Bar rayé (population de la baie de Fundy)

Morone saxatilis

Statut LEP
Aucun statut
AS
Préoccupante
P
Menacée
M
En voie de disparition
EVD
Disparue du pays
DP

Statut LEP

  • Aucun statut AS
  • Préoccupante P
  • Menacée M
  • En voie de disparition EVD
  • Disparue du pays DP
Statut COSEPAC
Non en péril
NP
Préoccupante
P
Menacée
M
En voie de disparition
EVD
Disparue du pays
DP

Statut COSEPAC

  • Non en péril NP
  • Préoccupante P
  • Menacée M
  • En voie de disparition EVD
  • Disparue du pays DP

Au sujet du Bar rayé

Le bar rayé a déjà été un poisson important sur le plan commercial dans l’est du Canada et les pêcheurs à la ligne l’apprécient encore beaucoup. L’espèce est anadrome – elle fraye en eau douce et dévale ensuite vers les eaux saumâtres puis salées pour s’y alimenter et croître. Le dos du bar rayé est vert olive foncé ou noir, ses flancs, pâles ou argentés, et son ventre, blanc. Il porte sur les flancs sept ou huit bandes horizontales foncées. L’espèce jouit d’une longévité qui atteindrait 30 ans. Le plus gros spécimen capturé mesurait 1,8 m, mais, en eaux canadiennes, la taille maximale plafonne à moins de 1 m.

Répartition

L’aire de répartition naturelle du bar rayé couvre la côte est de l’Amérique du Nord, de l’estuaire du Saint-Laurent à la rivière St. Johns, dans le nord-est de la Floride. Des populations indigènes de bar rayé ont aussi existé dans des cours d’eau tributaires du golfe du Mexique, de la rivière Suwannee, au nord-ouest de la Floride, au lac Pontchartrain, en Louisiane.

Il existe des preuves historiques de la reproduction du bar rayé dans cinq rivières de l’est du Canada : l’estuaire du Saint-Laurent, la rivière Miramichi, dans le sud du golfe du Saint-Laurent, et les rivières Saint-Jean, Annapolis et Shubenacadie, dans la baie de Fundy. Le bar rayé se reproduit encore aujourd’hui dans les rivières Miramichi (sud du Golfe) et Shubenacadie (baie de Fundy). La baie de Fundy accueille également des bars migrateurs qui se reproduisent dans des rivières américaines.

L’espèce a été introduite sur la côte américaine du Pacifique à la fin des années 1800 et s’y est établie. On l’a ensemencée dans de nombreux lacs et réservoirs du sud des États Unis pour favoriser la pêche sportive.

Habitat

L’espèce est typiquement associée aux estuaires et aux eaux côtières. La présence d’une population abondante de bar rayé constitue un indicateur du bon état d’une rivière et de son estuaire : l’espèce requiert des habitats de reproduction et d’alevinage en bonne condition et une faune aquatique abondante pour son alimentation. Le bar rayé constitue un élément important de la biodiversité des milieux aquatiques.

Chez le bar rayé, la fraye a lieu en eau douce et parfois saumâtre. L’incubation des œufs et le développement des larves, puis des jeunes de l’année, correspondent à une descente graduelle vers la mer, où les jeunes s’alimentent et grossissent pendant quelques années avant d’atteindre la maturité.

Les populations canadiennes ont la particularité d’entrer en rivière pour hiverner, afin de se soustraire aux basses températures de l’océan.

Le bar rayé peut vivre en eau douce et, dans certains cas, y compléter son cycle vital, mais aucune population dulcicole n’existe au Canada.

Biologie

L’élévation de la température de l’eau au printemps déclenche le déplacement des reproducteurs vers les frayères en eau douce ou légèrement saumâtre. La fraye peut durer trois ou quatre semaines, quand le nombre de reproducteurs est élevé. Elle a lieu au crépuscule, lorsque la température de l’eau s’élève au dessus de 10ºC. Les œufs restent en suspension dans la colonne d’eau pendant deux ou trois jours avant d’éclore. La survie des larves dépend de l’abondance du zooplancton (minuscules organismes qui vivent dans la colonne d’eau). La vie larvaire peut durer de 35 à 50 jours; elle se termine avec la métamorphose en juvénile, à 20 mm environ.

Les jeunes de l’année migrent vers l’aval en été, et continuent à s’alimenter et à grossir dans les baies côtières et les estuaires. Les individus plus âgés migrent le long de la côte à la recherche de proies, en particulier des juvéniles du hareng, de l’éperlan et du poulamon. À l’automne, les populations canadiennes de bar rayé entrent en rivière pour y hiverner en eau douce ou saumâtre; ce comportement semble avoir pour fonction de se soustraire aux basses températures de l’océan.

En général, la première maturation ne se produit pas avant trois ans chez les mâles et quatre, cinq ou même six ans chez les femelles. Le bar rayé est un poisson prolifique; la fécondité des femelles varie de 50 000 à 1,5 million d’œufs.

Menaces

Par le passé, trois rivières se déversant dans la baie de Fundy abritaient des populations de bar rayé, mais l’échec répété de la fraye a mené à la disparition des populations reproductrices de la rivière Annapolis et de la rivière Saint Jean. Ces échecs ont été causés par la diminution du débit de l’eau et par la mauvaise qualité de l’eau. Dans la population de la rivière Shubenacadie, la seule population reproductrice qui reste dans la baie de Fundy, la présence dans les aires d’hivernage d’une espèce introduite, le brochet maillé, représente peut être une menace. Une autre menace qui pèse sur cette population est due aux prises accessoires de diverses pêches commerciales.

Voici plus de détails :

Rivière Annapolis La rivière Annapolis ne montre aucune évidence de fraye ou de recrutement depuis 1976. La pollution agricole, les pesticides ou la baisse du pH pourraient avoir affecté la survie des œufs et des larves. La construction du pont jetée d’Annapolis Royal, près de l’embouchure de la rivière, peut aussi avoir entraîné la modification de l’habitat d’incubation et d’alevinage, ce qui aurait affecté davantage le recrutement. Une pêche sportive du bar rayé est pratiquée au pied du pont jetée en été et en automne.

Rivière Saint-Jean La population de la rivière Saint-Jean alimentait des pêches sportive et commerciale. Une pêche commerciale hivernale du bar rayé a débuté dans la baie Belleisle en 1930; elle a été interdite en 1978, lorsque des études ont démontré l’absence de recrutement et confirmé que la population était en déclin. La dernière preuve de fraye date de 1979. Comme dans le cas de la rivière Annapolis, les modifications de l’habitat d’alevinage résultant de la construction d’ouvrages de retenue (le barrage Mactaquac a été construit en 1967) et la pollution peuvent avoir nui à la survie des œufs et des larves.

Rivière Shubenacadie Aujourd’hui, la rivière Shubenacadie abrite une population relativement stable de bar rayé. Les reproducteurs frayent dans la rivière Stewiacke, un affluent de la Shubenacadie. Les données de pêche sportive pratiquée d’avril à juin suggèrent qu’il s’est produit une baisse de l’abondance entre 1950 et 1975. Les premières estimations des effectifs de cette population tirées de récents relevés et programmes de marquage donnent à penser que la population est stable. Les bars de la rivière Shubenacadie remontent cette rivière pour hiverner dans le lac Grand, où on peut les prendre illégalement dans le cadre de la pêche blanche de l’éperlan.

Protection existante

Le bar rayé est protégé à l’heure actuelle en vertu de la Loi sur les pêches. Aucune pêche commerciale du bar rayé n’est pratiquée dans les eaux des provinces Maritimes, mais il peut faire l’objet de prises accessoires dans le cadre de pêches commerciales, telles la pêche commerciale du gaspareau et de l’anguille en eaux intérieures et les pêches aux filets maillants, à la trappe et à la fascine le long de la côte. Les mesures de gestion de la pêche sportive, réglementée au titre de la Loi sur les pêches, comprennent des limites quotidiennes des prises, des restrictions sur les engins, des limites de taille minimum et des fermetures saisonnières.

La pêche sportive du bar rayé est permise à l’année dans les eaux à marée de la baie de Fundy et le long de la côte atlantique de la Nouvelle-Écosse. En eaux intérieures, elle est permise durant des périodes fixes en été, sauf dans les eaux se déversant dans le golfe du Saint Laurent et le détroit de Northumberland, où elle est interdite.

Profil du Registre public des espèces en péril

Bar rayé (population de la baie de Fundy)

Bar rayé

Illustration : Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs

Nom scientifique : Morone saxatilis
Statut d’après la LEP : Aucun statut
Statut d'après le COSEPAC : En voie de disparition
Région : Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse

Crédit photo : Biodôme de Montréal

Crédit photo : Biodôme de Montréal

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