Plans de rétablissement

Quand une espèce est placée sur la liste de protection en vertu de la Loi sur les espèces en péril comme animal en voie de disparition ou menacé de l’être, des stratégies de rétablissement et des plans d'action doivent être élaborés.

Stratégies de rétablissement

Les stratégies de rétablissement sont préparées par des équipes spécialisées composées d'experts techniques provenant d'universités, de groupes de conservation, de l'industrie et du gouvernement. Ces équipes passent en revue l'information sur chaque espèce et tiennent compte de l'écosystème global dans lequel ces espèces résident. Au besoin, la portée de ces stratégies peut être étendue pour inclure la protection d'écosystèmes entiers et non seulement les espèces individuelles.

Les parties qui peuvent être engagées dans l'élaboration des stratégies de rétablissement comprennent les ministres des gouvernements fédéral, le provincial et territorial, les Conseils de gestion de la faune, les associations autochtones, les propriétaires terriens et les preneurs à bail.

Les stratégies de rétablissement donnent un aperçu des objectifs à court et à long terme pour la protection et le rétablissement des espèces en péril. Elles :

Ces stratégies doivent être terminées au plus tard un an après l’inscription d'une espèce en voie de disparition sur la liste, ou au plus tard deux ans après l'inscription sur la liste pour les espèces menacées ou disparues du Canada.

Plans d'action

Les plans d'actions sont créés une fois que les stratégies de rétablissement sont terminées. Ils résument les projets et les activités pour répondre aux objectifs de la stratégie de rétablissement; ils contiennent l'information sur l'habitat, des informations détaillées sur les mesures de protection, ainsi que les coûts et bénéfices socio-économiques.

Pour être plus précis, le plan d'action comprend :

Similaire aux stratégies de rétablissement, les plans d'action sont des documents dynamiques qui peuvent être modifiés par la suite.

La stratégie de rétablissement de la rivière Sydenham est un excellent exemple d'une approche écosystémique pour le rétablissement d'espèces en péril. La stratégie de rétablissement des bassins hydrologiques à multiples espèces est considérée comme une première au Canada. Une fois mise au point, la stratégie pourrait être utilisée comme modèle dans des situations de conservation semblables dans d'autres écosystèmes aquatiques.

Description de la rivière Sydenham

Crédit photo : L'équipe de rétablissement de la rivière Sydenham

Le bassin hydrologique de la rivière Sydenham fait partie du système de drainage du lac Ste Clair dans le sud, ouest de l'Ontario. Le système, qui s'étend sur 100 kilomètres, avec une largeur moyenne de 38 kilomètres et un drainage total de 2 735 kilomètres carrés, abrite au moins 80 espèces de poisson et 34 espèces de moules d'eau douce.

L’aire de distribution canadienne de ces poissons et ces moules est restreinte à la rivière Sydenham, créant ainsi un écosystème unique que plusieurs chercheurs considèrent comme un trésor biologique. Pourtant, cinq des espèces de moules sont en péril, deux espèces de poisson et un reptile sont menacés et plusieurs autres poissons de ce système sont dans une situation préoccupante selon le COSEPAC.

La menace

La moule zébrée des Grands Lacs a décimé les populations de moules indigènes, leur laissant comme dernier refuge les ruisseaux affluents. Mais ces ruisseaux affluents, comme le bassin hydrologique de la rivière Sydenham, ont été dégradés par l'activité humaine. Pour la plupart des espèces de la rivière Sydenham, la principale menace est l'envasement et la turbidité associée par l’activité agricole et les altérations du rivage.

Ce qui est fait

La stratégie de rétablissement de la rivière Sydenham fait partie d'une stratégie établie sur six ans (1999-2005) qui implique des études sur le terrain pour retracer les espèces de moules et de poisson en péril, la création d'une base de données sur la géographie du bassin hydrologique et la collecte et la synthèse d'information sur la l'utilisation de la terre et la qualité de l'eau dans ce secteur. Ces renseignements sont utilisés pour aider à orienter les initiatives d'administration de l'habitat, initiatives qui sont efficaces au niveau des coûts même face à la complexité de la conservation de la communauté aquatique.