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Plan de rétablissement: Morue franche (Gadus morhua) Divisions 4T et 4Vn de l’OPANO

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Sommaire

Le stock de morue franche dans le sud du golfe du Saint-Laurent (sGSL), dans les divisions 4T et 4Vn de l’Organisation des pêches de l’Atlantique Nord-Ouest (OPANO), est demeuré dans la zone critique du cadre de l’approche de précaution (AP) depuis 2005. La surpêche était la principale cause du déclin rapide de l’abondance au début des années 1990. Même si l’effort de pêche commerciale a été réduit en 1993, l’augmentation de la mortalité naturelle et la persistance de petites captures ont entraîné un déclin continu. La mortalité naturelle extrêmement élevée des morues de cinq ans et plus est maintenant la cause de l’absence de rétablissement de ce stock. L’abondance des recrues est également en baisse depuis le milieu des années 1980 en raison de la diminution de la biomasse du stock reproducteur (BSR), malgré des taux de recrutement supérieurs à la moyenne pour les classes d’âge les plus récentes.

Au cours de la dernière décennie, les données probantes se sont accumulées et soutiennent maintenant l’hypothèse selon laquelle la mortalité naturelle élevée de la morue dans le sGSL est due à la prédation par les phoques gris. On s’attend à ce que la BSR de la morue du sGSL continue à décliner si le niveau actuel d’abondance des phoques gris se maintient. Compte tenu de la productivité actuelle de l’écosystème, l’extinction commerciale de la population (c.-à-d. BSR < 1 000 t) devrait se produire au milieu du siècle, même sans capture. La faible productivité et la mortalité naturelle élevée du stock, ainsi que de l’absence de réaction positive en réponse à la réduction de l’effort de pêche jusqu’à présent, laisse présager que le rétablissement de ce stock n’est pas prévu à moins, que la mortalité naturelle ne soit réduite de manière importante ou que la productivité du stock ne s’améliore.

Comme l’indique le cadre de l’AP, l’objectif premier de ce plan de rétablissement est de stimuler la croissance du stock de morue franche dans le sGSL pour qu’il puisse sortir de la zone critique, en s’assurant que les prélèvements issus de toutes les pêches soient maintenus au plus bas niveau possible jusqu’à ce que le stock ait quitté cette zone. L’objectif de rétablissement du plan sera d’accroître le stock de façon à ce qu’il soit au-dessus du point de référence limite (PRL) de 210 000 t, avec une probabilité élevée (75 %). Si la cible de rétablissement peut être atteinte, l’objectif de gestion à long terme dans le cadre du plan de gestion intégrée des pêches (PGIP) sera de poursuivre la croissance du stock vers la zone saine, puis de maintenir la biomasse du stock reproducteur (BSR) du stock dans cette zone. La croissance et le maintien de la BSR dans la zone saine profiteraient à tous les Canadiens, y compris :

Malheureusement, même en l’absence de pêche, le rétablissement de la population de morue franche semble peu probable en considérant le niveau actuel de la mortalité naturelle. L’échéancier de rétablissement ne peut donc pas être calculé et est plutôt fixé de manière à correspondre à l’examen périodique aux quatre ans du plan de rétablissement. Lors de chaque examen, les facteurs limitants le potentiel de croissance de ce stock seront réévalués afin de déterminer s’ils influencent encore le stock et si un échéancier de rétablissement peut être calculé. Entre-temps et conformément au cadre de l’AP, le plan de rétablissement vise toujours à minimiser, dans la mesure du possible, un plus grand déclin du stock. De cette façon, si les conditions prédominantes qui limitent le rétablissement du stock venaient à changer, le stock conserve son potentiel de rétablissement.

Guidées par le cadre de l’AP, les mesures de gestion définies dans ce plan de rétablissement maintiennent une faible mortalité par pêche pour soutenir un rétablissement, tout en continuant à surveiller et à évaluer le stock. Les mesures suivantes sont prévues :

Acronymes utilisés dans ce document

AP - Approche de précaution

ASR - Pêches à des fins alimentaires, sociales et rituelles par les Premières Nations et les organisations autochtones

BSR - Biomasse du stock reproducteur

CCPFG - Comité consultatif du poisson de fond du Golfe

COSEPAC - Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

DSP - Dispositions relatives aux stocks de poissons dans la Loi sur les pêches modifiée (2019)

F - Mortalité par pêche

kt – kilotonnes ou 1 000 tonnes métriques

LEP - Loi sur les espèces en péril

M - Mortalité naturelle

MCMC - Méthode de Monte Carlo par chaîne de Markov; classe d’algorithmes pour l’échantillonnage à partir d’une distribution de probabilité

MPO - Pêches et Océans Canada

OPANO - Organisation des pêches de l’Atlantique Nord-Ouest

PGIP - Plan de gestion intégrée des pêches

PRC - Point de référence cible, déterminé au moyen des objectifs de productivité définis pour le stock, de considérations biologiques plus larges, ainsi que d’objectifs sociaux et économiques pour la pêche

PRL - Point de référence limite de la biomasse à la limite de la zone critique et de la zone de précaution du cadre de l’approche de précaution

PRS - Point de référence supérieur du stock à la limite de la zone de précaution et de la zone saine

RCP - Règles de contrôle des prises, également appelées règles de décision

Relevé de NR - Relevé scientifique conduit à bord d’un navire de recherche et mené chaque année en septembre

TER - Le taux d’exploitation de référence, à savoir le taux d’exploitation maximal acceptable du stock

SCAS - Secrétariat canadien des avis scientifiques

sGSL - Sud du golfe du Saint-Laurent

SRAPA - Stratégie relative aux pêches autochtones

SSN - Système de surveillance des navires qui assure le suivi des positions et des déplacements des navires

T - Tonne métrique, soit 1 000 kg ou 2 204,6 lb

TAC - Total autorisé des captures

UD - Unité désignable telle que définie par le COSEPAC (espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte qui peut être évaluée par le COSEPAC, lorsque ces unités sont à la fois discrètes et significatives sur le plan de l’évolution)

Avant-propos

En 2009, Pêches et Océans Canada (MPO) a préparé le document « Un cadre décisionnel pour les pêches en conformité avec l’approche de précaution » Footnote 1 (Politique sur l’AP) aux termes du Cadre pour la pêche durableFootnote 2. Ce document décrit la méthodologie du Ministère pour appliquer l’AP aux pêches canadiennes. Un élément important de la Politique sur l’AP stipule que lorsqu’un stock est passé à un niveau inférieur ou égal au point de référence limite (PRL), un plan de rétablissement doit être mis en place de manière à avoir une probabilité élevée de faire passer les stocks au-dessus du PRL dans un délai raisonnable.

En outre, selon l’article 6.2 de la Loi sur les pêches modifiée (2019), qui fait partie des dispositions relatives aux stocks de poissons (DSP), des plans de rétablissement doivent être élaborés et mis en œuvre pour les principaux stocks prescrits qui ont diminué jusqu’à un niveau égal ou inférieur à leur PRL. Cette exigence légale est soutenue par l’article 70 du Règlement de pêche (dispositions générales), qui définit le contenu requis de ces plans de rétablissement et établit un échéancier pour l’élaboration de chaque plan de rétablissement.

Le présent plan vise à établir les principaux objectifs pour le rétablissement de la morue franche dans les divisions 4T et 4Vn de l’Organisation des pêches de l’Atlantique Nord-Ouest (OPANO), ainsi que les mesures de gestion permettant d’atteindre les objectifs définis. Le présent plan fournit une interprétation commune des règles fondamentales qui régissent le rétablissement du stock. Ce stock est visé par le Règlement de pêche (dispositions générales) [article 69] et donc n’est pas soumis à l’article 6.2 de la Loi sur les pêches et à ses exigences réglementaires.

Les objectifs et les mesures énoncés dans le présent plan demeurent en vigueur tant que le stock n’a pas atteint son objectif de rétablissement. Une fois qu’il sera déterminé que le stock a atteint l’objectif, il sera géré selon le processus standard du plan de gestion intégrée des pêches (PGIP) ou un autre processus de gestion des pêches afin de satisfaire aux exigences des dispositions relatives aux stocks de poissons. Les mesures de gestion énoncées dans le présent plan de rétablissement sont obligatoires et peuvent être modifiées, ou d’autres mesures peuvent être ajoutées si l’espèce ne se rétablit pas.

Le présent plan de rétablissement ne constitue pas un instrument juridiquement contraignant qui pourrait tenir lieu de fondement à une contestation judiciaire. Le plan peut être modifié en tout temps et n’entrave pas l’exercice du pouvoir discrétionnaire du ministre conféré dans la Loi sur les pêches. Le ministre peut, pour des raisons de conservation ou toute autre raison valable, modifier les dispositions du plan de rétablissement conformément aux pouvoirs qui lui sont accordés en vertu de la Loi sur les pêches.

Les décisions qui découlent de l’application de ce plan de rétablissement doivent respecter les droits des peuples autochtones du Canada reconnus et affirmés par l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982, y compris ceux qui sont issus de traités modernes. Lorsque le MPO est chargé de mettre en œuvre un plan de rétablissement dans une zone soumise à un traité moderne, le plan de rétablissement sera mis en œuvre d’une manière conforme à cet accord. Le plan devrait également être guidé par la décision Sparrow rendue en 1990 par la Cour suprême du Canada, selon laquelle le droit des groupes autochtones de pratiquer la pêche à des fins alimentaires, sociales et rituelles a préséance, sous réserve de la conservation des ressources, sur toute autre utilisation de ces dernières.

L’honorable Diane Lebouthillier, C.P., députée.
Ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne

1.0 Introduction et contexte

1.1 Population et répartition

La morue franche est un gadidé démersal présent dans l’Atlantique Nord Ouest, du Groenland au cap Hatteras, en Caroline du Nord. Cependant, l’espèce se trouve principalement au large de Terre-Neuve, dans le golfe du Saint-Laurent et sur le plateau néo-écossais (Lough 2004).

La morue du sud du golfe du Saint-Laurent (sGSL) dans les divisions 4T et 4Vn de l’Organisation des pêches de l’Atlantique Nord-Ouest (OPANO) [figure 1] est considérée comme un stock aux fins de gestion par le MPO. Cependant, la taille de la population ou l’unité désignable (UD), telle que définie par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), est constituée de trois stocks identifiés comme l’UD de la population sud laurentienne :

L’aire de répartition de la morue dans cette UD s’étend donc du sGSL jusqu’à l’est du plateau néo-écossais, en passant par le détroit de Cabot (COSEPAC 2010).

Le stock de morue franche dans le sGSL hiverne en regroupements denses dans des eaux relativement chaudes le long de la pente sud du chenal Laurentien dans le sGSL et dans la zone voisine du détroit de Cabot. En avril et au début de mai, le stock migre dans le sGSL pour frayer et se nourrir, mais peut accuser du retard par rapport à ces dates si la débâcle de la glace d’hiver est tardive (Swain et al. 1998). Le retour aux lieux d’hivernage se fait normalement en novembre. En raison de la concentration d’une forte proportion de la population dans ces zones et saisons particulières, la population est particulièrement sensible aux menaces à ces moments et en ces lieux.

Carte montrant les divisions et subdivisions de l'Organisation des pêches de l'Atlantique Nord (OPANO) le long de la côte atlantique canadienne, de Terre-Neuve à la Nouvelle-Écosse.  Les divisions 4T et 4Vn sont utilisées pour définir les limites de la distribution du stock de plie canadienne du sud du golfe du Saint-Laurent.
Figure 1. Divisions et sous-divisions de l’Organisation des pêches de l’Atlantique Nord Ouest (OPANO).
Descripteur

Figure 1

Description

Carte montrant les divisions et subdivisions de l'Organisation des pêches de l'Atlantique Nord (OPANO) le long de la côte atlantique canadienne, de Terre-Neuve à la Nouvelle-Écosse. Les divisions 4T et 4Vn sont utilisées pour définir les limites de la distribution du stock de morue franche du sud du golfe du Saint-Laurent.

1.2 Biologie

La morue franche des divisions 4T et 4Vn dans le sGSL a une durée de vie relativement longue et peut atteindre l’âge de 20 ans ou plus lorsque la mortalité est faible. En comparaison avec les stocks de morue dans la zone connue sous le nom de « Sydney Bight » (4Vn), de l’est du plateau néo-écossais (4VsW) et du banc de Georges, la morue des divisions 4T et 4Vn présentait une fécondité par taille relativement élevée, un indice gonado somatique élevé et de gros œufs. Cela peut représenter une réponse de sélection à une croissance plus lente et à une maturation plus tardive pour ce stock particulier, entraînant une mortalité préreproductive plus élevée et moins d’événements reproductifs au cours de la vie (McIntyre et Hutchings 2003). Le poids selon l’âge de la morue dans les divisions 4T et 4Vn est faible depuis le milieu des années 1980. Ce faible poids à l’âge contribue au déficit de production que connaît actuellement ce stock (Swain et al. 2012).

La morue du sGSL commence à atteindre la taille commerciale (43 cm) à l’âge de 5 ans environ et est entièrement disponible pour la pêche commerciale à l’âge de 8 ans. Historiquement, les morues dans les divisions 4T et 4Vn ont commencé à atteindre la maturité à l’âge de 5 ou 6 ans et la plupart l’ont atteinte à l’âge de 9 ans. Cependant, l’âge et la longueur à 50 % de maturité ont diminué dans les années 1950 et 1960, et depuis le début des années 1970, la plupart des poissons de la population sont matures à l’âge de 6 ans.

La mortalité naturelle de la morue dans les divisions 4T et 4Vn a commencé à augmenter dans les années 1980 et a été élevée dans les années 1990 et 2000. La mortalité naturelle élevée des morues adultes depuis les années 1990 peut être une cause de la maturation précoce continue dans cette population, remplaçant désormais la mortalité par pêche comme agent de sélection favorisant la maturité précoce (Swain et al. 2012). On a depuis conclu que la prédation par les phoques gris était la principale cause de la mortalité naturelle élevée de ce stock de morue au cours des 20 dernières années (Swain et al. 2019).

Le temps de génération est estimé à 12 ans (Swain et al. 2012).

1.3 Besoins en matière d'habitats

En général, les distributions des jeunes stades de la morue franche ont tendance à se limiter aux environs des lieux de fraie. Les juvéniles s’établissent au fond de l’océan dans des habitats côtiers complexes pendant un à quatre ans. Avec l’âge, ils ont tendance à être plus largement répartis et à se trouver dans des eaux plus profondes, plus froides et plus salines (Tremblay et Sinclair 1985).

Les températures médianes occupées par la morue du sGSL varient généralement d’environ 1 à 3,5 °C en été (selon l’âge et la période) et de 5 °C à 6 °C en hiver. Étant donné la vaste répartition des eaux propices à la morue dans le sud du golfe et le détroit de Cabot, l’habitat n’est pas considéré comme étant limitatif pour cette population. La morue du sud du golfe n’a pas de lieu de résidence connu semblable à un terrier ou à un nid pendant une partie quelconque de sa vie (COSEPAC 2010; Swain et al. 2012). Cependant, d’importants effets d’évitement de risque ont été démontrés pour la morue franche dans le sGSL, dont la distribution s’est déplacée des habitats où le risque de prédation par les phoques gris est devenu élevé vers des habitats à plus faible risque, mais moins favorables pour la morue (Swain et al. 2015).

1.4 Interactions dans l’écosystème

La morue franche du sGSL se nourrit de :

L’écosystème du sGSL a changé de façon spectaculaire au cours des dernières décennies. Les abondances de nombreux poissons démersaux à gros corps (p. ex. la morue franche, la merluche blanche, la plie canadienne et les raies) sont tombées à des niveaux très bas et continuent de diminuer. Ces poissons présentent actuellement une mortalité naturelle élevée lorsqu’ils atteignent la taille adulte. En revanche, l’abondance des petits poissons non exploités, tels que le poisson-alligator, le capelan et les chabots, qui peuvent être des sources importantes de proies pour la morue, a augmenté (Benoît et Swain 2008). Plus récemment, les espèces fourragères de poissons pélagiques comme le hareng (MPO 2022b) et le maquereau (MPO 2021a) ont également diminué. Les phoques gris (résidents à l’année) et les phoques du Groenland (présents en hiver et au début du printemps) sont également très abondants (MPO 2020, MPO 2022a) et ont contribué à une augmentation importante de la mortalité naturelle de la morue et de plusieurs autres espèces vivant sur le fond (Neuenhoff et al. 2019 et Rossi et al. 2021). À présent, on a conclu que la prédation par les phoques gris est la principale cause de la mortalité naturelle élevée du stock de morue dans le sGSL (divisions 4T et 4Vn de l’OPANO) [Swain et al. 2019].

1.5 La pêche

La pêche du poisson de fond dans le sGSL se compose de 9 stocks principaux (tableau 1), répartis et gérés dans la division 4T et la sous-division 4Vn de l’OPANO (figure 1). Bien que le présent plan de rétablissement soit axé sur la morue franche, la gestion de ce stock est étroitement liée à tous les autres stocks de poisson de fond présents dans les divisions 4T et 4Vn de l’OPANO.

Depuis le début des années 1990, des mesures de gestion uniques ont été mises en place pour faire face au déclin sévère de nombreux stocks de poissons de fond, et dans les pires des cas, à leur effondrement, ce qui a entraîné l’introduction de moratoires et d’importantes réductions des quotas. Malheureusement, les perspectives pour bon nombre de ces stocks demeurent précaires, même aujourd’hui, alors que cinq d’entre eux se trouvent actuellement dans la zone critique. Parmi ceux-ci, quatre sont prescrits au Règlement de pêche (dispositions générales) (article 69) et sont par conséquent soumis à l'article 6.2 de la Loi sur les pêches et aux exigences réglementaires (tableau 1).

Quatre de ces stocks ont également été évalués par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en tant que candidats potentiels à une inscription en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) (tableau 1; les deux espèces de sébaste sont considérées comme un seul stock dans un contexte de gestion des pêches).

La plupart des stocks de poissons de fond gérés dans la division 4T et la sous-division 4Vn de l’OPANO se chevauchent dans l’espace et dans le temps, ce qui augmente la probabilité que des espèces de poissons de fond non ciblées soient capturées accidentellement dans d’autres pêches dirigées de poissons de fond. Lorsque des mesures de gestion sont élaborées pour des pêches précises, il devient important de prendre en compte toutes les interactions et sources potentielles de mortalité par pêche. Plusieurs pêches commerciales de poissons de fond ont lieu dans le sGSL et des prises accessoires de morue franche peuvent encore se produire dans ces pêches (tableau 1). La morue peut également être capturée dans le cadre d’une pêche récréative ou par les Premières Nations dans le cadre d'une récolte communautaire ou à des fins alimentaires, sociales et rituelles (ASR).

Tableau 1. Stocks de poissons de fond les plus couramment capturés dans le sud du golfe du Saint Laurent

Flétan atlantique, Hippoglossus hippoglossus

Flétan du Groenland (turbot ou flétan noir), Reinhardtius hippoglossoides

Limande à queue jaune, Pleuronectes ferrugineus

Merluche blanche1, Urophycis tenuis

Morue franche1, Gadus morhua

Plie canadienne1, Hippoglossoides platessoides

Plie grise, Glypocephalus cynoglossus

Plie rouge1, Pseudopleuronectes americanus

Sébaste, Sebastes fasciitus et Sebastes mentalla

1 Stock prescrit dans le Règlement de pêche (dispositions générales) (article 69) et est donc soumis à l’article 6.2 de la Loi sur les pêches et à ses exigences réglementaires.
2 Année depuis laquelle le stock a été évalué dans la zone critique du cadre de l’AP.
3 Situation telle que présentée dans le dernier rapport d’évaluation et de situation du COSEPAC. Au moment de publier le présent Plan de rétablissement, aucune décision concernant l’inscription sur la liste en vertu de la LEP n’a été prise.

Le Comité consultatif du poisson de fond du golfe (CCPFG), qui réunit des représentants des pêcheurs, des usines de transformation, des groupes autochtones, du MPO et des gouvernements provinciaux des quatre provinces de l’Atlantique et du Québec, fourni des avis et des recommandations au Ministère en ce qui concerne la gestion des stocks de poisson de fond du golfe du Saint-Laurent exploités commercialement (divisions 4RST, 3Pn et subdivision 4Vn de l’OPANO). Le Comité consultatif se réunit tous les deux ans et sert de forum pour partager les résultats des plus récentes évaluations de stocks, pour que les intervenants de l’industrie et les détenteurs de droits puissent aborder les questions touchant la pêche au poisson de fond et, surtout, pour que le MPO puisse solliciter l’avis des membres du Comité sur les principales décisions de gestion.

En 2017, un Plan de gestion intégrée des pêches (PGIP)Footnote 3 sur le poisson de fond dans les sous-divisions 3Pn et 4Vn ainsi que les divisions 4RST de l’OPANO dans le golfe du Saint-Laurent a été élaboré par le MPO en consultation avec le CCPFG. Le PGIP fournit des renseignements détaillés sur la gestion opérationnelle des pêches mixtes de poissons de fond dans le sGSL, y compris la pêche de la morue franche. Une mise à jour du PGIP du poisson de fond du Golfe est en cours et tiendra compte du fait que le stock est désormais soumis à un plan de rétablissement. Par conséquent, les mesures de gestion identifiées dans le plan viendront remplacer ou complémenter celles identifiées dans le PGIP.

1.6 Aperçu de l’importance socioéconomique et culturelle de la pêche

D’un point de vue historique, la pêche à la morue franche était autrefois d’une importance majeure pour l’industrie de la pêche commerciale des provinces de l’Atlantique et du Québec. Cette pêche était au cœur des racines culturelles de nombreuses communautés rurales côtières. Cependant, au début des années 1990, il est devenu évident que les populations de poissons de fond étaient en détresse et, par conséquent, de nombreux stocks de morue ont cessé d’être pêchés à partir de 1992-1993. Néanmoins, la morue franche demeure une espèce emblématique pour ceux dont la subsistance dépend de la pêche. La morue franche est, à ce jour, considérée comme l’espèce sur laquelle les pêches de l’Atlantique ont été fondée.

La morue du sud du golfe est pêchée depuis le 16e siècle ou avant. Les débarquements annuels ont varié entre 20 000 et 40 000 t au début et au milieu du 20e siècle. Les débarquements ont commencé à augmenter au milieu des années 1940, pour atteindre un sommet de 104 000 t en 1956. À l’exception d’une brève période au milieu des années 1970, les débarquements sont demeurés élevés, proches ou supérieurs à 60 000 t, la plupart des années jusqu’au début des années 1990, lorsque le stock s’est effondré et que la pêche a été fermée. Suite à un moratoire sur la pêche dirigée de septembre 1993 à mai 1998, la pêche a été rouverte avec un total autorisé des captures (TAC) de 3 000 t en 1998 et de 6 000 t en 1999-2002. La pêche dirigée a été à nouveau fermée en 2003, puis rouverte en 2004 avec un TAC de 3 000 à 4 000 t, qui a été réduit à 2 000 t en 2007 et 2008. La pêche dirigée est soumise à un moratoire depuis mai 2009 et un TAC global de 300 t aux fins de prises accessoires a été fixé pour tenir compte:

De 2011 à 2020, la morue franche a été déclarée comme prise accessoire (tableau 2) lorsque les pêcheurs visaient :

En 2020, 327 détenteurs de permis de pêche commerciale du poisson de fond ont déclaré un total de 54 t de débarquements de prises accessoires de morue franche dans les divisions 4T et 4Vn de l’OPANO, avec une valeur associée de 129 671 $ en 2020 (tableau 2). La plupart des pêcheurs de poisson de fond dans le sGSL ont accès (c.-à-d. permis de pêche) à d’autres espèces de plus grande valeur commerciale, comme le crabe des neiges, la crevette et le homard, tandis qu’un nombre limité de pêcheurs se sont spécialisés dans la pêche du poisson de fond seulement.

Tableau 2. Débarquements de prises accessoires de morue franche dans le sud du golfe du Saint-Laurent (divisions 4T et 4Vn de l’OPANO) de 2011 à 2020.

1 Données préliminaires. Les captures de la pêche récréative et de la pêche à des fins de ASR, ainsi que les captures des relevés scientifiques et de la pêche sentinelle ne sont pas incluses, car les estimations des prélèvements ne sont pas disponibles. Source : MPO; régions du Golfe, du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador.

La valeur au débarquement de la récolte de morue dans les divisions 4T et 4Vn entre 2011 et 2020 est répartie entre les provinces :

Il existe actuellement une pêche récréative autorisée du poisson de fond avec accès à la morue franche dans les eaux adjacentes aux provinces maritimes dans le sGSLFootnote 4. Cette pêche est ouverte pendant cinq semaines ou moins par an. Les pêcheurs à la ligne peuvent conserver une limite de prise quotidienne de quinze (15) poissons de fond, toutes espèces confondues, y compris un total d'au plus cinq (5) morues et/ou merluches blanches dans le total des espèces. La morue franche peut aussi être capturée dans la pêche récréative printemps-été du poisson de fond dans le fjord du Saguenay, l'estuaire du Saint-Laurent et le golfe du Saint-LaurentFootnote 5.

Au Québec, une pêche récréative hivernale du poisson de fond, communément appelée pêche blanche, est ouverte pendant environ 3 mois, de janvier à mars, dans le fjord du Saguenay et assujettie à une limite de prise quotidienne de cinq poissonsFootnote 6. Bien que le sébaste soit la principale prise, la morue franche est également pêchée dans cette pêche. Aucune estimation des captures n'est disponible pour la morue franche dans aucune de ces pêches récréatives. Les quantités sont toutefois considérées minimes (d'après des observations qualitatives sur le terrain, obtenues des agents des pêches de Conservation et Protection).

En vertu du Règlement sur les permis de pêche communautaires des AutochtonesFootnote 7 et des ententes sur la Stratégie relative aux pêches autochtones (SRAPA)Footnote 8, les communautés autochtones peuvent pêcher la morue franche si elles détiennent des permis de pêche du poisson de fond. La morue peut également être pêchée dans le cadre de la pêche à des fins ASR. Les pêches ASR sont gérées, lorsqu'elles sont autorisées, en vertu du Règlement sur les permis de pêche communautaires des Autochtones et des ententes sur la SRAPA. Les espèces capturées dans le cadre des conditions de licence ASR ne sont pas autorisées à être vendues et il n'y a pas d'estimations disponibles des captures de morue dans cette pêcherie. Cependant, les quantités sont considérées minimes (d'après les observations qualitatives sur le terrain obtenues auprès des agents des pêches de Conservation et Protection).

1.7 Participation des intervenants et des groupes autochtones à l'élaboration du plan

Une première rencontre a eu lieu le 24 septembre 2020 avec les intervenants de l'industrie et les partenaires autochtones pour discuter du processus requis pour développer des plans de rétablissement et solliciter la participation à un groupe de travail sur les plans de rétablissement du poisson de fond du Golfe. Ce groupe de travail visait à appuyer le Ministère dans l’élaboration des plans. En raison des restrictions limitant les réunions en personne en lien avec la pandémie de Covid, le MPO a développé un questionnaire décrivant les objectifs de rétablissement et proposé des mesures de gestion. Ce questionnaire était un moyen alternatif afin de solliciter les commentaires des parties prenantes et groupes autochtones. Le questionnaire a été envoyé aux membres du groupe de travail sur les plans de rétablissement du poisson de fond du Golfe le 15 décembre 2020. Une séance d'information avec les partenaires autochtones a également eu lieu le 26 janvier 2021.

Le but du questionnaire était d'amorcer des discussions et de recueillir des points de vue sur les options de rétablissement de quatre stocks de poissons de fond, dont la morue franche. Les parties prenantes et groupes autochtones ont été invités à commenter les objectifs et les mesures de rétablissement proposées, et à recommander des mesures de gestion alternatives ou supplémentaires aux mesures de gestion présentées. Bien que des commentaires consolidés aient été sollicités par l'intermédiaire du groupe de travail, les intervenants de l'industrie de la pêche, des Premières Nations ou des organisations autochtones pouvaient soumettre des commentaires individuels par écrit.

2.0 Tendances et état du stock

En 2003, le Bureau du Conseil privé, au nom du gouvernement du Canada, a publié un cadre applicable à tous les ministères du gouvernement fédéral. Ce document établit des principes directeurs pour l’application de l’AP dans un processus décisionnel relatif aux risques de causer des dommages graves ou irréversibles en cas d’absence complète de certitude scientifique.

Un cadre décisionnel pour les pêches intégrant l’AP a été élaboré (MPO 2009), et s’applique lorsque des décisions sur les stratégies de pêche ou les taux de récolte d’un stock doivent être prises pour déterminer le TAC ou d’autres mesures de contrôle des pêches. Il s’applique aux principaux stocks exploités gérés par le MPO, c’est-à-dire les stocks précis visés par une pêche, qu’elle soit pratiquée à des fins commerciales, récréatives ou de subsistance. La totalité des stocks prélevés par les différents types de pêche doit être prise en considération dans l’application du cadre.

Voici les principales composantes du cadre généralisé :

Les points de référence, tels que définis par le cadre de l’AP (MPO 2009), ont été partiellement estimés pour le stock de morue franche en 2003 (Chouinard et al. 2003) et ont été mis à jour en 2024 (MPO 2024a, Turcotte et al. 2024) (tableau 3). Étant donné que l’évaluation complète du stock est normalement effectuée tous les 4 ans, des indicateurs provisoires de la biomasse, basés sur les résultats du relevé scientifique de septembre, ont également été élaborés pour rendre compte de l’état du stock sans passer par une évaluation complète.

Tableau 3. Résumé des points de référence du cadre de l’Approche de Précaution (AP) et du statut du COSEPAC/selon la LEP pour la morue franche dans les divisions 4T et 4Vn de l’OPANO.

Point de référence de l’AP

Statut du COSEPAC: En voie de disparition (COSEPAC 2010)
Statut selon la LEP: Aucun calendrier, aucun statut

La dernière évaluation complète du stock de morue franche du sud du golfe du Saint-Laurent (sGSL), division 4T-Vn de l'OPANO, a été achevée en février 2024 (MPO 2024b). La biomasse du stock reproducteur (BSR) au début de 2023 a été estimée à 12 000 t, soit 5 % du niveau moyen des années 1980 et 3 % de BSR moyenne estimée dans les années 1950 (figure 2).

Estimations de la biomasse du stock reproducteur en milliers de tonnes (kt) pour la morue franche du sud du golfe du Saint-Laurent (OPANO 4T-Vn) de 1950 à 2023. La ligne noire est l'estimation médiane de la BSR et l'ombrage gris est l'intervalle de confiance à 95 % (MPO 2024b). Les lignes horizontales colorées représentent les différents points de référence pour le stock (Turcotte et al. 2024).
Figure 2. Estimations de la biomasse du stock reproducteur en milliers de tonnes (kt) pour la morue franche du sud du golfe du Saint-Laurent (OPANO 4T-Vn) de 1950 à 2023. La ligne noire est l'estimation médiane de la BSR et l'ombrage gris est l'intervalle de confiance à 95 % (MPO 2024b). Les lignes horizontales colorées représentent les différents points de référence pour le stock (Turcotte et al. 2024).
Descripteur

Figure 2

Description

Graphique montrant les estimations de la biomasse du stock reproducteur en milliers de tonnes (kt) pour la morue franche du sud du golfe du Saint-Laurent (OPANO 4T-Vn) de 1950 à 2018. Les points de référence pour le stock sont également illustrés par différentes lignes horizontales colorées : ligne rouge -= point de référence limite (PRL) de 210 000 t; ligne verte pleine = point de référence supérieure (PRS) de 336 000 t; ligne verte en tirets = point de référence cible (PRC) de 420 000 t.

La BSR estimée a culminé à environ 320 kt au milieu des années 1950, pour diminuer à 120 kt au milieu des années 1970. La biomasse s'est rapidement rétablie à la fin des années 1970, atteignant un sommet de 370 kt en 1981. Elle s'est ensuite effondrée entre 1987 et 1993 environ, lorsque la pêche dirigée a été fermée . La biomasse a légèrement augmenté pour atteindre 120 kt pendant le moratoire de 1994 à 1997. La pêche dirigée a ensuite rouvert à un faible niveau et le déclin du stock a repris, tombant à 36 kt en 2009, lorsqu'un moratoire a été de nouveau imposé. Le déclin du stock a ralenti pour un certain temps après l'imposition de ce moratoire, mais le déclin a repris malgré l'absence de pêche commerciales. Les niveaux de BSR estimés au début de 2019 et 2020 ont chacun établi un nouveau record pour la biomasse la plus faible observée.

Année BSR (kt) Intervalle de confiance - valeur inférieure Intervalle de confiance - valeur supérieure
1950 288.5 232.4 379.2
1951 292.6 236.7 385.4
1952 306.0 248.9 398.6
1953 314.5 259.6 396.1
1954 313.8 262.3 380.9
1955 297.1 251.9 352.6
1956 295.0 256.6 342.8
1957 272.6 236.8 314.7
1958 249.2 218.6 289.5
1959 202.9 175.5 236.2
1960 162.4 137.6 188.8
1961 188.3 160.8 215.7
1962 230.4 198.0 263.3
1963 243.6 212.9 275.8
1964 198.1 171.7 224.8
1965 171.0 147.5 194.3
1966 135.9 115.8 155.5
1967 125.0 107.7 141.9
1968 162.8 145.4 181.7
1969 176.5 160.2 194.1
1970 189.5 175.2 206.9
1971 170.0 157.5 186.9
1972 158.8 147.6 174.7
1973 129.2 119.5 143.7
1974 122.8 113.0 139.8
1975 115.6 104.8 135.9
1976 115.5 102.7 139.7
1977 141.9 122.2 177.2
1978 220.9 190.7 278.9
1979 285.6 245.2 367.6
1980 311.3 267.5 412.2
1981 342.1 291.4 452.1
1982 341.0 287.3 449.6
1983 336.5 278.9 439.1
1984 313.9 255.7 407.8
1985 315.4 261.7 413.4
1986 307.3 258.8 408.8
1987 264.3 224.6 348.3
1988 230.3 198.5 302.6
1989 201.7 174.7 260.5
1990 169.5 146.1 217.2
1991 139.8 117.1 180.3
1992 112.5 91.2 152.6
1993 91.7 71.1 133.2
1994 92.9 73.3 133.9
1995 98.7 80.1 140.9
1996 105.6 86.2 150.3
1997 113.6 92.7 158.6
1998 114.5 94.0 159.6
1999 110.1 90.4 152.2
2000 109.5 88.4 148.3
2001 110.3 87.7 145.6
2002 98.3 77.6 128.4
2003 85.8 68.0 113.9
2004 81.3 64.7 107.6
2005 70.7 57.0 92.1
2006 64.6 52.9 84.4
2007 56.5 46.1 73.8
2008 44.7 36.4 58.0
2009 33.1 26.8 43.4
2010 30.3 24.5 40.3
2011 28.5 23.0 37.9
2012 26.3 21.4 34.3
2013 24.6 20.1 31.9
2014 24.5 20.3 31.6
2015 26.3 22.0 33.7
2016 25.6 21.3 32.6
2017 20.9 17.1 25.8
2018 14.1 11.2 17.7
2019 10.7 8.4 13.8
2020 10.4 7.7 13.5
2021 11.5 8.2 15.5
2022 12.9 8.9 18.0
2023 11.9 7.8 16.5

La morue franche dans le sGSL est restée dans la zone critique du cadre de l’AP depuis 1990. Le PRL de ce stock, c’est-à-dire le niveau en delà duquel on considère que le stock a subi un préjudice grave à sa productivité, a été estimé en 2024 à 210 000 t de BSR (Turcotte et al.2024).

Puisque les évaluations complète du stock de morue sont effectuées sur un cycle de 4 ans, le MPO a indiqué qu’une mise à jour provisoire serait fournie à mi-chemin du cycle, afin de laisser suffisamment de temps pour réaliser une évaluation complète et planifier l'examen par les pairs si l'indicateur signalait qu'une réévaluation était justifiée (Swain et al.2019).

Estimations des taux instantanés de mortalité par pêche (F) et de mortalité naturelle (M) en an-1, de la morue franche du sud du golfe du Saint-Laurent (OPANO 4T-Vn) pour les âges 5 à 8 et 9+, de 1950 à 2023. Les zones ombragées sont les intervalles de confiance à 95% (MPO 2024b).
Figure 3. Estimations des taux instantanés de mortalité par pêche (F) et de mortalité naturelle (M) en an-1, de la morue franche du sud du golfe du Saint-Laurent (OPANO 4T-Vn) pour les âges 5 à 8 et 9+, de 1950 à 2023. Les zones ombragées sont les intervalles de confiance à 95% (MPO 2024b).
Descripteur

Figure 3

Description

Graphique présentant les fluctuations de la mortalité par pêche et la mortalité naturelle pour les groupes d'âges 5-8 ans et 9+ ans, de 1950 à 2023. Le taux de mortalité naturelle instantanée des morues adultes (5 ans et plus) a augmenté au cours des 40 dernières années, passant de niveaux plus standard de 0,2/an à des valeurs élevées, supérieures à 0,8/an.

Année F (1/an) Intervalle de confiance - valeur inférieure Intervalle de confiance - valeur supérieure M âges 5-8 ans (1/an) Intervalle de confiance - valeur inférieure Intervalle de confiance - valeur supérieure M âges 9+ ans (1/an) Intervalle de confiance - valeur inférieure Intervalle de confiance - valeur supérieure
1950 0.094 0.145 0.208 0.178 0.288 0.400 0.346 0.288 0.400
1951 0.067 0.145 0.208 0.178 0.288 0.400 0.346 0.288 0.400
1952 0.086 0.145 0.208 0.178 0.288 0.400 0.346 0.288 0.400
1953 0.125 0.145 0.208 0.178 0.288 0.400 0.346 0.288 0.400
1954 0.177 0.145 0.208 0.178 0.288 0.400 0.346 0.288 0.400
1955 0.146 0.145 0.208 0.178 0.288 0.400 0.346 0.288 0.400
1956 0.208 0.145 0.208 0.178 0.288 0.400 0.346 0.288 0.400
1957 0.203 0.145 0.208 0.178 0.288 0.400 0.346 0.288 0.400
1958 0.307 0.145 0.208 0.178 0.288 0.400 0.346 0.288 0.400
1959 0.357 0.145 0.208 0.178 0.288 0.400 0.346 0.288 0.400
1960 0.213 0.145 0.208 0.178 0.288 0.400 0.346 0.288 0.400
1961 0.204 0.145 0.208 0.178 0.288 0.400 0.346 0.288 0.400
1962 0.151 0.145 0.208 0.178 0.288 0.400 0.346 0.288 0.400
1963 0.285 0.145 0.208 0.178 0.288 0.400 0.346 0.288 0.400
1964 0.288 0.145 0.208 0.178 0.288 0.400 0.346 0.288 0.400
1965 0.416 0.145 0.208 0.178 0.288 0.400 0.346 0.288 0.400
1966 0.360 0.145 0.208 0.178 0.288 0.400 0.346 0.288 0.400
1967 0.286 0.145 0.208 0.178 0.288 0.400 0.346 0.288 0.400
1968 0.313 0.145 0.208 0.178 0.288 0.400 0.346 0.288 0.400
1969 0.270 0.145 0.208 0.178 0.288 0.400 0.346 0.288 0.400
1970 0.403 0.145 0.208 0.178 0.288 0.400 0.346 0.288 0.400
1971 0.340 0.145 0.208 0.178 0.288 0.400 0.346 0.288 0.400
1972 0.502 0.147 0.236 0.182 0.276 0.418 0.337 0.276 0.418
1973 0.476 0.156 0.235 0.188 0.274 0.402 0.330 0.274 0.402
1974 0.514 0.163 0.253 0.201 0.266 0.418 0.325 0.266 0.418
1975 0.444 0.176 0.294 0.219 0.259 0.433 0.322 0.259 0.433
1976 0.413 0.195 0.326 0.238 0.257 0.416 0.320 0.257 0.416
1977 0.218 0.206 0.346 0.251 0.257 0.421 0.331 0.257 0.421
1978 0.215 0.202 0.348 0.264 0.272 0.439 0.352 0.272 0.439
1979 0.226 0.202 0.345 0.272 0.286 0.473 0.384 0.286 0.473
1980 0.194 0.216 0.351 0.273 0.329 0.498 0.411 0.329 0.498
1981 0.227 0.224 0.363 0.283 0.365 0.531 0.429 0.365 0.531
1982 0.190 0.241 0.375 0.293 0.366 0.558 0.443 0.366 0.558
1983 0.221 0.243 0.380 0.292 0.404 0.581 0.472 0.404 0.581
1984 0.175 0.242 0.367 0.293 0.409 0.644 0.529 0.409 0.644
1985 0.189 0.227 0.362 0.288 0.439 0.693 0.555 0.439 0.693
1986 0.220 0.241 0.362 0.291 0.458 0.699 0.549 0.458 0.699
1987 0.222 0.246 0.396 0.303 0.475 0.702 0.571 0.475 0.702
1988 0.263 0.258 0.423 0.325 0.494 0.722 0.576 0.494 0.722
1989 0.338 0.265 0.436 0.334 0.508 0.766 0.616 0.508 0.766
1990 0.402 0.294 0.471 0.351 0.509 0.779 0.622 0.509 0.779
1991 0.423 0.292 0.471 0.374 0.524 0.790 0.655 0.524 0.790
1992 0.419 0.326 0.507 0.406 0.549 0.815 0.676 0.549 0.815
1993 0.053 0.357 0.521 0.437 0.539 0.789 0.659 0.539 0.789
1994 0.009 0.373 0.513 0.441 0.544 0.740 0.625 0.544 0.740
1995 0.007 0.373 0.498 0.438 0.529 0.728 0.627 0.529 0.728
1996 0.006 0.363 0.509 0.440 0.526 0.703 0.605 0.526 0.703
1997 0.008 0.379 0.518 0.441 0.527 0.719 0.593 0.527 0.719
1998 0.014 0.388 0.544 0.457 0.529 0.719 0.610 0.529 0.719
1999 0.027 0.385 0.536 0.463 0.532 0.726 0.609 0.532 0.726
2000 0.030 0.403 0.560 0.469 0.567 0.756 0.647 0.567 0.756
2001 0.034 0.436 0.568 0.492 0.584 0.774 0.683 0.584 0.774
2002 0.032 0.472 0.592 0.527 0.632 0.792 0.705 0.632 0.792
2003 0.002 0.486 0.605 0.538 0.622 0.800 0.699 0.622 0.800
2004 0.017 0.492 0.619 0.555 0.643 0.816 0.737 0.643 0.816
2005 0.023 0.517 0.632 0.574 0.698 0.948 0.796 0.698 0.948
2006 0.026 0.552 0.690 0.623 0.748 0.951 0.842 0.748 0.951
2007 0.019 0.591 0.765 0.683 0.766 1.001 0.872 0.766 1.001
2008 0.026 0.646 0.810 0.712 0.736 1.005 0.888 0.736 1.005
2009 0.003 0.626 0.784 0.710 0.825 0.998 0.907 0.825 0.998
2010 0.002 0.626 0.773 0.690 0.858 1.054 0.948 0.858 1.054
2011 0.002 0.658 0.794 0.734 0.758 0.939 0.852 0.758 0.939
2012 0.003 0.738 0.864 0.797 0.668 0.866 0.777 0.668 0.866
2013 0.002 0.702 0.867 0.774 0.642 0.878 0.750 0.642 0.878
2014 0.002 0.685 0.824 0.752 0.650 0.811 0.736 0.650 0.811
2015 0.002 0.675 0.852 0.756 0.740 0.922 0.837 0.740 0.922
2016 0.002 0.720 0.909 0.813 0.816 1.003 0.899 0.816 1.003
2017 0.001 0.817 1.044 0.931 0.763 0.945 0.845 0.763 0.945
2018 0.002 0.846 1.058 0.947 0.784 1.004 0.888 0.784 1.004
2019 0.002 0.778 0.976 0.875 0.985 1.246 1.112 0.985 1.246
2020 0.002 0.709 0.903 0.813 1.107 1.407 1.252 1.107 1.407
2021 0.003 0.736 0.988 0.865 1.071 1.400 1.248 1.071 1.400
2022 0.004 0.781 1.229 0.999 1.012 1.443 1.219 1.012 1.443
2023 0.003 0.725 1.327 1.017 1.002 1.531 1.222 1.002 1.531

Depuis la fermeture de la pêche dirigée de la morue en 2009, le taux d’exploitation de la pêche a été en moyenne de 0,2 % pour les 5 à 8 ans et de 0,7 % pour les 9 ans et plus. Ces faibles niveaux ont un effet négligeable sur la trajectoire de la population (Swain et al. 2019).

Une mortalité naturelle instantanée (M) d'environ 0,2 (équivalant à une mortalité annuelle de 18 %) est considérée comme normale pour les morues adultes (5 ans et plus). Pour les morues adultes de l'OPANO 4T-Vn, M a commencé à augmenter dans les années 1970, atteignant des niveaux supérieurs à 0,8 au cours des dernières années (figure 3). La mortalité naturelle extrêmement élevée des morues de 5 ans et plus est la raison de l'absence de rétablissement de ce stock et de son déclin continu. La mortalité par pêche (F) exercée par les prélèvements limités est négligeable et marginale par rapport à la mortalité naturelle (MPO 2024b).

L'abondance des recrues a également diminué depuis le milieu des années 1980 en raison de la baisse de la SSB (figure 4). Malgré quelques bons épisodes de recrutement de jeunes poissons (moins de 4 ans) depuis la dernière évaluation (Swain et al. 2019), la tendance à la baisse s'est poursuivie (MPO 2024b).

2.1 Évaluation du COSEPAC/ considérations relatives à la LEP

Figure 4

Description

Estimation du nombre de recrues en millions de poissons de moins de 4 ans, de 1950 à 2023. La zone ombrée représente l'intervalle de confiance à 95 % (MPO 2024b).
Figure 4. Estimation du nombre de recrues en millions de poissons de moins de 4 ans, de 1950 à 2023. La zone ombrée représente l'intervalle de confiance à 95 % (MPO 2024b).
Descripteur

Graphique présentant la variation du recrutement de morues franches âgés de moins de 4 ans de 1950 à 2023. Les niveaux de recrutement estimés ont atteint leur maximum à la fin des années 1970 et au début des années 1980, puis ont diminué régulièrement jusqu'à atteindre de faibles niveaux.

Année Recrues en millions de poissons Intervalle de confiance - valeur inférieure Intervalle de confiance - valeur supérieure
1950 299.1 195.5 403.7
1951 306.5 219.6 415.1
1952 293.8 220.2 432.5
1953 201.1 150.1 280.8
1954 211.4 156.7 292.9
1955 250.8 180.3 338.9
1956 315.1 242.4 418.0
1957 320.0 245.1 467.2
1958 334.0 245.7 482.8
1959 296.7 219.4 390.4
1960 85.1 61.8 111.1
1961 122.3 91.2 177.8
1962 124.5 89.4 164.1
1963 141.1 103.7 185.0
1964 149.5 116.5 191.0
1965 154.3 125.1 204.2
1966 213.6 163.3 291.6
1967 195.1 161.7 246.3
1968 176.6 132.3 220.7
1969 149.2 125.0 187.4
1970 152.4 123.4 195.7
1971 123.1 100.0 169.5
1972 154.3 119.2 213.0
1973 154.9 119.5 222.9
1974 170.6 127.9 246.6
1975 366.1 256.5 487.5
1976 444.5 309.2 643.3
1977 514.5 386.0 751.8
1978 388.3 290.9 598.8
1979 373.8 267.9 590.6
1980 290.7 189.1 505.1
1981 426.4 312.4 699.0
1982 467.7 313.8 748.0
1983 306.7 211.1 543.4
1984 313.9 213.7 544.7
1985 270.8 200.0 497.1
1986 255.1 173.1 488.2
1987 239.0 167.6 439.5
1988 242.1 162.3 412.0
1989 244.5 172.4 442.7
1990 219.0 140.5 364.8
1991 172.3 119.8 267.5
1992 160.3 106.2 248.3
1993 140.8 101.3 247.3
1994 156.9 107.7 273.5
1995 123.6 87.6 221.0
1996 164.7 122.6 288.6
1997 159.1 119.7 249.8
1998 140.3 101.8 220.8
1999 123.7 85.3 181.4
2000 88.8 63.6 134.5
2001 101.5 70.2 152.0
2002 99.0 73.5 161.5
2003 128.1 91.2 208.7
2004 70.8 49.4 117.5
2005 63.8 46.2 115.4
2006 40.0 29.5 67.4
2007 58.5 42.7 95.0
2008 52.5 39.4 82.7
2009 39.6 29.5 62.2
2010 56.2 41.8 91.9
2011 51.3 38.3 78.8
2012 51.7 38.2 83.8
2013 50.6 36.7 80.4
2014 34.5 24.7 54.0
2015 23.8 16.6 38.3
2016 18.4 13.3 29.3
2017 25.2 17.4 36.6
2018 29.4 18.8 44.1
2019 38.9 25.8 60.0
2020 36.9 23.5 57.3
2021 9.8 6.2 16.0
2022 15.9 9.6 26.6
2023 11.6 6.9 25.6

Dans son évaluation de la morue franche de 2003, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a déterminé que l’unité désignable (UD) des Maritimes était préoccupante. Le stock de morue du sGSL faisait partie de cette UD. En avril 2010, le COSEPAC a réévalué la morue franche et a divisé l’ancienne UD des Maritimes en deux populations (COSEPAC 2010):

La morue franche dans le sGSL faisait partie de l’UD de la population sud-laurentienne, et le COSEPAC a été déterminé qu’elle était en voie de disparition.

Selon l’évaluation du COSEPAC de 2010, l’abondance de la population a diminué de 90 % au cours des trois générations précédentes et la principale cause du déclin rapide de l’abondance au début des années 1990 était la surpêche. La pêche commerciale a été suspendue en 1993, et l’abondance de la population s’est stabilisée pendant un certain nombre d’années. Toutefois, une hausse de la mortalité naturelle et les faibles prises continues ont provoqué un nouveau déclin de l’abondance.Cette UD comprend les unités de gestion de la morue franche des divisions de l’OPANO :

La morue franche (UD de la population sud laurentienne) fait actuellement l’objet d’un examen en vue de son inscription sur la liste de la Loi sur les espèces en péril (LEP); toutefois, au moment de publier le présent plan de rétablissement, aucune décision concernant l’inscription n’avait été prise.

2.2 Connaissances autochtones

Le MPO vise à intégrer les considérations relatives aux connaissances traditionnelles autochtones et aux connaissances écologiques traditionnelles dans les processus scientifiques en invitant des représentants autochtones en tant que participant aux réunions d’examen par les pairs, et dans la planification de la gestion des pêches en tant que membre du CCPFG. Au besoin, les connaissances autochtones sont également recueillies par le biais de consultations menées auprès des Premières Nations et d’autres organisations autochtones.

3.0 Causes probables du déclin du stock

On estime que la surpêche fut la principale cause du déclin initial de la morue franche au début des années 1990 pour la plupart des stocks de morue le long des côtes de l’Atlantique (Hutchings et Myers 1994; Hutchings 1996; Myers et al. 1997; Shelton et Lilly 2000; Hutchings et Ferguson 2000a,b; Bundy 2001; Fu et al. 2001). Pour le stock de morue du sGSL, il semble que le déclin qui s’est surtout produit au cours de la période de 1986 à 1992 puisse être attribué à une augmentation de la mortalité tant par pêche que naturelle (Smedbol et al. 2002). Avec la fermeture de la pêche, la menace récente qui limite la survie et le rétablissement est maintenant la mortalité naturelle accrue. Des études ont toutefois montré que la population croissante de phoques gris a entraîné une augmentation de la prédation sur des espèces à valeur commerciale, créant des conflits avec les pêches et des appels pour une certaine forme de contrôle des prédateurs (Neuenhoff et al. 2019 et Rossi et al. 2021). Le stock de morue franche dans le sGSL subit « l’effet Allee » dû à la prédation, dans lequel le taux de croissance de la population par individu diminue à mesure que la taille de la population diminue. Ceci est contraire au comportement habituel des populations à faible abondance. De plus, depuis 2000, ce stock connaît un déficit de production, avec une moyenne négative de 7 000 t par an, ce qui indique un « effet Allee » important (Swain et al. 2019). Le seuil d’Allee a été estimé à 112 000 t, seuil qui a été franchi en 1993.

Au niveau actuel de mortalité naturelle, le rétablissement de ce stock est hautement improbable, même en l’absence de pêche. La prédation par les phoques gris est considérée comme la principale cause de la mortalité naturelle élevée de ce stock de morue au cours des 20 dernières années, et donc de l’effet Allee (Benoît et Swain 2011; Swain et al. 2019). Compte tenu de l’abondance actuelle des phoques gris dans cet écosystème, le rétablissement de ce stock de morue ne semble pas possible, et son extinction commerciale locale (BSR < 1 000 t) est hautement probable d’ici le milieu du siècle. Des projections réalisées par Neuenhoff et al. (2019) au niveau d’abondance du phoque gris de 2014 montrent également un déclin continu de la morue en dessous de 100 t d’ici 2064. Les modèles ont montré que la BSR continuait à diminuer, bien qu’à un rythme plus lent, même lorsque l’abondance des phoques gris était réduite de 25 ou 50 % (Neuenhoff et al. 2019). Une analyse plus récente soutient ces conclusions, les projections à long terme (50 ans) indiquant que le stock a une très forte probabilité (97%) d'extinction commerciale (SSB < 1 000 t), même en l'absence de pêche, et ceci en raison du niveau élevé de mortalité naturelle (DFO 2024b).

Sur la base d’une compréhension des meilleures données probantes disponibles, on suppose qu’il est peu probable que la perte ou la dégradation de l’habitat du stock de morue franche du sGSL ait contribué à la diminution du stock (Swain et al. 2012). Les températures médianes occupées par la morue du sud du golfe varient généralement d’environ 1 à 3,5oC en été (selon l’âge et la période) et de 5 à 6oC en hiver. Étant donné la vaste répartition des eaux propices à la morue dans le sGSL et le détroit de Cabot, l’habitat n’est pas considéré comme étant limitatif pour cette population. La morue franche dans le sGSL n’a pas de lieu de résidence connue, semblable à un terrier ou un nid pendant quelque partie que ce soit de son cycle biologique.

Au cours des 20 dernières années, la morue s’est progressivement déplacée des zones d’alimentation côtières traditionnelles, vers des eaux hauturières plus profondes durant sa saison d’alimentation dans le sGSL. Cela semble être dû au risque élevé et croissant de prédation par les phoques gris dans les eaux côtières en été. On s’attend à ce que cette modification de la répartition entraîne des coûts physiologiques (p. ex. une réduction du succès de la recherche de nourriture) et qu’elle concorde avec des déclins de la condition de la morue (Swain et al. 2019). Ce déplacement de la distribution vers des habitats plus défavorables a également entraîné un chevauchement de la distribution de la morue du sGSL avec d'autres pêcheries actives et émergentes dans le chenal Laurentien (Turcotte et al. 2024) Par conséquent, les principaux facteurs affectant la distribution et la sélection de l’habitat des morues plus âgées sont probablement :

Sur le plan de la fraie, on ignore si la morue a des exigences particulières en matière d’habitat (COSEPAC 2010).

La caractéristique d’habitat la plus susceptible d’être un facteur important et potentiellement limitatif pour la morue franche juvénile pourrait donc être la présence de structures verticales tridimensionnelles comme les plantes, pierres, topographie du fond et coraux. En effet, en plus d’offrir une protection contre les prédateurs, ce genre d’hétérogénéité physique sert aussi certainement d’habitat aux petits poissons et invertébrés dont peuvent se nourrir les morues juvéniles (COSEPAC 2010). Si la structure physique (notamment les plantes, la topographie du fond et les coraux) a une importance pour la survie des jeunes morues, la quantité d’habitats disponible aujourd’hui pour l’espèce pourrait être moindre qu’il y a quelques décennies dans certaines parties de son aire de répartition à cause de l’utilisation du chalut de fonds. Il se pourrait que les secteurs physiquement hétérogènes fréquentés par les morues juvéniles n’aient pas fait l’objet d’un chalutage intensif. Cependant, aucune étude n’a jamais été faite pour évaluer l’incidence du chalutage sur la quantité et la qualité de l’habitat des morues juvéniles (COSEPAC 2010).

4.0 Objectifs mesurables pour le rétablissement du stock

4.1 Objectif de rétablissement et échéancier

Comme l’indique le cadre de l’approche de précaution (AP), l’objectif principal de ce plan de rétablissement est de favoriser la croissance du stock afin qu’il sorte de la zone critique (le faire croître au-delà du PRL), en maintenant les prélèvements de toutes sources de pêche au niveau le plus bas possible jusqu’à ce que le stock ne se trouve plus dans cette zone. Dans la zone critique, l’objectif demeure le même, que le stock soit en baisse, stable ou en croissance. Selon le Cadre de l’AP, l’objectif primordial pour la morue franche des divisions 4T et 4Vn de l’OPANO est donc de faire en sorte que le stock puisse sortir de la zone critique. L’objectif de rétablissement du plan sera d’accroître le stock de façon à ce qu’il soit au-dessus du PRL (80 000 t), avec une probabilité élevée (au moins 75 %). Si la cible de rétablissement peut être atteinte, l’objectif de gestion à long terme du PGIP sera alors de poursuivre la croissance du stock vers la zone saine, puis de maintenir la BSR dans cette zone. Cet objectif à long terme profitera à tous les Canadiens, y compris :

Malheureusement, en considérant le niveau actuel de la mortalité naturelle et même sans pêche, le rétablissement de la population de morue franche dans les divisions 4T et 4Vn de l’OPANO semble peu probable. Ces conditions prédominantes sont telles qu’il est impossible, à l’heure actuelle, d’établir un échéancier pour atteindre la cible de rétablissement. Par conséquent, un échéancier a été fixé au temps de génération de la morue du sGSL, c’est-à-dire 12 ans (MPO 2024a). Lors de chaque examen du plan de rétablissement, les facteurs limitants le potentiel de croissance de ce stock seront réévalués afin de déterminer s’ils influencent toujours le stock et si un échéancier de rétablissement peut être calculé. Entre-temps et conformément au cadre de l’AP, ce plan de rétablissement vise toujours à minimiser, dans la mesure du possible, un plus grand déclin du stock. Cette mesure a pour but de préserver le stock, de manière à ce que, si les conditions prédominantes qui limitent le rétablissement du stock venaient à changer, le stock conserve son potentiel de rétablissement.

Au cours de la dernière décennie, les données probantes se sont accumulées pour soutenir l’hypothèse selon laquelle la mortalité naturelle élevée de la morue dans le sGSL est due à la prédation par les phoques gris. La modélisation de la population qui incorpore directement la prédation par les phoques gris au moyen d’une réponse fonctionnelle indique que depuis l’an 2000, cette prédation peut expliquer la totalité de la mortalité naturelle des adultes, au-dessus du niveau normal de mortalité naturelle généralement observé pour la morue (Neuenhoff et al. 2019). Selon le niveau actuel d’abondance des phoques gris, on s’attend à de nouveaux déclins et la BSR devrait continuer à baisser. Sous le régime actuel de productivité de l’écosystème, l’extinction commerciale de la population (c.-à-d. BSR < 1 000 t) devrait se produire au milieu du siècle, même sans capture (Swain et al. 2019).

Au cours des 20 dernières années, la morue s’est progressivement déplacée des zones d’alimentation côtières traditionnelles vers des eaux hauturières plus profondes pendant sa saison d’alimentation dans le sGSL. Cela semble être dû au risque élevé et croissant de prédation par les phoques gris dans les eaux côtières en été. On s’attend à ce que cette modification de la répartition entraîne des coûts physiologiques (p. ex. une réduction du succès de la recherche de nourriture) et qu’elle concorde avec des déclins de la condition de la morue.

Si l’on envisage une approche écosystémique à l’égard de la gestion des pêches, on peut être confronté à une option de compromis : augmenter les prélèvements de phoques gris pour permettre à la morue franche et à d’autres poissons démersaux menacés de se rétablir, ou faire face à un risque élevé d’extinction de ces populations et permettre à l’abondance des phoques gris de rester élevée ou d’augmenter encore (Swain et al. 2019). Si le choix consiste à réduire l’abondance des phoques, les projections indiquent que la réduction nécessaire serait désormais très importante (Neuenhoff et al. 2019). La biomasse de morue étant toujours en déclin et l’abondance des phoques en augmentation, une étude récente (Rossi et al. 2021) suggère que la réduction du nombre de phoques à un niveau qui permettrait à la morue de se rétablir pourrait faire passer la population de phoques sous son point de référence limite. Ces résultats suggèrent que la réduction de l’abondance des phoques pour rétablir la morue n’est peut-être plus une option. Ces scénarios de relation proie-prédateur et de réduction des prédateurs seraient un défi à évaluer, compte tenu de la multitude et de la complexité des composants de l’écosystème et des interactions entre les espèces. Par exemple, le changement climatique et les perturbations de l’écosystème dues aux activités humaines peuvent également ajouter de l’imprévisibilité et avoir un effet négatif ou positif sur le temps et le succès de toute mesure de gestion.

4.2 Objectifs mesurables supplémentaires et échéanciers

Dans le cadre de l’AP, lorsque le stock se trouve dans la zone critique, les mesures de gestion doivent favoriser la croissance du stock et les prélèvements de toutes les sources de pêche doivent être maintenus au niveau le plus bas, et il ne doit y avoir aucune tolérance pour un déclin évitable.

Le tableau 4 donne un aperçu des objectifs secondaires de rétablissement du stock de la morue franche des divisions 4T et 4Vn de l’OPANO, qui visent à permettre au MPO de surveiller ; toutes les sources de mortalité, les répercussions de la mise en œuvre des mesures de gestion et si l’état du stock et de l’écosystème s’améliore.

Tableau 4. Objectifs mesurables et échéanciers supplémentaires visant à rétablir le stock de morue franche dans les divisions 4T et 4Vn de l’OPANO.

Objectifs secondaires

  1. Maintenir les prélèvements de toutes sources au niveau le plus bas possible en introduisant des mesures de gestion nouvelles et/ou plus strictes dans toutes les pêcheries qui interceptent la morue franche.
    • À compter de 2024 et révisé tous les 4 ans au moment de la révision du plan de rétablissement.
  2. Assurer le suivi des sources de mortalité par pêche et veiller au respect des mesures de gestion actuelles.
    • À compter de 2024 et révisé tous les 4 ans au moment de la révision du plan de rétablissement.
  3. Poursuivre et faire progresser les connaissances scientifiques actuelles dans les domaines de la surveillance de l’état des stocks, du recrutement, des conditions environnementales et des facteurs écosystémiques susceptibles d’avoir une incidence sur le recrutement, la croissance, l’habitat et la santé des stocks.
    • Procéder à une révision de l'état du stock tous les 4 ans, et parallèlement à la révision du plan de rétablissement.

5.0 Mesures de gestion permettant d’atteindre les objectifs

Plusieurs mesures de gestion sont nécessaires pour atteindre les objectifs indiqués dans le tableau 4. Ces mesures et leurs résultats escomptés sont présentés dans le tableau 5. Elles s’inspirent des nombreuses politiques du cadre pour la pêche durable (CPD) du MPO, comme l’approche de précaution (MPO 2009) ou les politiques sur les prises accessoires (MPO 2013) et la surveillance des prises (MPO 2019b). Puisqu’il est peu probable que la morue franche (divisions 4T et 4Vn de l’OPANO) se rétablisse dans les conditions actuelles (voir la section 3.0 : Causes probables du déclin du stock), les objectifs visent à préserver le stock de sorte que, si les conditions actuelles limitant son rétablissement venaient à changer, le stock conserve le potentiel de rétablissement.

La morue franche est l'un des trois stocks de poissons de fond sous moratoire dont les répartitions géographiques se chevauchent et qui sont inscrites à l'annexe XI du Règlement de pêche (dispositions générales). Par conséquent, les mesures de gestion du plan de rétablissement de la morue franche doivent tenir compte de celles des plans de rétablissement de la merluche blanche et de la plie canadienne, qui sont également capturées comme prises accessoires dans les pêches dirigées du poisson de fond encore actives, soient le flétan atlantique, le flétan du Groenland, la plie grise, le sébaste et la limande à queue jaune.

Les effets cumulatifs associés à la mise en œuvre de plusieurs plans de rétablissement peuvent présenter des défis pour d'autres pêches actives de poissons de fond, plus particulièrement pour une pêche commerciale émergente comme le sébaste dans l'unité 1, compte tenu de sa répartition qui chevauche celle de la morue franche et d'autres stocks épuisés. Les mesures de surveillance actuelles et nouvellement mises en œuvre dans le présent plan (voir l’objectif 2) devraient être en mesure d’assurer un suivi de ces impacts potentiels.

Tableau 5. Résumé des mesures de gestion visant à atteindre les objectifs du plan de rétablissement de la morue franche dans le sud du golfe du Saint-Laurent (divisions 4T et 4Vn de l’OPANO). L'année 2024 est considérée comme l'année 1 de ce plan de rétablissement.

Objectif Mesure(s) de gestion Résultat escompté Conditions biologiques ou environnementales prises en compte
1 – Maintenir les prélèvements de toutes sources au niveau le plus bas possible en introduisant des mesures de gestion nouvelles et/ou plus strictes dans toutes les pêcheries qui interceptent la morue franche. Maintenir la fermeture de la pêche commerciale dirigée.

Réduire l'allocation annuelle des prises accessoires (TAC) de 152,2 t à 100 t en 2023 et 2024, avec des réductions annuelles subséquentes de 5 t jusqu'à la prochaine révision périodique du plan de rétablissement. (c.-à-d. réduire le TAC des prises accessoires à 85 t en 2027). Ces TAC sont nécessaires afin de couvrir les captures accessoires de morue franche dans les autres pêches commerciales de poissons de fond et sont considérés comme les plus bas niveaux de prises accessoires afin de minimiser l'impact sur les autres pêches commerciales.

Bien que la révision exhaustive du plan de rétablissement soit prévue pour 2027 (tous les 4 ans), si après deux (2) ans, l'objectif fixé dans le plan en termes de niveau de prises accessoires est dépassé, des mesures de gestion supplémentaires pourront être évaluées et mises en œuvre avant la prochaine révision prévue.

De nouvelles mesures de gestion et/ou des ajustements aux mesures de gestion existantes déjà en place dans d'autres pêches commerciales de poisson de fond pourraient être introduits pour réduire davantage les interactions avec la morue franche des divisions 4T-Vn de l’OPANO. L'établissement d'une gamme de profondeur cible dans des pêcheries ou des zones de pêche spécifiques, ou l'introduction de fermetures spatio-temporelles permanentes ou saisonnières sont des exemples de mesures qui pourraient être mises en œuvre.

Remarque : La moyenne des débarquements de prises accessoires de 2011 à 2020 était de 78 t.
Minimiser la mortalité par pêche aux niveaux les plus bas possibles afin de préserver le stock de sorte que si les conditions dominantes changent, il puisse être en mesure de se rétablir.

Ces TAC de prises accessoires permettraient de pratiquer d’autres activités de pêche dirigées du poisson de fond (c. à-d. flétan atlantique, flétan du Groenland, plie grise, sébaste et autres espèces de poissons de fond) tout en réduisant la mortalité par pêche à des niveaux les plus bas possibles.
Selon les exigences énoncées dans le cadre de l’AP pour les stocks de la zone critique.
Dans le cadre du protocole sur les prises accessoires en place dans d’autres pêches commerciales du poisson de fond, réduire la limite de prises accessoires pour la morue franche en 2027 pour assurer une cohérence entre toutes les pêches dirigées de poissons de fond. Les détails concernant les limites de prises accessoires en vigueur dans les autres pêches de poissons de fond ainsi que les limites révisées sont présentés aux annexes 1 et 2.

Lorsque la limite de prises accessoires est atteinte, la zone de pêche pourrait être fermée pour une période de temps ou pour toute la saison.
La réduction de la mortalité par pêche sur les individus matures vise à éviter le risque d’épuisement localisé de la productivité et à favoriser la croissance du stock. Cette mesure tient compte de la faible productivité globale du stock et des changements de sa distribution spatiale dans le sGSL en réponse à la prédation.
Les rejets en mer de morue franche ne sont pas autorisés et doivent être déclarés comme prises accessoires.
2 – Assurer le suivi des sources de mortalité par pêche et veiller au respect des mesures de gestion actuelles. En 2024, mettre en œuvre ou maintenir une vérification à quai de 100 % des débarquements dans toutes les pêches commerciales connues pour intercepter la morue franche. Fournir des données fiables et opportunes pour localiser et quantifier les prises accessoires de morue franche.
En 2025, mettre en œuvre l’utilisation du système de surveillance des navires (SSN) dans toutes les pêches (côtières) de poisson de fond pour surveiller l’effort de pêche et la répartition des prises accessoires.
En 2025, lancer un projet pilote pour tester l'utilisation d'outils de surveillance électronique (par exemple, la surveillance vidéo) dans un certain nombre de pêches commerciales de poisson de fond.
Les pêches récréatives et ASR représentent des captures non significatives (pas de données quantitatives, seulement qualitatives), c’est pourquoi aucune mesure supplémentaire n'est mise en œuvre pour le moment.
3 – Poursuivre et faire progresser les connaissances scientifiques actuelles dans les domaines de la surveillance de l’état des stocks, du recrutement, des conditions environnementales et des facteurs écosystémiques susceptibles d’avoir une incidence sur le recrutement, la croissance, l’habitat et la santé des stocks. Poursuivre le relevé de NR annuel de septembre, qui est la principale source de données pour estimer la distribution et les indices d’abondance du stock.

Compléter les données des relevés de NR avec des projets de recherche dirigés par les Sciences du MPO et des sources dépendantes de la pêche, comme les journaux de bord des pêcheurs, les rapports des observateurs en mer, le SSN.

Poursuivre les recherches sur l’écosystème, les interactions entre espèces et sur la mortalité naturelle.

Remarque : Le point de référence supérieur (PRS) a été élaboré par les sciences en tant que valeur candidate conforme à l’AP. Cette valeur doit être discutée et validée par les équipes de la gestion des pêches, sur la base de consultations avec les parties prenantes de la pêche et d'autres intérêts.
Les évaluations de stocks dans les délais prescrits, les mises à jour intérimaires et les résultats des recherches sont examinés par des pairs et publiés. Recenser les principales frayères et le chevauchement potentiel entre la morue franche et d’autres espèces exploitées commercialement afin de minimiser les interactions.

6.0 Considérations socioéconomiques

Bien qu’une analyse sommaire de la contribution économique de ce stock soit présentée à la section 1.6 du présent document, une analyse socioéconomique complète des mesures de gestion présentées pour la morue franche ne peut être mesurée ou monétisée avec précision à l’heure actuelle.

La mise en œuvre de toute nouvelle mesure visant à réduire davantage et à surveiller les prises accessoires de la morue franche aura une incidence sur les pêcheurs qui participent actuellement aux autres pêches commerciales dirigées de poissons de fond dans le sGSL. Cependant, étant donné que la réduction de l'allocation annuelle des prises accessoires maintient le TAC à un niveau supérieur aux débarquements annuels des 10 dernières années (voir le tableau 2), les impacts devraient être négligeables.

Il existe une incertitude considérable liée au développement d’une nouvelle pêche commerciale au sébaste dans le sGSL et à l’effet qu’elle pourrait avoir sur le stock de morue franche des divisions 4T et 4Vn. Il existe un chevauchement de la distribution spatiale des stocks de sébaste et de morue franche dans le sGSL, ce qui entraînera probablement une augmentation des prises accessoires de morue franche en raison de la réouverture de la pêche commerciale au sébaste. Cependant, des incertitudes demeurent quant à la portée, l’échelle, la distribution spatio-temporelle, la possibilité de commercialisation associées à cette pêcherie, ainsi que les mesures d'atténuation supplémentaires que la pêcherie pourrait imposer pour réduire son impact sur la morue franche 4T-Vn et d'autres poissons de fond.

7.0 Méthode permettant de suivre les progrès dans l’atteinte des objectifs du plan de rétablissement

Les mesures de rendement fournissent au MPO un moyen d’évaluer de manière transparente les progrès du plan de rétablissement par rapport aux objectifs du plan. Pour chaque objectif, le tableau 6 ci-dessous indique comment et quand les progrès seront mesurés.

Tableau 6. Sommaire des mesures de rendement et de la fréquence des mesures associées à chaque objectif de ce plan de rétablissement.

  1. Objectif: Maintenir les prélèvements de toutes sources au niveau le plus bas possible en introduisant des mesures de gestion nouvelles et/ou plus strictes dans toutes les pêcheries qui interceptent la morue franche.
    • Mesures d’évaluation des progrès: L'allocation annuelle des prises accessoires (TAC) est passée de 152,2 t à 100 t en 2023 et 2024, suivie de réductions annuelles de 5 t jusqu'au prochain examen périodique du plan de rétablissement (c.-à-d. à la fin de 2027 ou début 2028).
    • Fréquence des mesures: Annuellement en fin d’année dans le cadre d’un examen de toutes les activités de gestion et de pêche menées dans le sGSL [région du Golfe – bilan annuel].
  2. Objectif: Assurer le suivi des sources de mortalité par pêche et veiller au respect des mesures de gestion actuelles.
    • Mesures d’évaluation des progrès: Évaluation qualitative de l'efficience et de l'efficacité des programmes de surveillance des prises avec les différentes flottilles et pêcheries.
    • Fréquence des mesures: Annuellement en fin d’année dans le cadre d’un examen de toutes les activités de gestion et de pêche menées dans le sGSL (divisions 4T et 4Vn de l’OPANO) [région du Golfe].
  3. Poursuivre et faire progresser les connaissances scientifiques actuelles dans les domaines de la surveillance de l’état des stocks, du recrutement, des conditions environnementales et des facteurs écosystémiques susceptibles d’avoir une incidence sur le recrutement, la croissance, l’habitat et la santé des stocks.
    • Mesures d’évaluation des progrès: Effectuer le relevé annuel par navire de recherche en septembre. Résultats des travaux scientifiques publiés dans les documents de recherche du SCAS à l’intérieur du cycle de revue de 4 ans. Certains résultats peuvent également être publiés dans des revues scientifiques spécialisées.
    • Fréquence des mesures: Régulièrement, car les documents sont évalués par des pairs et publiés sur le site Web du SCAS ou dans des revues scientifiques.

8.0 Examen périodique du plan de rétablissement

Le Ministère mobilisera les intervenants sur toute question liée à la mise en œuvre ou à la révision du plan de rétablissement dans le cadre du processus du Comité consultatif du poisson de fond du Golfe (CCPFG). Les résultats de l’application de ce plan de rétablissement feront l’objet d’un suivi périodique, et un examen approfondi qui sera entrepris tous les 4 ans, ce qui correspond à chaque évaluation scientifique du stock.

L’examen du plan sera basé sur les données recueillies à l’aide des mesures indiquées dans la section Méthode permettant de suivre les progrès dans l’atteinte des objectifs du plan de rétablissement du présent document. Il évaluera les progrès de la mise en œuvre des mesures de gestion et les preuves de leur efficacité, ainsi que l’état du stock et les tendances récentes. De plus, l’examen comprendra des possibilités de consultation avec les organisations autochtones et les intervenants sur leurs points de vue concernant les progrès du rétablissement du stock.

À la fin du processus d’examen, un rapport sera publié pour évaluer les progrès réalisés vers l’atteinte de chaque objectif de gestion par rapport à son échéancier, accompagné de preuves, et pourra proposer des modifications au plan de rétablissement, au besoin, pour atteindre les objectifs.

Le rétablissement des stocks n’est pas toujours un processus lent et régulier, ni même prévisible. Les stocks peuvent fluctuer et se maintenir à des niveaux bas pendant des années jusqu’à ce que les conditions favorisent une production excédentaire, entraînant une croissance rapide de la population. Ainsi, l’absence de signes de rétablissement n’indique pas forcément que les objectifs du plan de rétablissement ou les mesures de gestion sont insuffisants ou inefficaces.

9.0 Références

Benoît, H.P. et Swain, D.P. 2011. Changes in size-dependent mortality in the southern Gulf of St. Lawrence marine fish community. Secr. can. de consult. sci. du MPO. Doc. de rech. 2011/039. iv + 22 p. (en anglais, résumé en français).

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Bundy, A. 2001. Fishing on ecosystems: the interplay of fishing and predation in Newfoundland-Labrador. Can. J. Fish. Aquat. Sci. 52: 1153-1167. (en anglais, résumé en français).

Chouinard, G.A., Swain, D.P., Currie, L., Poirier, G.A., Rondeau, A., Benoit, H., Hurlbut, T. et Daigle, D. 2003. Évaluation du stock de morue du sud du golfe du Saint-Laurent, février 2003. Secr. can. de consult. sci. du MPO. Doc. de rech. 2003/015: 119 p.

COSEPAC. 2010. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la morue franche (Gadus morhua) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xiii + 121 p.

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MPO. 2009. Un cadre décisionnel pour les pêches intégrant l’approche de précaution (avril, 2009).

MPO. 2011. Évaluation du potentiel de rétablissement de la morue franche (Gadus morhua) de l’unité désignable du Sud laurentien. Secr. can. de consult. sci. du MPO. Avis sci. 2011/028.

MPO. 2013. Politique sur la gestion des prises accessoires (avril, 2013).

MPO. 2019a. Évaluation de la morue franche (Gadus morhua) du sud du golfe du Saint-Laurent (Div. de l’OPANO 4T-4Vn (nov. – avril)) jusqu’en 2018. Secr. can. de consult. sci. du MPO, Avis sci. 2019/021.

MPO. 2019b. La politique de surveillance des pêches (novembre, 2019).

MPO. 2020. Situation des phoques du Groenland, Pagophilus groenlandicus, de l’Atlantique Nord-Ouest en 2019. Secr. can. de consult. sci. du MPO, Avis sci. 2020/020.

MPO. 2021a. Évaluation du contingent du nord du maquereau bleu (Scomber Scombrus) en 2020. Secr. can. de consult. sci. du MPO. Avis sci. 2021/029.

MPO. 2021b. Mise à jour des indices d’abondance jusqu’en 2020 pour la morue franche (Divs. 4T et 4Vn (novembre à avril) de l’OPANO) et la plie canadienne (Div. 4T de l’OPANO) évaluées et gérées par la Région du Golfe du MPO. Secr. can. de consult. sci. du MPO. Rép. des Sci. 2021/011.

MPO. 2022a. Évaluation des stocks de phoque gris de l’Atlantique Nord-Ouest (Halichoerus grypus) au Canada en 2021. Secr. can. des avis sci. du MPO. Avis sci. 2022/018.

MPO. 2022b. Évaluation du hareng de l’Atlantique (Clupea harengus), composantes des reproducteurs de printemps et d’automne, du sud du golfe du Saint-Laurent (divisions 4TVn de l’OPANO) et avis pour les pêches de 2022 et de 2023. Secr. can. des avis sci. du MPO. Avis sci. 2022/021.

MPO. 2024a. Avis scientifique en appui au plan de rétablissement de la morue franche (Gadus morhua) dans le sud du golfe du Saint-Laurent, division 4T et sous-division 4Vn de l’OPANO (de novembre à avril). Secr. can. des avis sci. du MPO. Avis sci. 2024/033.

MPO. 2024b. Évaluation du stock de morue franche (Gadus morhua) jusqu’à 2023 dans le sud du golfe du Saint-Laurent, zone 4T-4VN (novembre-avril) de l’OPANO. Secr. can. des avis sci. du MPO. Avis sci. 2024/026.

Myers, R.A., Hutchings, J.A. et Barrowman, N.J. 1997. Why do fish stocks collapse? The example of cod in Atlantic Canada. Ecological Applications 7: 91-106. (en anglais).

Neuenhoff, R.D., Swain, D.P., Cox, S.P., McAllister, M.K., Trites, A.W., Walters, C.J., et Hammill, M.O. 2019. Continued decline of a collapsed population of Atlantic cod (Gadus morhua) due to predation-driven Allee effects. Can. J. Fish. Aquat. Sci. 76: 168-184. (en anglais, résumé en français).

Rossi, S.P., Cox, S.P., Hammill, M.O., den Heyer, C.E., Swain, D.P., Mosnier, A., et Benoît, H.P. 2021. Forecasting the response of a recovered pinniped population to sustainable harvest strategies that reduce their impact as predators. ICES J. Mar. Sci. doi:10.1093/icesjms/fsab088. (en anglais).

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Smedbol, R.K., Shelton, P.A., Swain, D.P., Fréchet, A. et G.A. Chouinard. 2002. Review of population structure, distribution and abundance of cod (Gadus morhua) in Atlantic Canada in a species-at-risk context. Secr. can. de consult. sci. du MPO. Doc. de rech. 2002/082. (en anglais, résumé en français).

Swain, D.P., et Benoît, H.P. 2015. Extreme increases in natural mortality prevent recovery of collapsed fish populations in a Northwest Atlantic ecosystem. Mar. Ecol. Prog. Ser. 519: 165–182 (en anglais).

Swain, D.P., Chouinard, G.A., Morin, R. et Drinkwater, K.F. 1998. Seasonal variation in the habitat associations of Atlantic cod (Gadus morhua) and American Plaice (Hippoglossoides platessoides) from the southern Gulf of St. Lawrence. Can. J. Fish. Aquat. Sc., 55(12): 2548-2561. (en anglais, résumé en français).

Swain, D.P., Ricard, D., Rolland, N. et Aubry, É. 2019. Évaluation du stock de morue franche (Gadus morhua) du sud du golfe du Saint-Laurent, divisions 4T et 4Vn (novembre à avril) de l’OPANO, mars 2019. Secr. can. de consult. sci. du MPO. Doc. de rech. 2019/038. iv +108 p.

Swain, D.P., Savoie, L. et Aubry, É. 2012. Évaluation du potentiel de rétablissement de la morue franche (Gadus morhua) de l'unité désignable du Sud laurentien : morue franche du sud du golfe du Saint-Laurent (divisions 4T-4Vn (nov. - avril) de l'OPANO). Secr. can. de consult. sci. du MPO, Doc. de rech. 2012/052. iii + 53 p.

Tremblay, M.J. et Sinclair, M. 1985. Gulf of St. Lawrence cod: age-specific geographic distributions and environmental occurrences from 1971 to 1981. Can. Tech. Rep. Fish. Aquat. Sci. 1387. 47 p. (en anglais, résumé en français).

Annexe 1

Exigences minimales en matière de couverture d'observateur en mer et de vérification à quai, et limites de prises accessoires par flottille, engin de pêche et espèce ciblée en 2022-23

Flétan: Engins fixes - Divisions 4RST de l’OPANO
Plie rouge: Engins fixes – Divisions 4RST de l’OPANO
Limande à queue jaune: Engins mobiles – Division 4T de l’OPANO
Plie grise: Engins mobiles – Divisions 4RST de l’OPANO
Sébaste (pêche indexe): Engins mobiles – Unité 1 (4RST, 3Pn, 4Vn)

* Stocks prescrits dans le Règlement de pêche (dispositions générales) (article 69) et sont donc soumis à l'article 6.2 de la Loi sur les pêches et aux exigences réglementaires.
1 Espèce non spécifiée comme prise accessoire dans le plan de pêche axé sur la conservation, mais qui peut être déclarée comme "autre espèce de poisson de fond" si elle est capturée.
PVQ: Programme de vérification à quai.
QTI : Quota transférable individuel
SSN: Système de surveillance des navires.

Annexe 2

Principales mesures de gestion pour la morue franche des divisions 4T-Vn de l’OPANO jusqu'au prochain examen du plan de rétablissement prévue en 2027.

Objectif 1

Maintenir les prélèvements de toutes sources au niveau le plus bas possible en introduisant des mesures de gestion nouvelles et/ou plus strictes dans toutes les pêcheries qui interceptent la morue franche.

Objectif 2

Assurer le suivi des sources de mortalité par pêche et veiller au respect des mesures de gestion actuelles.

1 La limite maximale journalière de prises accessoires dans le cadre de la pêche dirigée du flétan Atlantique 4RST (la plupart des flottilles côtières à engins fixes) est établie à 45 kg ou 30 % (la plus élevée des deux).

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