Naviguer confortablement : Les sciences et la technologie à l'appui de la sécurité des navires

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L'effondrement du pont Francis Scott Key en mars 2024, après qu'il eut été heurté par un porte-conteneurs à Baltimore, au Maryland, a produit des images effrayantes de ce qui peut se passer lorsque les choses ne se déroulent pas comme prévu. La question que beaucoup de gens se sont posée, naturellement, était la suivante : « Quelles sont les chances qu'une chose de ce genre se produise ici? » Heureusement, non seulement ces types d'incidents sont incroyablement rares, mais l'intégration des données et connaissances scientifiques est essentielle pour que les infrastructures maritimes demeurent constamment sûres et sécurisées, compte tenu du volume important du trafic maritime dans le monde d'aujourd'hui.
Vous serez peut-être surpris d'apprendre à quel point la sécurité des infrastructures maritimes repose sur des données scientifiques. Le simple fait qu'un navire passe sous un pont exige un accès fiable à des données précises en temps réel sur les marées, notamment des renseignements sur les courants, ainsi que des calculs précis de la hauteur libre en fonction de la taille du navire, de son poids et des infrastructures disponibles. Ajoutez à cela la taille immense de bien des navires d'aujourd'hui, sans parler des grands nombres qui passent sous diverses structures, et vous pouvez commencer à vous faire une idée de la complexité de la tâche à accomplir.
Par exemple, la côte canadienne du Pacifique est devenue une destination très populaire pour de nombreux croisiéristes. En 2024, 329 visites étaient prévues à Vancouver seulement!
« L'un des plus grands changements que nous avons observés dans l'environnement portuaire au fil des ans a été la croissance des volumes de fret et de passagers », explique Sean Baxter, directeur des opérations maritimes et capitaine de port de l'Administration portuaire Vancouver Fraser.
« Bien que le nombre de navires soit demeuré relativement stable, les navires eux-mêmes sont plus grands. Les améliorations techniques ont permis de construire des navires plus gros de plus grande capacité. »
Autrement dit, même si les navires sont plus gros, les ponts ne sont pas plus hauts – mais heureusement, l'hydrographie vient à la rescousse. En gros, l'hydrographie est la science de la mesure et de la description des caractéristiques physiques des voies navigables.

Carte des niveaux d'eau indiquant la fenêtre optimale de passage des navires en fonction des niveaux d'eau et des courants, utilisée pour guider les navires de croisière en toute sécurité sous le pont.
Selon Mariah McCooey, directrice de l'hydrographie au Service hydrographique du Canada (SHC) à Victoria, « l'administration portuaire Vancouver-Fraser, entre autres, utilise le système intégré de gestion du niveau d'eau pour offrir un accès fiable en temps réel aux marées, aux hauteurs libres et aux courants précis, et ainsi prédire les périodes de transit sécuritaires pour les navires qui transitent sous le pont Lions Gate ici, à Vancouver. »
« Le milieu marin est un espace très dynamique et nous devons tenir compte d'un certain nombre de variables différentes », explique Sean Baxter. « Environ un tiers des paquebots de croisière doivent maintenant entrer au port en fonction des restrictions imposées par les marées, ce qui rend les données du SHC sur les niveaux d'eau et les marées essentielles pour permettre aux exploitants de navires de croisière de planifier efficacement. »
Il ne faut pas oublier non plus que le niveau du pont lui-même peut lui aussi varier, du moins dans une certaine mesure.
« Le pont Lions Gate est un pont à câbles, ce qui signifie que son niveau peut varier selon les conditions qui prévalent », explique Sean Baxter.
En ce qui concerne les réseaux complexes du trafic maritime d'aujourd'hui, qui soutiennent les navires de croisière, les embarcations de plaisance et d'autres navires, sans oublier la nécessité de tenir compte des nombreuses espèces fauniques emblématiques de la région, comme les épaulards et les otaries, les sciences et la technologie jouent un rôle clé dans le bon fonctionnement des choses. En fait, en moyenne, 3 000 navires transitent chaque année par le port de Vancouver en toute sécurité, en partie grâce aux données exactes et fiables fournies par le Service hydrographique du Canada.
« En 2024, environ 1,3 million de passagers devraient transiter par le port de Vancouver, note Sean Baxter. On estime que l'industrie des croisières à Vancouver injecte en moyenne plus de 3 millions de dollars dans l'économie locale pour chaque visite de navire. »
« Les hydrographes dévoués du SHC font beaucoup plus que fournir des mesures », souligne Mariah McCooey. « C'est vraiment une science opérationnelle. Notre travail sous-tend une énorme machine économique. Nous dépendons entièrement du transport en eaux profondes ici, sur la côte, et sans information précise sur la profondeur, les niveaux d'eau et les courants, rien de tout cela ne serait possible. »
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