Pleurobème écarlate

Pleurobema sintoxia

Statut LEP
Aucun statut
AS
Préoccupante
P
Menacée
M
En voie de disparition
EVD
Disparue du pays
DP

Statut LEP

  • Aucun statut AS
  • Préoccupante P
  • Menacée M
  • En voie de disparition EVD
  • Disparue du pays DP
Statut COSEPAC
Non en péril
NP
Préoccupante
P
Menacée
M
En voie de disparition
EVD
Disparue du pays
DP

Statut COSEPAC

  • Non en péril NP
  • Préoccupante P
  • Menacée M
  • En voie de disparition EVD
  • Disparue du pays DP

Description

Le pleurobème écarlate (Pleurobema sintoxia) est une des 54 espèces de moules d’eau douce au Canada et il appartient à la famille des unionidés. On ne connaît pas sa durée de vie, mais d’autres membres du genre peuvent vivre plus de 30 ans. Le pleurobème écarlate possède les caractéristiques suivantes :

  • Moule d’eau douce de taille moyenne à grande pouvant atteindre de 7,5 à 13 cm;
  • Les coquilles adultes sont d’un brun rougeâtre profond; les juvéniles sont d’un brun clair;
  • L’intérieur de la coquille est blanc (nacrée) ou rosé.
  • Habituellement, sa coquille est plutôt rectangulaire, relativement épaisse et solide avec une surface rugueuse;
  • La partie en relief sur le dessus de la coquille (bec) est comprimée, tournée vers l’avant, légèrement surélevée et projetée au-delà de la ligne d’articulation.

Habitat

En Amérique du Nord, l’aire de répartition s’étendait autrefois de l’État de New York et de l’Ontario, aux États du Dakota du Sud, du Kansas et de l’Oklahoma, et vers le Sud jusqu’aux États de l’Arkansas et de l’Alabama. En Ontario, l’espèce était présente dans les lacs Érié et Sainte- Claire ainsi que dans les rivières Detroit, Grand, Niagara, Sydenham, et Thames. Même si leur aire de répartition actuelle se rapproche de leur aire de répartition historique, les pleurobèmes écarlates ne sont plus très nombreux dans les rivières Grand et Thames; de petites populations reproductrices sont toujours présentes dans la rivière Sydenham et dans la zone du delta du lac Sainte-Claire.

Le pleurobème écarlate vit dans tout un éventail d’habitats, allant de petites rivières dans des zones de débit modéré avec des substrats de gravier, de galets et de blocs rocheux (fond) à des rivières plus larges dans la vase, le sable ou le gravier à des profondeurs variables. La saison de reproduction commence au début du mois de mai et se termine à la fin de juillet; les larves (glochidies) sont libérées avant l’hiver. Comme c’est le cas pour la plupart des autres moules d’eau douce, les glochidies du pleurobème écarlate mènent une vie parasitaire sur les poissons, puisque les glochidies s’accrochent aux branchies du poisson hôte et y demeurent jusqu’à ce qu’elles deviennent des juvéniles autonomes et qu’elles se détachent pour tomber sur le substrat. Les pleurobèmes écarlates adultes sont essentiellement sessiles et il se peut qu’ils ne se déplacent que de quelques mètres sur le fond des rivières ou des lacs.

Les poissons hôtes de cette espèce de moule au Canada sont : le méné bleu (Cyprinella spiloptera), le ventre rouge du nord, (Phoxinus eos), le ventrepourri (Pimephales notatus), le crapet arlequin (Lepomis macrochirus) et le roule-caillou (Campostoma anomalum).

Comme toutes les espèces de moules d’eau douce, le pleurobème écarlate filtre la nourriture présente dans l’eau et se nourrit surtout de bactéries et d’algues.

Menaces

L’introduction et la propagation de la moule zébrée (Dreissena polymorpha) partout dans les Grands Lacs ont eu des répercussions graves sur le pleurobème écarlate des lacs Érié et Sainte-Claire ainsi que des rivières Detroit et Niagara, qui ont vu leurs populations se réduire ou même disparaître. La perte d’habitat et la diminution de la qualité de l’eau en raison de l’envasement et la pollution constituent toujours une menace pour cette espèce, car ses populations se trouvent dans des zones fortement peuplées marquées par de mauvaises pratiques agricoles et urbaines en matière d’utilisation des terres. Autrefois, on pêchait le pleurobème écarlate pour l’industrie du bouton en nacre et on s’en sert maintenant dans l’industrie des perles de culture. La pêche commerciale est interdite au Canada et dans la plupart des États-Unis, ce qui fait du braconnage une menace potentielle pour cette espèce de moule à l’avenir.

Renseignements supplémentaires

En vertu de la LEP, un programme de rétablissement et un plan d'action ont été élaborés dans le but d'empêcher la disparition du pleurobème écarlate au Canada, de maintenir et retrouver des populations saines et autosuffisantes dans la rivière Sydenham, le ruisseau Bear, et la zone du delta du lac Sainte-Claire et de réintroduire de telles populations dans les rivières Thames et Grand.

Des activités de recherche, de gérance des terres et de l'eau, de surveillance et de sensibilisation sont en cours. Une législation provinciale qui réglemente les nutriments agricoles et protège l'eau saine en Ontario a été promulguée. L'habitat essentiel du pleurobème écarlate a également été désigné en vertu de la LEP, ce qui permet une meilleure protection et un meilleur rétablissement de l'habitat de cette espèce.

Pour un complément d’information, consultez le Profil du Registre public des espèces en péril (LEP).

Pleurobème écarlate

Pleurobème écarlate

Pleurobema sintoxia
Crédit photo : Environnement Canada

Nom scientifique : Pleurobema sintoxia
Statut selon la LEP : En voie de disparition
Statut selon COSEPAC
: En voie de disparition
Région : Ontario

Répartition du pleurobème écarlate telle que décrite dans les paragraphes suivants

La carte montre la répartition d’un pleurobème écarlate. La carte indique les sites courants et historiques dans la sud-ouest de l’Ontario.

Le saviez-vous?

Les moules d’eau douce sont des mollusques au corps mou sans squelette, donc des invertébrés, qui vivent au fond des ruisseaux, des rivières, des lacs et des étangs. Elles utilisent leur pied musculeux pour creuser et nager et elles sont dotées d’une paire de coquilles articulées. Ce sont des organismes filtreurs, c’est-à-dire des purificateurs d’eau naturelle, qui servent de nourriture à d’autres espèces de la faune comme les poissons, les loutres, les visons, les rats musqués et certains oiseaux. Les moules d’eau douce sont aussi l’une des espèces les plus menacées de disparition sur terre.

Pleurobème écarlate

Janice Smith (Environment Canada)

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