Retour de la lampsile fasciolée

L’augmentation du nombre de lampsiles fasciolées témoigne des réussites en gestion des eaux

La lampsile fasciolée, jadis considérée comme une espèce en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en péril, a été aperçue en nombres si prometteurs qu’on a réévalué sa situation en 2010 en vue d’un changement à une catégorie de moindre risque.

« C’est certainement un bon signe, » fait remarquer Todd Morris, chercheur scientifique de Pêches et Océans Canada (MPO). « C’est une indication directe d’une amélioration de la qualité de l’eau. »

La lampsile fasciolée est un organisme des grandes profondeurs que l’on retrouve dans les lacs et les rivières de l’Ontario. Elle peut vivre jusqu’à 33 ans et survit à l’origine en se fixant aux branchies de l’achigan et en se nourrissant de ses substances nutritives pendant les premières semaines – sans aucune conséquence désastreuse pour le poisson. La lampsile se sert d’un appât visuel pour attirer l’achigan; l’eau claire est donc essentielle à sa survie, qui profite à l’ensemble de l’écosystème aquatique.

Les lampsiles ont une incidence importante sur l’écosystème, à bien des égards. Pour commencer, ce sont des filtres biologiques qui aident à épurer l’eau. Une seule moule peut filtrer jusqu’à 40 litres d’eau par jour. « Multipliez cela par les milliers de moules individuelles et vous obtenez un impact assez important », a souligné M. Morris. Ensuite, elles assurent la stabilité physique du fond des rivières, elles empêchent l’érosion et elles fournissent un important habitat à d’autres espèces. Enfin, les lampsiles sont un excellent indicateur de la santé aquatique; en effet, comme ce sont des créatures particulièrement vulnérables, elles sont habituellement parmi les premières à disparaître d’un écosystème insalubre. Leur nombre accru est donc certainement une bonne raison de se réjouir.

Soutenus par un plus grand financement grâce à la désignation initiale d’espèce en péril, les chercheurs ont été en mesure d’étudier plus à fond et de mieux comprendre les populations de lampsiles fasciolées, et ont été ravis de les trouver en nombres plus importants. Des chercheurs du MPO à la rivière Grand de l’Ontario se sont associés à un tournoi de pêche à l’achigan en 2006 et ont été étonnés de constater que 45 % des achigans à petite bouche rapportés par les pêcheurs transportaient des moules immatures.

« Ces chiffres sont de bon augure, » a affirmé M. Morris. « Dans l’ensemble, c’est un bon signe pour l’écosystème. »