun-jaune à vert jaunâtre et est marqué de fins rayons verts et diffus;
  • L’intérieur de la coquille, c'est-à-dire la nacre, est blanc;
  • La coquille est visiblement plus épaisse à l'extrémité antérieure qu'à l'extrémité postérieure;
  • Les mâles sont de forme carrée alors que les femelles ont une forme plus ovale;
  • Le bord inférieur de la coquille, c'est-à-dire la marge ventrale, est dentelé chez les mâles et largement arrondi chez les femelles;
  • La partie en relief sur le dessus de la coquille (le sommet) présente de fins bourrelets doubles, s'élève au-dessus de la ligne de charnière et est modérément profonde;
  • Les dents triangulaires sont petites; les dents allongées sont passablement courtes et épaisses;
  • La longueur des adultes varie de 4,5 à 7,5 cm.

Habitat

L’épioblasme ventrue est l'un des derniers membres restants du genre Epioblasma; son aire de répartition en Amérique du Nord a diminué de 95 % au cours du dernier siècle. Au Canada, on la trouvait autrefois dans le bassin ouest du lac Érié, dans le lac Sainte-Claire et les rivières Detroit, Thames, Ausable et Sydenham. Aujourd'hui, l'aire de répartition se limite à un tronçon de 91 km dans la rivière East Sydenham et de 44 km dans la rivière Ausable. Toutefois, la population de la section East Sydenham est l'une des trois populations reproductrices connues dans le monde et est considérée comme étant la population d’épioblasme ventrue la plus saine au Canada.

L’épioblasme ventrue vit dans les zones de rapides bien oxygénées des rivières et des ruisseaux, sur les fonds rocheux et sablonneux (substrats) ou sur le sable bien tassé et le gravier, fin ou gros. Il s'agit d'une espèce sexuellement dimorphe (c'est-à-dire que les mâles et les femelles ont une apparence distincte) dont la durée de vie est modérément longue, soit de 15 ans ou plus. Tout porte à croire que le frai se produit à la fin de l’été et que les glochidies (larves) sont libérés le printemps suivant. Comme c'est le cas pour la plupart des autres moules d'eau douce, les glochidies de l’épioblasme ventrue mènent une vie parasitaire sur les poissons. Dans le cas présent, l’épioblasme ventrue femelle attire un poisson hôte, s'y accroche, puis libère des glochidies dans la bouche de ce dernier. Les glochidies s'accrochent ensuite au poisson hôte en passant dans ses branchies. Elles demeurent dans le poisson jusqu'à ce qu'elles deviennent des juvéniles autonomes, après quoi elles se détachent pour tomber sur le substrat. Les adultes sont essentiellement sessiles et leurs déplacements se limitent à quelques mètres parcourus le long du substrat. Les poissons hôtes de cette espèce de moule au Canada sont les suivants : le dard noir, le fouille-roche zébré, le dard à ventre jaune, le raseux-de-terre noir, le dard arc-en-ciel, l'épinoche à cinq épines et le chabot tacheté.

Comme toutes les espèces de moules d'eau douce, l’épioblasme ventrue filtre la nourriture présente dans l'eau. Elle se nourrit surtout de bactéries et d'algues.

Menaces

Les épioblasmes ventrues restantes vivent dans les zones municipales, industrielles et agricoles connaissant un développement important. Les principales menaces pesant sur l'espèce sont l'envasement et la pollution liée aux eaux de ruissellement. L'envasement, qui peut enfouir, étouffer et priver de nourriture les mollusques filtreurs, de même que la perturbation des habitats et la retenue des rivières endiguées, ont vraisemblablement déjà détruit la plus grande partie de l'habitat de l'espèce au cours du dernier siècle. Plus récemment, les populations de dysnomies ventrues jaunes des Grands Lacs ont été ravagées ou éliminées en raison de l'introduction et de la propagation de la moule zébrée et du gobie à taches noires. Toutefois, les populations restantes de la rivière East Sydenham et de la rivière Ausable ne sont pas encore menacées par ces espèces envahissantes. L’accès à des espèces hôtes convenables peut également représenter une menace pour l'espèce.

Renseignements supplémentaires

En vertu de la LEP, un programme de rétablissement et un plan d'action ont été élaborés dans le but d'empêcher la disparition de l’épioblasme ventrue au Canada, de maintenir et retrouver des populations saines et autosuffisantes dans les rivières Ausable et Sydenham et de réintroduire de telles populations dans la rivière Thames et le delta de la rivière Sainte-Claire.

Sources : Rapport de situation du COSEPAC sur L’épioblasme ventrue (Epioblasma torulosa rangiana) au Canada, Pêches et Océans Canada, 2010; Plan d'action pour la rivière Sydenham au Canada (proposition), Pêches et Océans Canada, 2012; Programme de rétablissement pour l'épioblasme ventrue, l’épioblasme tricorne, le pleurobème écarlate, la mulette du necture et la villeuse haricot au Canada (proposition), 2012; Metcalfe- Smith et al. 2005. Photo field guide to the freshwater mussels of Ontario; Staton, S.K. et al. 2000. Status of the Northern Riffleshell, Epioblasma torulosa rangiana, in Ontario and Canada. Canadian Field Naturalist. 114(2): 224-235.

Pour un complément d’information, consultez le Profil du Registre public des espèces en péril (LEP).

Épioblasme ventrue

Dysnomie ventrue jaune

Environnement Canada

Nom scientifique : Epioblasma torulosa rangiana
Statut en vertu de la LEP : En voie de disparition
Statut selon le COSEPAC : En voie de disparition
Région : Ontario

Carte montrant la répartition d'un épioblasme ventrue dans la sud-ouest de l'Ontario telle que décrite dans les paragraphes suivants

La carte montre la répartition d’un épioblasme ventrue. La carte indique les dossiers courantes et historiques dans la sud-ouest de l’Ontario.

Le saviez-vous?

Les moules d'eau douce sont des mollusques au corps mou sans squelette, donc des invertébrés, qui vivent au fond des ruisseaux, des rivières, des lacs et des étangs. Elles utilisent leur pied musculeux pour creuser et nager et elles sont dotées d'une paire de coquilles articulées. Ce sont des organismes filtreurs, c'est-à-dire des purificateurs d'eau naturelle, qui servent de nourriture à d'autres espèces de la faune comme les poissons, les loutres, les visons, les rats musqués et certains oiseaux. Les moules d'eau douce sont aussi l'une des espèces les plus menacées de disparition sur terre.

L'image d'un male (à gauche) et une femelle (à droite) épioblasme ventrue

Image d’un male (à gauche) et d'une femelle (à droite) épioblasme ventrue

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