Saumon de l’Atlantique (population de l’intérieur de la baie de Fundy)

Salmo salar

Statut LEP
Aucun statut
AS
Préoccupante
P
Menacée
M
En voie de disparition
EVD
Disparue du pays
DP

Statut LEP

  • Aucun statut AS
  • Préoccupante P
  • Menacée M
  • En voie de disparition EVD
  • Disparue du pays DP
Statut COSEPAC
Non en péril
NP
Préoccupante
P
Menacée
M
En voie de disparition
EVD
Disparue du pays
DP

Statut COSEPAC

  • Non en péril NP
  • Préoccupante P
  • Menacée M
  • En voie de disparition EVD
  • Disparue du pays DP

Description

Le saumon de l’Atlantique (Salmo salar) est une espèce de poisson à nageoires présentant un corps semblable à celui d’une truite et appartenant à la famille des salmonidés. La coloration et l’apparence physique du saumon de l’Atlantique varient en fonction de son âge et du milieu aquatique. Les principales caractéristiques du saumon de l’Atlantique sont les suivantes :

  • les jeunes saumons qui vivent dans l’eau douce, appelés tacons, présentent 8 à 11 barres verticales sombres sur leurs flancs, avec un point rouge entre chaque barre;
  • les saumoneaux (d’environ 15 cm) qui quittent l’eau douce pour pénétrer dans la mer perdent leurs marques de tacon et prennent une couleur argentée;
  • salmonidé de taille moyenne ayant une tête pointue, des dents bien développées sur les deux mâchoires et une nageoire caudale légèrement fourchue;
  • le saumon adulte a un corps aplati latéralement (aplati d’un flanc à l’autre) qui mesure en moyenne 60 cm de longueur pour un saumon ayant passé un hiver en mer (grilse);
  • le saumon adulte a un ventre argenté; la couleur du dos varie du brun au bleu, en passant par le vert, avec de nombreuses taches noires parsemées le long de la moitié supérieure du corps;
  • au moment du frai, les saumons de l’Atlantique mâles et femelles adultes deviennent bronze-mauve et affichent des taches rougeâtres sur la tête et le corps; et,
  • durant la période de frai, les mâles reproducteurs développent un crochet que l’on appelle museau au bout de leur mâchoire inférieure.

La population de saumons de l’Atlantique de l’intérieur de la baie de Fundy (saumons de l’IBF) est génétiquement différente des autres populations de saumon de l’Atlantique (parfois appelées unités désignables) et présente certaines caractéristiques du cycle biologique uniques, notamment une grande proportion d’individus matures au stade de grilse après un hiver en mer, une proportion élevée de femelles parmi les grilses, un taux de survie élevé après le frai et une migration locale.

Habitat

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a répertorié 16 différentes populations de saumon de l’Atlantique en fonction des différences dans la génétique, des stratégies du cycle biologique, de la répartition et des facteurs environnementaux. L’aire de répartition de la population de saumons de l’IBF comprend 50 rivières qui se jettent dans l’intérieur de la baie de Fundy, de la rivière Mispec (au nord-est du fleuve Saint-Jean, au N.-B.) jusqu’à la rivière Pereaux (dans le bassin Minas, au nord-est de la rivière Annapolis, en N.-É.) [zone en vert clair à la figure 1]. Par le passé, le saumon sauvage de l’Atlantique se trouvait dans 32 à 42 rivières de cette zone, mais ce chiffre a fortement baissé pour ne représenter que quelques rivières au cours des dernières années.

Le saumon de l’IBF, comme tous les saumons de l’Atlantique, a besoin de divers habitats marins, estuariens et d’eau douce pour compléter son cycle de vie. Les saumons de l’Atlantique sont des poissons anadromes, ce qui signifie qu’ils reproduisent en eau douce, mais qu’ils passent la plus grande partie de leur vie en mer. Les saumons de l’IBF migrent localement, séjournant principalement dans la baie de Fundy et le nord du golfe du Maine, contrairement aux autres populations de saumons de l’Atlantique qui ont comme caractéristique d’entreprendre de longues migrations.

Les saumons de l’IBF fraient généralement dans leur rivière d’origine au cours des moins d’octobre et de novembre. Avec leur queue, les femelles creusent un nid que l’on appelle « sillon » dans les graviers qui se trouvent dans le lit du cours d’eau. Elles choisissent des zones se trouvant en amont de rapides (zones d’un cours d’eau où les eaux sont peu profondes et présentent un débit élevé) ou en aval d’une fosse pour y déposer leurs œufs. Les mâles viennent ensuite féconder les œufs avec leur laitance. Après le frai, les adultes survivants (appelés charognards) retournent immédiatement en mer ou peuvent rester dans la rivière pendant l’hiver pour migrer vers la mer au printemps.

Les œufs se développent dans le nid pendant l’hiver et éclosent généralement en avril. Les jeunes saumons, appelés alevins, demeurent dans le gravier et obtiennent la nourriture nécessaire à partir de la vésicule vitelline qu’ils portent jusqu’au mois de mai ou de juin. Les jeunes saumons de l’IBF, appelés tacons, vivent et grandissent dans les cours d’eau pendant deux à quatre ans. Lorsque ces tacons sont prêts à migrer vers l’océan, ils subissent un changement physiologique qui leur permettra de vivre dans l’eau de mer et prennent la couleur argentée du saumon adulte. La migration vers la mer peut commencer à l’automne, mais l’entrée concrète dans l’eau de mer a normalement lieu en mai ou en juin. La plupart des individus deviennent matures après un hiver en mer (et sont appelés madeleineaux) avant de retourner vers leur cours d’eau d’origine. Le régime alimentaire du saumon de l’Atlantique se compose de crustacés et de petits poissons.

Lorsque les saumons de l’Atlantique se trouvent dans de l’eau douce, ils préfèrent les cours d’eau naturels avec des rapides et des fosses, et un fond de gravier où les larves peuvent se cacher des prédateurs, ainsi que des eaux froides exemptes de pollutions chimiques et organiques.

Les préférences des saumons de l’Atlantique de l’IBF en matière d’habitat marin au sein de la baie de Fundy sont moins bien connues. Lorsqu’ils traversent la baie de Fundy et le nord du golfe du Maine ou y séjournent, entre le mois de mai et le mois d’octobre, ces saumons préfèrent des températures relativement stables, à savoir des températures comprises entre 1 ℃ et 13 ℃ toute l’année.

En 2010, on a désigné dix rivières au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse abritant l’habitat essentiel en eau douce du saumon de l’IBF, en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) : Gaspereau, Stewiacke, Debert, Folly, Great Village, Portapique, Economy, Upper Salmon, Point Wolfe et Big Salmon. Dans le cas des parties de l’habitat essentiel situées dans le parc national Fundy (notamment les parties des rivières Point Wolfe et Upper Salmon situées à l’intérieur du parc), la protection juridique contre la destruction a été accordée en novembre 2010, au moment de la publication d’une description de l’habitat essentiel. Dans le cas des huit autres rivières et parties des rivières Point Wolfe et Upper Salmon situées à l’extérieur du parc national Fundy, l’habitat essentiel est protégé contre la destruction en vertu de la loi, au moyen d’un arrêté en conseil visant la protection de l’habitat essentiel.

Menaces

Même si les impacts historiques sur l’habitat en eau douce ont pu contribuer au déclin de cette espèce et à sa situation actuelle, de plus en plus d’éléments probants donnent à penser que le rétablissement du saumon de l’IBF est principalement limité par un faible taux de survie en mer plutôt que par une incapacité à se reproduire et à survivre dans les rivières et les cours d’eau douce. L’origine de ce faible taux de survie en mer est inconnue. Les principales menaces en mer comprennent les interactions avec des saumons d’élevage et d’écloserie, les changements chez les proies et les prédateurs ou l’abondance de ces espèces, les changements environnementaux et la pêche.

Les principales menaces en eau douce comprennent les changements des conditions environnementales, les contaminants, les obstacles au passage du poisson et les phénomènes associés à la diminution des populations (résultat du comportement anormal dû à une faible abondance ou à une consanguinité).

Quoiqu’on croie que les menaces dans l’océan sont les principales menaces visant le rétablissement du saumon de l’IBF, les menaces en eau douce pourraient également avoir une incidence.

Renseignements supplémentaires

Le saumon de l’IBF a été inscrit en 2003 en tant qu’espèce en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) fédérale. L’espèce et son habitat sont protégés en vertu de la LEP et de la Loi sur les pêches fédérale. Les saumons de l’IBF résidant dans le parc national Fundy, au Nouveau-Brunswick, sont également protégés par la Loi sur les parcs nationaux du Canada.

Par le passé, le saumon de l’Atlantique soutenait un éventail de pêches autochtones, récréatives et commerciales importantes sur les plans économique et culturel. Cette espèce, considérée par le grand public comme un indicateur de la bonne santé du milieu naturel et vue par la plupart des habitants du Canada atlantique comme un symbole naturel important, reste culturellement importante pour les collectivités locales de toute la région.

Pêches et Océans Canada et l’Agence Parcs Canada ont élaboré conjointement un programme de rétablissement comprenant la désignation de l’habitat essentiel (habitat nécessaire à la survie et au rétablissement de l’espèce) du saumon de l’IBF, en collaboration avec l’équipe du programme de rétablissement du saumon de l’intérieur de la baie de Fundy, qui est établie depuis longtemps et qui regroupe de multiples intervenants. Le but général du rétablissement est de reconstituer les populations sauvages et autonomes de façon à conserver les caractéristiques génétiques du saumon anadrome restant de l’intérieur de la baie de Fundy. Un plan d’action a été créé pour appuyer la mise en œuvre du programme de rétablissement.

Un programme de banque de gènes vivants comprenant la reproduction et l’élevage en captivité de saumons de l’IBF a été lancé en 1998 pour réduire la probabilité de disparition de cette espèce (perte totale de l’ensemble des saumons de l’IBF). Ce programme cherche à minimiser la perte des différences génétiques que l’on retrouve chez la population de saumons de l’Atlantique de l’IBF tout en réduisant la probabilité d’une domestication (perte des comportements sauvages des individus en captivité). Plusieurs populations importantes des rivières de l’intérieur de la baie de Fundy trouvent refuge et protection au Centre de biodiversité de Coldbrook, en Nouvelle-Écosse, et au Centre de biodiversité de Mactaquac, au Nouveau-Brunswick. En outre, un certain nombre de projets connexes de marquage ont été lancés par Pêches et Océans Canada et l’Agence Parcs Canada pour assurer le suivi du profil migratoire des saumons de l’IBF lorsqu’ils quittent les rivières tout en comprenant mieux leurs habitudes migratoires en mer. De nombreuses autres activités de rétablissement, entreprises tant par le gouvernement que par des organisations non gouvernementales, se déroulent actuellement. Ces activités comprennent :

  • des activités continues de recherche scientifique et de surveillance;
  • la mise en œuvre d’un programme de banque de gènes vivants de saumons affichant un degré de parenté élevé avec les ascendants ainsi que d’un projet d’élevage en milieu marin pour les rivières du parc national Fundy;
  • la mise en œuvre de mesures de gestion et de protection de l’habitat et des espèces;
  • de nombreuses activités d’intendance et de sensibilisation dans les bassins hydrographiques locaux.

Par exemple, des groupes de conservation et de Premières Nations ont formé un partenariat à la suite de l’ouverture du pont-jetée, au printemps 2010, en vue de mener des activités d’intendance dans l’importante rivière Petitcodiac, au Nouveau-Brunswick, notamment pour mener des efforts de restauration du bassin hydrographique et de rétablissement des espèces qu’elle a toujours abritées, comme saumon de l’IBF.

Pour en savoir plus sur le saumon de l’IBF et pour avoir accès aux documents sur son rétablissement, consultez le Registre public des espèces en péril.

Saumon de l’Atlantique (population de l’intérieur de la baie de Fundy)

Saumon atlantique. Illustration par Jeffrey C. Domm

Saumon atlantique. Illustration par Jeffrey C. Domm

Nom scientifique : Salmo salar
Taxonomie : Poisson (marin/anadrome)
Statut selon la LEP : En voie de disparition (2003)
Statut selon le COSEPAC : En voie de disparition (2001, 2006, 2010)
Région : Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick, baie de Fundy, golfe du Maine

Région

Région : Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick, baie de Fundy, golfe du Maine

Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick, baie de Fundy, golfe du Maine

Figure 1. Aire de répartition de la population de saumons de l’IBF (vert clair) par rapport aux trois autres populations de saumons de l’Atlantique dans la région des Maritimes : population de l’extérieur de la baie de Fundy (orange), population des hautes terres du Sud (bleu), population de l’est du Cap-Breton (vert foncé).

Figure 1. Aire de répartition de la population de saumons de l’IBF (vert clair) par rapport aux trois autres populations de saumons de l’Atlantique dans la région des Maritimes : population de l’extérieur de la baie de Fundy (orange), population des hautes terres du Sud (bleu), population de l’est du Cap-Breton (vert foncé).

Credit photo : Nigel Fearon

Credit photo : Nigel Fearon

Le saviez-vous?

Le saumon de l’Atlantique (Salmo salar) est également appelé « le sauteur » et le roi des poissons, principalement en raison de sa capacité à franchir et à remonter les chutes.

Credit photo : MPO Maritimes

Credit photo : MPO Maritimes

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