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Nos scientifiques – d'un océan à l'autre - John Ford

En savoir plus sur nos recherches sur les mammifères marins.

Transcription

Je m’appelle John Ford. Je suis chercheur à la Station biologique du Pacifique de Nanaimo.

Le rôle principal de mon groupe est d’étudier toutes les différentes espèces de baleines, de dauphins et de marsouins que l’on trouve sur la côte ouest du Canada, en particulier les espèces menacées ou en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en péril.

Notre tâche consiste à se rendre sur place, à trouver les baleines, à estimer leur nombre, à découvrir où se situe leur habitat et la façon dont ils l’utilisent, à déterminer de quoi ils se nourrissent, etc., afin d’être en mesure de mieux les protéger.

Pour ce faire, nous utilisons diverses techniques, notamment l’identification photographique, technique importante qui consiste à utiliser un appareil photo muni d’un gros téléobjectif et à s’approcher parallèlement à la direction de déplacement des baleines (pas assez près pour les déranger, mais juste assez près pour prendre une photographie de très haute qualité); les marques naturelles présentes sur chaque individu nous permettent de prendre une « photo signalétique » de chaque animal et de le suivre d’une année à l’autre.

Une bonne partie de mon travail consiste également à pratiquer l’acoustique sous-marine au moyen d’enregistreurs submergés, que nous utilisons pour une période d’une année à la fois et qui nous indiquent à quelle fréquence et où nous serions susceptibles d’observer des baleines comme le rorqual bleu et le rorqual commun. Avec les épaulards, la technique est encore plus efficace parce que les sons qu’ils émettent nous indiquent de quelle population d’épaulards (il y a différentes populations d’épaulards sur notre côte) et même de quelle famille il s’agit; chaque famille d’épaulards résidents se nourrissant de saumon a un dialecte unique, et grâce à l’acoustique, nous pouvons réellement identifier le dialecte, de même que la famille à laquelle les épaulards appartiennent.

Ce que nous venons tout juste d’entendre est le dialecte sous-marin d’un groupe d’épaulards qui vit au large des côtes nord de l’île de Vancouver. Cet autre exemple que je vous fais entendre maintenant provient d’un autre groupe qui vit au large des côtes sud de l’île de Vancouver; ce groupe ne se mêle pas, mais on distingue bien les dialectes ici.

J’ai commencé à m’intéresser aux baleines lorsque j’étais jeune, puisque j’ai grandi près de Victoria et que j’observais les épaulards nager près du bateau. Nous étions bien sûr tous terrifiés, car nous croyions à cette époque qu’ils étaient dangereux, qu’ils feraient chavirer le bateau et qu’ils nous dévoreraient sur-le-champ, et cela faisait évidemment partie des mythes entourant les épaulards, mais nous savons maintenant que tout cela est complètement faux. Je me considère chanceux d’avoir travaillé aux premières phases de cet éveil scientifique entourant les épaulards au cours des 40 dernières années de ma carrière, et de constater tout ce que nous savons à leur sujet à présent, même si nous en avons encore beaucoup à apprendre.

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